‹ Étude sur les torrents des Hautes-Alpes (volume 2)Chapitre 53 sur 56 · MOTES · texte numérisé non relu

MOTES

)> gott^eraement récupérera toutes ses avances ; et qu^, pour tout dire , 4ans de pareilles » avances de la part de ce dernier j il n'y a pas à espérer que l'opération s'exécute ja- N mais. Sans doute, le département retirera de très-grands avantages ; mais les sacrifices qu'il » fera pour aider au succès n'en seront pas moins de véritables sacrifices »

(Ce qui était une paissante raison au temps où M. Dugied écrivait ces lignes, est devenu , depuis la loi do 10 mai, une nécessité absolue.)

« Le second mode d'intervention, consistant dans la fourniture gratuite des graines, serait » entièrement à la charge de l'État. Admettons qu'on ensemence 2,000 hectares par an- • née et qu'on distribue les essences de la manière suivante :

600 hectares en glands. 600 id. en hêtres.

800 id. en pinset sapins^

Total pareil 2,000 hectares.

» La dépense totale des graines, transport compris, serait de 23,400 francs. — Les » mêmes frais s'élèveraient à 35,100 fr. si l'on ensemençait 3,000 hectares par année, au lieu

» de 2,000.

»... L'administration, livrant gratuitement les graines , tiendrait aussi la main à ce que les » essences fussent distribuées avec intelligence, et que chaque terrain ne reçût que celles qui » conviennent à sa nature. Les penchants trop abruptes seraient ensemencés en buis et en » genêts. «

»... Les semis auraient aussi besoin d'être défendus contre les bestiaux; et contre les ra- » pines des hommes. Il faudrait pour cela exciter une surveiUanoe plus active et plus sévère » de la part des agents forestiers qui resteraient chai|;és de la garde des futures forêts ; on « augmenterait leur nombre; on perfectionnerait leur organisation; en même temps on » améliorerait leur sort.

» Enfin, passons au troisième moyen : la remise des contributions.*- Chaque propriétaire, » après une reconnaissance faite dé ses semis au bout de cinq ans, jouirait d'une remise de » contributions, pendant la daréé de dix années. *

» Tels sont les sacrifices que s'imposerait l'État pour arriver peu à peu au reboisement des » montagnes. »

Troisième mesure.

« Elle comprend l'encaissement des torrents. On ne commencerait cet encaissement que » lorsque les forêts auraient exercé leurs effets » c'est-à-dire quinse ou vingt ans après les » .premières plantations. — Les ingénieurs des ponts et chaussées dresseraient les plans des > ouvrages à faire. La dépense serait supportée par les propriétaires intéressés et par l'État, » qui assumerait la moitié des frais. L'effet des digues serait à la fois de défendre les proprié» » tés riveraines, et de conquérir de nouveaux terrains... »

(L'auteur calcule ici que l'encaissement de la Durance entre Sisteronet le Periuis 4^ Mira^ beau coûterait de 4 à 5,000,000, en caVant au maximum } que la superficie des terres c«o-

274 NOTSB.

qai8es8eraitdel9,<NM),006*de toises carrées qmvaiidrftîeiit'» aa^bamck troisans/diimil- Uoas defrancr en catrantaii mmimimi/ Les 'capîtatix*ihKi9*'eette 'entreprise «crtient' 4odc doubla au ix)iit de troh an». . . . . )

Là se termine la première partiedu traratl de'M.^2>ii^|wi; '

Dans la partie suivante, il a diercbé à attribuer è IQStat'des Mtiéfiees<pit le-fissentreatrer dans ses déboursés, de telle sorte que ses premières dépenaes ne p o sa eat plus Atreeousidéi^es que tomme -desavaneea.*—^ StihroBs4e'daBS'se8 oaleub.*

a L-amortissement des sommes 4iépensée«*par l'BCit se fera par 4'aujpnetiCatiott- 'des

» impôts que devront subir les terres Tagues ' oouveitîds en for < U .-'*^A la nguenr ,' et sur- » vant les règles usitées dans la répartition des impôts, cette augmeotalâdn resterait au prufit » du département et servirait à alléger rimpôt-fonoiaréet autrea propriétaires. Mais il fiuitoroiiv » que le conseil général consentira à ce qu'^e soit ajoutée à la oontnbutiou foncière du » département. C'est sur cette augmentation , et eu «présupposant ce vote, qu'on peut baser

V des calculs.

