‹ Étude sur les torrents des Hautes-AlpesChapitre 25 sur 50 · OBSERVATEURS · texte numérisé non relu

OBSERVATEURS

niillim.

millimètres.

Lahire, 1688 à 1718.

Maraldi, Grandjean de Foiichy, 1769 à 1754

Jeaural, Alex. Bouvard, 1773 à 1798

Bonvard, Arago, Le

Verrier.

La colonne des différences montre que la variation n'obéit à aucune loi de continuité. Cette longue série d'observations est partagée en trois périodes qui donnent respectivement pour la moyenne annuelle :

Pendant 65 années de 1688 à 1754.

26 » de 1773 à 1798.

57 » de 1803 à 1860.

millimètres.

Plusieurs auteurs invoquent ces chiffres pour prouver qu'il pleut à Paris plus qu'autrefois ; mais on leur oppose les considérations suivantes. En fait d'observations pluviométriques , toutes les erreurs que Ton fait sont en moins, car on ne peut que perdre de l'eau par évaporation, infiltration, fuite, oubli, etc. Les premiers observateurs n'attachaient, sans doute, pas un grand intérêt à ces mesures qui, faute de comparaison avec d'autres analogues, ne pouvaient conduire à aucune généralisation.

Ainsi le Père Cotte, cité par M. Raulin, s'exprime ainsi (1804)... « Je ferai observer que Fudomètre dont « on se servait à l'Observatoire de Paris a été reconnu « si défectueux qu'on a été obligé d'y renoncer depuis a plusieurs années : on vient d'en établir un nouveau « qui est bien plus exact. L'eau de pluie est reçue et « mesurée sur la plate-forme du bâtiment (à 27 mètres « au-dessus du sol), au lieu qu'on la mesurait aupa- « ravant dans un des cabinets du premier étage, de a manière qu'elle parcourait un tuyau de 63 pieds « pour venir, de la plate-forme où elle était reçue, au « réservoir; ce qui occasionnait nécessairement de la « perte. »

Pour ces différentes causes, la série de 1688 à 1754 n'est probablement pas comparable à celle de 1803 à 1860, et peut-être que si, à ces deux époques, des instruments identiques avaient été confiés à des observateurs également pénétrés de l'intérêt de ces recherches, la dernière série aurait accusé une diminution au lieu d'une augmentation.

LSS FORÊTS

Arago digait à ce sujet en 1853 (1) : a Un y a aucune f< raison de supposer que le climat de Paris soit main- « tenant plus ou moins pluvieux qu'il ne Tétait il y a « 150 auK. La petite augmentation que les nombres ce présentent, dans les derniers groupes, ne surpasse « pas, en effet, les écarts que Ton remarque dans les « périodes antérieures. »

On sait qu'en 1817, un second udomètre fut placé sur le sol de la cour et que, depuis cette époque, il a (constamment recueilli des quantités d'eau un peu supérieures à celles de son collègue de la terrasse, ainsi qu'on en peut juger par les chiffres ci-aprés :

PÉRIODES

HAUTEUR D EAU ANNUELLE recueillie

Bur la terrasse a

milltmètres.

sur le sol

milUiDèlres.

oni.9

RAPPORT

On a cru longtemps que cette différence tenait à ce que les gouttes de pluie s'accroissaient pendant leur chute; on s'accorde aujourd'hui pour attribuer Tinfé-»riorité relative du pluviomètre de la terrasse à des remous atmosphériques. Mais, s'il en est ainsi, les mo-

(1) Arago : Œuvres complètes^ Mélangety p. 420.

ET LA J^LUIB. 78

(lifications topographiques qu'ont subies, depuis 1688, les abords de l'Obiervatôire , suffiraient peut-être à expliquer l^augmentation des moyennes actuelles. Cette idée se présente naturellement à Tesprit, lorsqu'on entend les astronomes se plaindre que, par suite de la multiplication des voitures, des becs de gaz et des cloches, certaines recherches soht devenues impossibles à rObservatoire de Paris, en sorte qu'il faut le reporter dans la campagne, el qu'il est lu'gent de décentraliser Tastronomie.

En résumé. Ton peut admettre, pour Paris, que, si la pluie a varié depuis le siècle dernier, la variation est si peu considérable que Ton a des doutes sur le sens même de cette variation.

Les observations que Ton possède pour la ville de Bordeaux sont résumées sur le tableau suivant, dont les chiffres sont encore extraits du précieux recueil de M. Râtilin.

Quantités annuelles de pluie tombées à Bordeaux par périodes décennales.

Page 1