‹ Étude sur les troubles de la miction dans les maladies du système nerveuxChapitre 12 sur 34 · ANESTHÉSIE DE L'URÈTHRE · texte numérisé non relu

ANESTHÉSIE DE L'URÈTHRE

La sensibilité uréthrale n'est pas indispensable à la miction. Quand elle est totale, c’est-à-dire qu’elle existe depuis le méat jusqu’au col de la vessie, le réflexe, qui a son point de départ à la muqueuse de la région prostatique, et dont Le but est de fermer avec effort le sphincter de la région membraneuse, manque nécessairement. Dans ce cas, on voit fréquemment coexister l’anesthésie de la muqueuse vésicale, aussi le malade ne sent pas le besoin et ne sent pas le passage de l’urine pendant la miction. C'est, en effet, l'absence de cette sensation qui constitue le véritable symptôme de l’anesthésie uréthrale ; mais chez certains malades il amène un singulier résultat. Ils ne savent pas, lorsqu'ils veulent urinér, à quel moment l’urine commence à s’écouler par le canal,

"ets'ils ne regardent pas le méat, n’ayant pas su propor— tionner l'effort à la résistance, ils croient avoir uriné alors qu’il n’a pas coulé une goutte de liquide ; ou bien ils s'épuisent en vains efforts, alors que leur miction est

(1) On peut observer aussi la rétencion par spasme dans le cours de la fièvre typhoïde: j'ai vu cette année dans le service de M. Mil lard, un jeune homme atteint de fièvre typhoïde d'intensité moyenne, sans phénomènes ataxo-adynamiques, une rétention d'urine se produire vers le 15° jour de la maladie. Je voulus le sonder avec une sonde molle n° 18, je constatai que l'urèthre était sain, mais arri é à l'entrée de la région membraneuse, je rencontrai une résistance invincible. Ayant retiré la sonde, je laissai le malade se reposer ; une demi-heure après, il urinait spontanément, et la rétention ne se reproduisit pas. Faut-il admettre dans ce cas une contracture par irritation du centre médullaire sphinctérien ?

SU terminée depuis longtemps sans qu'ils s’en soient doutés. J'ai recueilli des observations de malades qui, pour ces motifs, affirmaient ne pouvoir uriner sans regarder leur méat, et n’urinaient jamais la nuit, à moins d’avoir de la lumière. Ce sont surtout les ataxiques chez lesqueis on rencontre cette anesthésie de l’urèthre.

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