9 La contribution assise sur les terres vagues est moyennement de âS centimes par

V hectare. Celle assise sur les forêts est de 73 centimes. Lors donc qu'un hectare de ierres » vagues aura été converti en forêts, il produira une augmentation de contributions équiva- « lant à 50 centimes. C'est cette diflférenoe de 50 centimes qui composera le fonda de l'a- » mortissement. Il £siui i*emarquer que les 50 centimes ne seront touchés que dis ans après » les semis, puisque l'Etat a fait une remise de contributions aux semeurs pendant cette durée » de temps. — Il faut encore admettre dans les calculs que tous les semis n'auront pas » réussi, et qu'une partie des graines livrées gratuitement par l'administration et payées par » elle auront péri. On suppose que la perte des seaïis sera d'un cinquième.

• Avec tous ces éléments on peut former des tables qui donneront , année par année, l'é- » tat des dépenses ou des bénéfices du gouvernement. On voit de cette manière que pour un » semis de 20«Q00 hectares les dépenses du gouvernement , au bout de dix ans, seront mon- » tées à 534,000 fr. ; mais qu'au bout de 86 ans, il sera couvert de toutes ses avances. De » plus, il aura acqu^ un boni annuel de 8,000 francs , provenant des contributions quicon- » tinueraient à courir.

» Si l'og étend les calculs jusqu'à 150,000 hectares (ce qui çompiend la totalité de la supo^ » ficie à reboiser), et si on suppose qu'on les ensemence en 50 ans, on trouve que l'État » sera couvert de ses avances au bout de liO années, et qu'il jouira dès lors d'un boni » annuel de 60,000 fr.-— Il suit de là qu'il est de l'intéréS de l'État de donner à ces opérations • la plus grande extension possible.

» II faut aussi que l'Etat récupère les avances qu'il aura faites pour la construction des » digues. Or, il trouvera tes ressources de l'amortissement, d'abord , dans les bénéfices pré^ » cédemmentcalculés et fondés sur l'augmentation des 50 centin^es ; ensuite, dans la propriété » d'unecertaine partie des conquêtes.— I^omme il aura fourni la moitiédes dépenses auxquelles » la conquête doit son existence, il est juste qu'il possède la moitié des terrains conquis... »

Tel ^t'k' système ^vdcppé par M. Dugied dans son mémoire s«rle boisement des j^^ifs^^rAlpeSi, — r Ce trft¥«U n'a ppodmtauoan&uit^ Il n'a pas^alentinn seul instant lea abus. L'adaûnistmionr ne s'est pasiéveilléede son indi£Pépenoe» et la dévastation destorrents^ eties misères qu'elle tratne à sa suite, eA-la-cuîne quotidienne/de la oontrée se pomnsuiveatcomnie l>ar le passé devânfc ses^ yéuK impitojrables.

