‹ Étude sur les troubles de la miction dans les maladies du système nerveuxChapitre 2 sur 34 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Je dois l’idée première de ce travail à mon cher maître le professeur Guyon, et c'est dans son enseignement que j'ai puisé les moyens de le mener à bien. Pendant que j'avais l’honneur d’être son interne à l'hôpital Necker, que de fois a-t-il attiré mon attention sur des malades qui venaient le consulter, se croyant atteints d'une maladie des voies urinaires, alors que l’examen le plus minutieux démontrait l’absence de toute espèce de lésion de l’appareil urinaire !

Les uns arrivaient avec une idée préconçue, due quelquefois, il faut bien le dire, à la parole imprudente d’un médecin, et se croyaient atteints de la pierre, d’un rétrécissement,

D'autres, plus nombreux, accusaient simplement un symptôme, tel que la fréquence des mictions ou la douleur pendant la miction, ou une certaine difficulté à émettre ou à retenir l’urine.

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Dans ses leçons cliniques sur les maladies des voies urinaires (1), le professeur Guyon revient à plusieurs reprises sur ces malades qu'il a baptisés du nom si heureux de « faux urinaires. »

Dans sa première leçon consacrée aux symptômes fonctionnels (p. 21), voici en quels termes il s’exprime relativement à ces malades :

« Nous ne pouvons aborder l'étude du symptôme : fréquence de la miction, tel que nous l’offrent les urinaires, qu'après vous avoir encore signalé un groupe d’individualités qui le présentent souvent.et viendront non moins souvent se plaindre à vous de ce seul symptôme. Ils insisteront avec d'autant plus de tenacité, que pour leur esprit préoccupé et inquiet, l’envie fréquente d’uriner doit être l'irréfutable indice d’une maladie des voies urinaires.

« Je viens de désigner à votre attention toute cette classe si nombreuse, qu'on ne saurait ranger parmi les bien portants, qu’il convient moins encore de compter parmi les-malades, qui se plaignent toujours et souffrent quelquefois, que vous ne pourrez que difficilement améliorer, que vous ne guérirez pas et que vous ne verrez d’ailleurs pas succomber, car ils sont atteints de cette maladie dont on ne guérit pas plus qu’on n’en meurt: de l’hypochondrie.

«' Il est nécessaire que vous connaïissiez bien ces malades qui, parmi les nombreuses affections dont ils craignent de se voir atteints, choisissent’une maladie des voies urinaires. Ils désirent un traïtement local avec d'autant plus d’ardeur qu'ils espèrent y trouver, d’une façon directe, un allégement qu’ils ‘ont le plus souvent demandé en vain à de nombreuses médications. Le symptôme préduminant accusé par ‘ce groupe de souffrants

(1) J.4C. Félix Guyon. Leçons cliniques sur lesimaladiesides voies vrinaires, Paris. J.-B. Baillère et fils, 1884.

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