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DES TORRENTS
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toute l'ctendue de leur cours (i). Dans le haut, la courkcdu terrain s'élève au-dessus de celle du lit ; dans le bas, clic est au-dessous : par conséquent, les deux courbes doivent se couper, et ce point d’intersection marque le passage de l’aflbuillementà l'exhaussement. Il est au sortir de la gorge, et au sommet de l’éventail des déjections. — On voit que les eaux, assujetties à suivre d'abord le relief d'un terrain inégal, ont détruit, peu à peu, les irrégularités des pentes. Elles ont abaissé certains points ; elles ont relevé d’autres points. Ici , elles ont rongé; là , elles ont exhaussé. Cet angle rentrant, formé par le talus de la montagneet le niveau de la plaine, elles l'ont adouci, en le comblant , et elles ont substitué , dans cette partie , une ligne courbe a une ligne brisée. Le résultat de toutes ces actions a été de créer une courbe de lit nouvelle, qui convient mieux que le profil primitif du terrain à l'écoulement des eaux. — Qu’oi^le remarque bien: il ne s'agit pas seulement de la destruction de quelques aspérités, que le frottement des eaux aurait rabotées. Qu'ou se rappelle un instant ce qui a été dit sur les berges du bassin de réception, et sur les exhaussements du lit de déjection. Ces berges sont des gorges, creusées quelquefois jusqu'à 100 mètres de profondeur. (Chapitre 3.) Ces exhaussements forment des collines dont la hauteur au-dessus de la plaine dépasse souvent 70 mètres. ( Chapitre 4- ) C'est d’après ces quantités qu'il faut juger des variations énormes que les torrents peuvent introduire dans leurs courbes de lit.
Considérés sous ce point de vue, les torrents sont un sujet d’utiles rapprochements. Il est impossible de douter que la création de leur courbe de lit ne soit tout entière leur ouvrage. Parla, ils nous permettent d'assister à un phénomène général , qui , dans les autres cours d’eau , est difficile à saisir, et qui, chez eux, devient palpable. Ils fonctionnent, pour ainsi dire, en notre présence, et fout passer sous nos yeux toutes les phases de l'opération.
L’eau coule dans le lit d’un torrent d'après les mêmes lois que dans le lit des plus grandes rivières. La courbe du lit d’un torrent n'est pas différente de celle que présente le lit d’une rivière, ou d’un fleuve quelconque; mais d^M laquelle on aurait réduit l'échelle des longueurs, eu conservant celle des hauteurs. C'est le rapport de l'abscisse à l'ordonnée qui a varié, mais les propriétés caractéristiques de lo courbe sont restées les mêmes. Aussi
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DESCRIPTION
les torrents ne présentent pas des phénomènes différents de ceux des plus grands cours d’eau , niais ils les présentent sur une échelle qui les exagère. Leur propriété fondamentale, d'affouiller, de charrier, puis d’atterrir, appartient à toutes les rivières ; mais dans les rivières , elle est moins apparente et comme délayée sur une plus grande surface; tandis qu'elle ressort vivement dans les torrents, qui la présentent condensée dans une région plus circonscrite. Ce qui se passe à l’embouchure des fleuves , quand ils se confondent avec le niveau des mers , est tout à fait comparable à ce qui se passe dans les torrents , quand ils se dégorgent dans les plaines; les deltas sont de véritables lits de déjection , sur lesquels les fleuves divaguent , de meme que les torrents.
C'est ainsi que l’étude des (orients peut jeter quelque lumière sur la théorie des rivières. Cela se verra encore mieux^ians la quatrième partie de ce mémoire. ( Chapitre a5. )
Une région qu’il faut spécialement étudier dans les courbes de lit des torrents, est celle où commencent les exhaussements, et qui se trouve à l’intersection des deux courbes. C’est là que l’action des eaux change, pour ainsi dire, désigné. Or, il existe là, dans les torrents, des différences peu sensibles au premier aperçu , mais dont les conséquences sont capitales.
Dans les uns, la continuité de la courbe n’est pas brisée dans ce passage , et les pentes des déjections se raccordent tangentiellement avec celles de la gorge. Si bien que rien n’indiquerait sur la courbe, considérée isolément, le point où commence le phénomène de l’exhaussement(i).
Dans d’autres , au contraire, la courbe de lit se brise là d’une manière plus ou moins brusque (a). Ceux-là nous donnent l’exemple d’un lit dont la courbe n'est pas encore complètement constituée. Les pentes sont imparfaites, et la formation est inachevée. On prévoit de suite que l’exhaussement, dans de semblables torrents, doit se faire d’une manière trèsénergique , tandis que la même action , dans les premiers , se trouve déjà comme tout accomplie, n’étant plus provoquée par les mêmes causes, et n’nvant plus le même but à atteindre. C’est en effet ce que montre l’expérience. #
(1) Torrents <lc Boscodon, — de la Sigotute. — de la Beaux , en général tous le» torrents <lu premier genre qui ont un canal d'écoulement allonge.
{2) Torrents des Grat*es f — de Pals ; en général beaucoup de torrent* du deuxième et troisième genre. Ou les citera souvent dans le courant du mémoire.
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DES TORRENTS
On remarque aussi que, dans les premiers torrents, la pente des déjections est telle que les matières qui y sont apportées s'écouleraient jusqu’à la rivière , si les eaux ne les dispersaient pas en divaguant. On peut s’assurer de ce Tait en comparant cette pente à celle d’autres torrents qui , roulant la même nature de matières, ne déposent pourtant plus, pur cela seul qu'ils ne peuvent plus divaguer, soit à cause de certains travaux d'art . soit par l’effet de circonstances dues à la nature. On conçoit d’ailleurs qu il doit exister une pareille pente pour toutes espèces de matières ; nous la nommerons la pente limite.'
Dans les seconds, la pente limite n'est jamais atteinte; elle est encore à créer.
Ces nouvelles observations sont aussi confirmées par l’nqjbricqpc. Je renvoie encore ici aux planches et a l'explication qui les accompagne (i). Je prie toutefois de ne pas considérer tous ces faits comme peu importants, par ce motif que je les expose le plus brièvement possible. Ils sont, au contraire, dune très-grande valeur, et j’aurai besoin de les invoquera chaque instant . dans la suite de cette étude.
(1) Figures 5, 6. 7, 8. 9 el tO.
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