LeaeffiGrts.de M; XHfjfM'ont niâmoété'pea' appi^iés ici» et le pays, en; fiiveur duquel il élevait le pcemie» la Toix, n'atpa» été pins juate à^aon égard^qoe radmifcfistrationfdela'rastaù'iri^imvqiii^ledfeBtitnatde h:préfectne.desti^isaMs>«:^^at:qti'iinfoocupait quodepttis un an, et on il attrait probéblenieiil rendn anipëysidUminentsrserviQesi Son travail a excité des critiques railleuses; On a^renvoyé r«aéontîon de rAoïi^ projet aux princes des Mille;et une Nuits. ' Jecoïifesse que le meiiveHlenTidi» V^é^ de-M» Dugied m'éohaf^vtout à fait. Je n'y vois qu'une opécKlîonr «SSCI simple dans leibnd, qui ne &it que développer-sur une vaste échelle ce qui «st pratiqué tout le» jours par 4e simples particuliers ; une opération dont Pexécution est^idemmentpossyble^. et dont la dépense n'urien <le surprenant, quand: je la compare à celle» que l'adminiatr a t i on oanfie' chaque année k Tingénieur du plus petit arrondissement. GertaÎBepient il.'ëttk UD-roman bien aotiement prodigicus que le {«étendu romam palingé* nésique de M. Dugied, celui qui prendrait la peine de feuilleter » en le méditant, le compte i^cndtt des iâO millions de travftuK exécutés chaque année sur tous les points de la France , sous la direoticMi des ponts et dbaussées ! La mer emprisonnée dansks ports^ des routes percées à travera-les rochers , lin fleuves domptés par des dignes ou par des ponts , des phares dressés sur les écucils au milieu des tempêtes , des canaux à point de partage, transportant les bateaux par^desstis le latte dea-montagnee; voilât, je croisades travaux plus difficiles, plus coûteux , plnsmerveîllaux que Je reboisement de quelques coins de mcmtagnes. Et que sera-ce donc si l'on vient jamais- àr'disevter à la£hambre, sérieusement et comme des gens prCts à mettre h main à l'csuvre, l'énorme budget d*un milliard et demi que certains économistes nous disent nécessaire pour l'établissement d*un réseau complet <le chemins de fer, cet autre pvodige^ qni'aarait semblé fiibnlcnx il n'y a par trente ans? — Quand on multiplierait par 10, par 100 les cbiAres ^ MviDajpMl, on n'arriverait pas encore à des dépense» comparables à celles d'un (p«ndr nombre de nos travaiix:.pnblics^.qui sont dix fois , cent finsnuûns .utiles , et qui ne nous eAayent pas , iiabituM que noua manies à leur ouvrit depuis longtemps nos bourses, . ••

Entreprendrait-on sérieusement de nier la possibilité du raboisenent prepiosé par M. Dugied?.. . M ais Jes preweaqut «taUisseatoatte possibilité sont trop nombreuses , trop palpables. —Tout le mottde convient .que des ^4P^ étaient anciennement boisées. Mais cela même est une preuve que les boispeuvent encore une fois y reparaître. Les premières forêts que la nature ajetéessur ces montagnes ont eu à s'emparer d'un sol plus nu, plus stérile, phis bouleversé que lesoiaetuel. Et si la végétation à' déji! triomphé une preiiiière fois dans cette lutte contre les 'agenta destructeurs , pourquoi succomberait-elle aujourd'hui ? On dira 4iu'elle était aidée parle-temps! -— Assurément.^ Mais aujourd'hui elle sera aidée par l'homme, et ce secours, à mon sens, vaut bien celui dequclquesaièeles*-— Uy a ça et là,, dans le lit de la Durante^ des eoOcpiélBs'fltttea sur les 'eaux -par le seulèffiortde la tiatttre. De longs sièdes ont a peine suffi pour y assurer la végétation , et quelques pavtiin en demeurent étemelle* ment stériles. Quand l'homme entreprend de pareilles conquêtes , il les achève en trois ans :

trois ans lui suffisent poor faire fleurir des champs sur la même place où les eaux roulaient des cailloux et des sables inféconds. Ce miracle se renouvelle tous les jours, et sous les yeux de tous. N'est<se pas là un triomphe plus merveilleux que celui que remporterait l'homme enreboisant des terrains qui , pour la plupart , ont été couverts de forêts ?

