DÉPBHSV DES TRAVAUX DB REBOISEMENT
On voit de suite que la dépeo$e ae partage eD deux élémeate ^
i"" La dépense des reboisements. ( Cest ainsi que je uooiiaeraf doréua* vaut Tensemble des travaux qui ont pour objet de prévenir ou d'étcÂndre les torrents. )
2^ La dépense des digues.
Ne* considérons que la première. --* Il s'agirait dabord d'en dëter-miner le chiffre. Four cela , il fiiudrait évaluer approxiaiativement la superficie des terrains a reboiser» et établir un prix m^yen par mètre carré de boisement ; mais on comprend trop bien tout ce qu'il y ainrait de vagué dans une pareille détermination. Gomment tenir compte » et de rénorme via*ièté des terrains » et de toutes les tentatives infiructueuaes , et des frais d'expropriation, et de tant d'éléments encore» que Texpé^ rienee de quelques essais pourra seule fournir ? Néanmoins, comoie itfawt asseoir d'abord nos idées sur une base quelconque ^ sauf à la modifier jAms tard, partons du chiffre adopté ^air M. Dugied (i). -^ Voici comment cet
(1) Voyez l'analyse da mémoire de M. DugUd dans la note iS» Son oaknl Mjppofifi la vor boisement d'une superficie de 200,(MM) hectares. C'est à peo près la surface qu'on peut espérer de reboiser dans le département des Hautes-Alpes. ""
184 DKS MOTBNS
auteur établit la dépense annuelle qu'il propose d*affecter au reboisement
des B asseS' Alpes :
40,000 fr. à titre de primes , données auT planteurs : somme qu on peut considérer comme excédant les frais de plantations. 35,000 fr. pour achat de graines, fournies aux planteurs.
ToUl. . . 75,000 fr.
Cette dépense devrait être répétée annuellement , pendant environ soixante années.
Je ferai remarquer d'abord que ce chiffre s'applique , non pas au département dont nous nous occupons , maU à ce^ui des Basses- Alpes, où le reboisement présenterait moins de difficultés , où les torrents sont moins redoutables , où les bassins de réception sont plus rares, plus rétrécis, et situés dans des régions moins élevées. Il faut observer ensuite que dans cette somme ne sont pas compris les frais de surveillance , ni les frais d'expropriation (M. Dugied n'en admet point) , ni -les frais de
barrages ou d'autres ouvrages analogues, etc Je crois qu'à raison
de tou9 ces motifs, on peut fixer la dépense annuelle à affecter aux travaux de reboisement, dans le département des Hautes-Alpes, à la somme de 100,000 francs.
A ceux qui se récrieront devant un pareil chiffre, je répondrai que le budget annuel des routes royales s'élève ici«, depuis quelques années^ à plus de 400,000 francs , et que ce chifire est encore peu considérable à côté du budget des départements voisins ? Je leur demanderai ensuite s'ils estiment que le reboisement soit , dans l'échelle del'utilité publique et de l'importance des résultats , une opération si fort au-dessous des travaux qui ont pour objet d'entretenir on d'améliorer les routes ?.....
Il est temps qu'on le sache. Il ne peut plus être question de quelques allocations insignifiantes , jetées à titre d'encouragement aux planteurs de bonne volonté ; il ne s'agit plus de travaux morcelés , ni de ces demi^ mesures qui, n'arrivant jamais jusqu'au but, obligent de recommencer toujours sur de nouveaux frais. Maintenant qu'on a sondé le goufre dans toutAa profondeur, ce n'est pas avec quelques poignées de sable qu'on peut espérer de )e combler. Mous sommes en présence d'une vaste et patiente entreprise, qui ne peut pas être l'œuvre de quelques joui's, ni le fruit de quelques deniers. Son but est de transformer la face de toute une
contrée, et ses moyens doivent être aussi élevés que le but lui-même.
Disons-le donc de suite avec sincérité. Il s'offre ici une grande dépense à faire. — Mais sur qui doit^elle peser? Quelles sont les bourses qui s'ouvriront pour la solder? Voilà ce que nous avons à rechercher.
Or, quels sont ceux qui sont le plus immédiatement intéressés à l'exécution des travaux? Ce sont les propriétaires du pays, les communes, le département et l'état. — Comparons-les.
Depuis la loi du lo mai i838 (i), la caisse du département ne puise plus ses revenus ailleurs que dans le pays même. Ainsi les trois premières caisses sont locales : elles sont strictement solidaires l'une de l'autre; leurs intérêts, leurs ressources sont les mêmes. Ce qui profite à l'une profite aussi directement à l'autre, et ce qui épuise l'une épuise aussi l'autre. Je vais donc les confondre , sauf à les démêler plus tard, si j'en avais besoin. — Alors la question n'est plus à débattre qu'entre l'état et la localité.
Taborderai ce nouveau sujet avec une entière franchise : l'opinion que j'exprimerai m'est toute personnelle; bien entendu qu'elle n'engage à rien l'administration dont je fais partie, et encore moins toute autre.
(1) Cette loi a fait sortir des dépenses variables plusieurs dépenses, appelées maiotenan dépenses ordinaires^ et celles-ci n'ont pas droit au fonds commun. Suivant la loi du 31 juillet 1831 , les dépenses variables du département des Hautes-Alpes s'élevaient à 175,000 francs. Le produit des S^centimes additionnels s'élevait à 48,000 francs. Il en résultait un excédant de dépenses de 127,000 francs que le département tirait du fonds commun. D'après la nouvelle nomenclature, établie par la loi du 10 mai, il ne tire plus du fonds commun que 57,000 fr.
s ensuit que ce département, si pauvre, écrasé par tant de besoins, a vu diminuer ses ressources annuelles de plus du tiers.
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