Si je voulais critiquer le travail de M. Dugied, je ne lui opposerais pas de pareilles objections. Mais , tout en approuvant le fond du projet et son but, j'en condamnerai certains détails d'exécution. M. Dugied a compris sous la. dénomination de torrents la Dutance, le- Ferdon, le Bleonne, etc. , qui soift des rivières divaguantes , et sur lesquelles le reboisement' def montagnes n'a qu'une influence détournée et secondaire. En faisant de rencabsement dé ces cours d'eau un corollaira de la plantation des forêts, il a accouplé deux opérations' distinctes. De là vient que son projet présente quelque chose de trop ample et d'exagéré , en même temps que de tix>p peu rigoureux. Cette impression de vague s'augmente encore quand on voit que M. Dugied n'attend pas des forêts une autre action sur les torrents que celle de transformer le climat. Gomme cette influence est , en définitive , assez incertaine et fort difficile à bien démonb'er, on ne comprend pas que Tatateur fonde sur elle de si grandes espérances , ni qu*il fasse du reboisement une opération préliminaire, sans laquelle rencaissement des rivières ne saurait être entrepris avec succès.

Mais en quoi son projet me semble manquer par la base même , c'est qu'il en fait reposer l'exécution tout entière sur le bon vouloir des propriétaires. Si l'entreprise est réellement une chose 'd'utilité publique , comme le dit l'auteur, si elle a véritablement le degré d'impoi*tance et de nécessité qu'il lui attribue , convient-il de l'abandonner à la^merci du premier paysan , stupide ou opiniâtre , qui refuserait de s'y prêter? C'est peu connaître l'esprit des habitants de la camoagne que de ci*oire qu'une prime suffira , dans tous les cas, pour vaincre leur apathie naturelle, et surtout l«ur entêtement , s'il anîve qu'une fois ils s'entêtent à ne pas céder. Or, ce cas se présentera certainement plus d'une fois , si même il ne devient pas le cas le plus général. Les vingt francs de prime par hectare que leur concède M. Dugied ne leur paraîtront pas toujours une indemnité suffisante pour compenser les peines et les dépenses que pourront exiger les semis, et la perte de leurs .pâturages , dontM. Z7i4^ie^ ne parle pas, et les nombreuses sujétions qui sei*ont la suite de la même opération. Ces travaux, d'ailleurs, offriront souvent des difficultés , et ne réussiront qu'au prix d'efforts soutenus et intelligents, que les paysans ne prendront pas. Ils auront bientôt ii^fV^ °^^''^ artifices pour gagner les primes , sans avoir rien fidt pour les mériter.

11 est donc indispensable que l'Etat prenne à sa charge , non pas seulement la dépoise, mais aussi les soins de l'entieprise. L'expropriation lui fournira un moyen légal de faire tomber toutes les résistances possibles. Il semble que M. Dugied ait reculé devant ce moyen, vrai» semblablement parce qu^'il s'effrayait des dépenses. Mais j'ai démontré qu'elles se réduii-ont toujours à peu de chose.'D'ailleui*s , l'Etat n'acquiert-il pas tous les jours , pour ses routes et par la même voie , des champs infiniment plus coûteux que les terres vagues de ces montagnes? et , dans ce cas , la possession du sol ne lui rapporte rien , ou du moins ne lui procure que des avantages détournés. Ici, il achète des terres à vil prix , il les exploite, il leur donne de la valeur, et , par là , il accroît son domaine , s'il les conserve pour lui-même , ou le revenu de ses^ impôts, s'il le» restitue aux habitants.

NOTES .^r

, . . Le fait que j'énonce est assez extraordinaire pour que je sente le besoin de le fortifier par une autorité aussi irrécusable. . •

Gbftp. iiii, pugc 194.

Voici comment M. Desfontaines s'exprime au sujet des travaux du Rhin (Annales des ponts et chaussées, tome YIII , 1833) :

« Rarement y du reste , les ouvrages de défense que nous avons à décrire profitent k la

» navigation. Souvent même œa travaux forment écueil pour la navigation descendante, et » gênent la navigation ascendante , soit par les ouvrages saillants qui en résultent , soit en » raison de la plus grande vitesse à vaincre lorsque^ par suite de la fermeture des bras se- » Gondaires, les bateaux sont forcés de prendre le bras pi*incipal et toujours rapide du M fleuve.

» Il est certain encore que, sous le rapport de la fixation des firontières , ces travaux seraient » d'un faible intérêt.

» Il faut donc reconnaître que ces ouvrages ont presque pour but exclusif de protéger les » propriétés qui bordent le fleuve. Ces propriétés , abandonnées à elles-mêmes, seraient certai- » nement hors d'état de fiiire les sacrifices nécessaires à leur conservation , et, par conséquent, » l'Etat doit venir puissamment à leur secours ; mais elles devraient d'autant plus concourir à » ces travaux que les tlots , les atterrissements artificiels deviennent la propriété des ri- » verains.

» Très-souvent les communes et les riverains spéculent cependant sur la valeur des bois » de fascinage» , qu'on est obligé d'exploiter spr leur sol pour les préserver d'une submemon » inévitable.

» Plusieurs propriétaires riverains ont été enfin jusqu'à réclamer des indemnités pour

» la destruction des terrains qu'on n'avait pas cru devoir défendre aux frais de l'Etat »

A ce dernier trait, on aperçoit un esprit bien éloigné de la longanimité des habitants dès Hautes-Aipes.

Ou peut lire aussi dans le mémoire récSent de MM Legrom et Chaperon (Annales des ponts et chaussées, mai et juin 1838) combien les travaux exécutés jusqji'à ce jour, avec des sommes énormes , et avec tous les seoour» de la science et de l'expérience , ont eu peu de durée.

Enfin , dans un rapport fait à la chambre des députés en 1837, M. Jaubert a proposé de soumettre les riverains du Bhin à la règle commune , en exigeant leur concours pour l'exécution de travaux dont eux seuls profitent : cela semble équitable.

Je suis, pour ma part, loin de désapprouver l'intervention de l'Etat dans des^ trayauf qui auraient uniquement pour but de favoriser l'agriculture. Je pense, tout au contraire , qu'on ne fait généralement pas assex en France pour l'agriculture. Elle est dédaignée des capitalistes, qni préfèrent les hasards de l'industrie ou de la banque à ses revenus modestes mais assurés.. L'Etat la n^lige et l'abandonne à ses propres ressources, i ses efforts morcelés , à son igpo'--

Stm KOTSS.

raiice et à sa pauvreté. Elle aurait souvent besoin , pour prospérer, de canaux d'irrigation, de digues, de dessèchements , tous travitt qiû» peor leurs difficultés d'exécution , le chiAe élevé de leur dépense , l'importance et l'étendue de leurs résultats , devraient revenir de droit a,U(gouvernem^t^.et constituer des tray^ux d'utilité publique, è T^al des faraudes voies de communication , que l'on ne perce le plus souvent qu'au profit de l'industrie et du commerce.

Ainsi , ce que je critique dans les travaux du Rhin , c'est ce caractère d'exception qui réserve à un seul cours d'eau le privilège d'un ordre de travaux applicable à vingt autres rivières où l'État ne fait rien. — Sur la Durauce, par exemple , les digues serviraient , comme stii: Iq Rhin , à assurer l'existence des propriétés rivexiaines. EU^ auraient, de plus que celles-ci, l'avantage, en déterminant de vastes conquêtes, de créer des tecres nouvelles qui profiteraient, et à l'État par leurs impositions , et aux propriétaires par leurs revenus , et à la société entière par ^accroissement des moyens de sfdMtstancél Enfin ces digues , si utiles , seraient encore beaucoup plus économiquesque telteb diiT Rhin :' elles seraient surtout plus efficaces , cai^ elles peuvent-être construiteêde fiiçon-à œque leur sueeès soit pleinement assuré. — Pourquoi dôn<f l'État n'as9umc!raRt-îl pastscttavail?

C'est une chose vraiment dijpie de remanjue que te premiers travaut'd'iitilité' publique , entrepris par les sociétés anciennes, ont été des travaux du genre de ceux dont je parte. Les ouvrages lies'plus gigantesques des Égyptôens ont eu pour but de légler les inondations du Nil , et de faire servir le limon du fleuve à l'agriculture. Leur fameux lac Mctrià n'était antre ehoae qu'un immense résent)!!" d'alimentation. ^^ Les rois de ^rrr avaient sfiHonné leur empire de canaux dlrrigation , dérivés dtt Taums. -^ Les admirables ouvrages des Chinois , soit pour etidiguér leurs fleuves , sort- pour -arroser ou dessécher leurs terres , sont assex connus pour que je m'abstienne de m'y- arrêter. — Eh bien ! notre civilisation , si perfisctionnée et si vantée , nefait "plus rien detx)mparable à œ qu'ont entrepris avec tant de courage, de patience ' et de bon sens, les civilisations naissantes. Nos travaux publics se bornent à l'ouverture des communications , et l'agriculture se défend comme elle peut contre leè fleuves ; la sécheresse et mille eutr^ fléaux qui l'assiègent. Autrefois, on pensait avant totfC k fertiliser le sol; maintenant, on s'inquiète surtout à perfectionner l'industrie, et à fevoriser ses débouchés par debowies voiev de'transportr I/agrienltore, quoi ^'oneA dise, eat descendue au second rang.

Il en résnhe paribiS' d^ tw t ng e s spéetaetes, et biesprepresèneos feilt^loute^ du mérite de nos idées à cet égard. — Parcoures le midi de la France : vous le verra sillonné de routes et deeanaui de navigation: Des taillions sont engôUffiés dans ces travaux, qurpastentau^DÛlieu des eampagne» les plus arides et les plus tristes du monde ; et lk>n se demande avec surprise par qud inooneevabie renversemenrt 'd'idées une société, aprèaavoir dépensé tant d'ai^gent, tafrtdetoinsettaift d'années pour percer dans tonales sens son territoire, rk*^' pas su trouver, dans tou»ae» trésors, de <jDot donner à ces champs' déiolés la goutte d'eau quMeur manque, et qui leur serait un bien&it bien autrement précieux que ce vain réseau de routes poudreuses.

Il'esthor» de doute que «quelqnea grands canaux d'arrosage tripleraient, .et; dans quelqties parties i' décupleraient k valeur d'une superficie de notre territoire , équivalant an moins an deteFranoe:*Qtt'on&sse lecalcUldnbîen^trequi'résulteraît d^uneseuhbtebk trans- ^^etqu'tM» le<cempare aux avantages quedonnent nos travaux publics les plus utiles ! l'oo^em de quel vM est l'avantage.

ncma.

wcms'so

. . Ou verra là quelle est» au sujet du reboisaient à effectuer sur une grande échelle aux frais du trésor^ ropinton d'un k mme d(>i^t on ne- contestera pas fpiis doute V^mtanté^ di|os , un^ wjét quiitoudke' aux dstéréts iiftatàridb> du pays;-. .

Je veux 'j^r)er,éeM:Mithei'Chevaii0r»'Y^iakictnH^^ ^«i^rage

intttfil^^ Desintèt^éts nuuériek'deia Franeé:^^

«(ereeraent, un dire ^d'homaied expiéi^A^ttf»^ liae^^ilotaive 4^«etfej^6^^ ià;«iai»%^ des cours <Fe«iu offtftirek , ^ qui mtéreM^pSfieiit Itfs €atUR]«cc«a!Mriéoie«^, tp«lM)[tt6^/ poifihsfali*menter, ceux<i sont oUigés de recourir afiitf^t4teefe ^«é«*{>itfArmoémiÈ!S{rt)rïsSiM^ Je yeux parler spédâlemetit de là fepfbntalîiM deSttdtftugAéirqiij^ i^ttfa^^^élépèiiWéé^dv leurs bois atvec tanttTiiiiprévoyuiee, etquel'OQ ttbaÀdettiié^dffiA"lea|» iiilâité^)^a^i^Dè''<«^u^ pable inertie^ où mâme, par ofae fatale <iûiidesoeBd4iie6|Nmt^»de<|fles^ki»4ilSétfêt»i4iièilil^ tie reconnaît pas , et qu'au contraire elle repousse, Fon empêche les ferètsde^eve^hrddui^ par le seul effort de la nature. Les pluies et les neiges , lorsqu'elles tombtnt sur des cimes, pelées, s'écoulent ou s'évaporent avec une rapidité extrême f au lieu de maintenir les Heuvea et rivières à des niveaux moyens, dont profiteraient les bateliers, et dont se féliciteraient les propriétaires riverains, elles produisent alors des crues subites, des inondations qui suspendent la navigation , dévastent les propriétés en les couvrant de graviers , et quelquefois les rongent et les entraînent; puis, après les débordements, viennent brusquement des basses eaux , qui ne cessent que de loin en loin et pour de courts délais à la faveur de quelque orage. Avec un déboisement déréglé , nos pays tempérés se rapprochent ainsi des régions méridionales , où il n'y a que des torrents pendant le printemps et l'automne , des filets d'eau imperceptibles au milieu d'un océan de sable pendant Tété , et jamais de rivières faciles et maniables.

» II ne s'agit pas de rendre le sol de la France aux forêts primitives. Parmi les déboisements effectués depuis cinquante ans,, il y en a beaucoup qui seront profitables au pays. Le déboisement est une conquête de lliomme sur la nature \ les bois doivent disparaître des plaines et y céder la place à la culture. Mais on ne s'est malheureusement pas borné à découvrir ce qui, dans les vallées , pouvait être sillonné par la charrue, ou ce qui était appelé à fournir de gras pâturages; on a arraché les arbres de cantons stériles, où le bois seul devait croître; on a imprudemment livré à la hache les flancs et les cimes de nos montagnes ; puis, le régime de la vame pâture, a£Branchi de toute surveillance, et une vicieuse administration des forêts publiques et privées, ont empêché la reproduction des^boia après la.

c^pe. L'insouciance des agents de l'Etat et des conununes a fermé les yeux sur les abm ' les plus destructeurs. Aujourd'hui les communes et l'État possèdent des milliers , des millions d'hectares de forêts nominales , où il y a tout juste autant de végétatiop que dans les»

28a EXPLICATION DES PLANCHES. '

dessus du fond de la vallée ; et dans celui de Merdanel ^ iu%qu*a 35ra,4i. Mais, dan» oe dernier, la coupe a été prise sur l'axe d*une route qui traverse le torrent à plus d'un quart de lieue à l'aval de l'issue de la gorge. •

La largeur du lit du Boseodon est de 3,330 mètres ( près d'une lieue).

Fig, 5 et 6. — - On voit , sur ces figures , que les pentes du lit vont en décroissant de l'amont à Pavai.

Le nivellement du torrent de Boseodon ne comprend que le lit de déjection , et s'arrête à l'entrée de la gorge. Voilà pourquoi la vaiiation des pentes est plus douce. Elle est comprise entre 0,076 et 0,06 par mètre.

Le nivellement du torrent de Sainte^Manhe remonte dans la gorge. L'emplacement du pont signale la fin du canal d'écoulement et le sommet de l'éventail. Là , la pente est de 0<°,076» comme au sommet de l'éventail du Boseodon* Dans le bas, elle est de 0«,069. -* A l'amont du pont, les variations des pentes sont plus rapides.

PLANCHE IIL

Fig. 7. ^-^ Ce nivellement a été fait sur le torrent du Rabioux, qui est encaissé jusqu'à la. rivière; on peut vérifier là ce qui a été dit au chapitre 6. — On voit que le lit, quoique encaissé , suit dans sa courbe les mêmes lois que les lits du Boseodon et de Sainte-Marthe^ qui sont dénués de berges.

Dans le bas les pentes s'abaissent au-dessous de 0'°,06 par mètre. Le torrent n'amène plus là que des galets \ les blocs se déposent plus haut.

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