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SE fe ou
est la fréquence de la miction. Vous le retrouverez tout aussi bien chez les névropathiques, et même chez les gens timides, scrupuleux, préoccupés, chez les sujets continents.
« Rien de plus vulgaire, d’ailleurs, que l'influence bien connue du système nerveux sur la sécrétion urinaire, et que les conditions où souvent il s’exerce, alors qu’une émotion vive, qu'une préoccupation importante vous possèdent tout entier. Cet état passager, occasionnel, est celui qui se reproduit sous toute espèce d'incitation physique ou morale, chez les impressionnables dont je vous parle.
« Mais s’il est bon d'être en garde contre les affirmations des hypochondriaques, il convient aussi d’être averti que les malades qui se plaignent avec obstination et qui si souvent accusent un appareil ou un organe où il est vraiment impossible d'admettre la moindre lésion, ne sont pas pour cela indemnes d’autres modifications pathologiques. Nombre de fois des symptômes, tout à fait étrangers à ceux qui primitivement étaient sans cesse accusés, vous montreront qu’en réalité les hypochondriaques ont quelquefois raison de vouloir un contrôle médical.
« À côté des névropathes de toute classe que je viens de vous signaler, se placent un certain nombre de sujets atteints d’affections médullaires.
« Chez les ataxiques en particulier, des troubles de la miction sont souvent observés dans la première période de la maladie. Ils ont été signalés par M. le professeur Charcot. La fréquence de la miction est, dans ces cas, habituellement accompagnée d’une émission douloureuse des urines, Chez la plupart des malades que nous avons examinés, la fréquence se compliquait bientôt d’irradiations douloureuses dans les membresinférieurs, dans la region hypogastrique, le long des cordons sper-
Prier
matiques jusqu’à la région lombaire. Et ces irradiations leur paraissaient d’autant plus violentes qu’ils avaient moins rapidement obéi au besoin d’uriner. »
Il n’est pas nécessaire de faire d’autres citations pour montrer quelle importance M. le professeur Guyon attache à la connaissance de ces faits : il n’est pas de chirurgien ni même de médecin qui n'ait vu se présenter à lui des malades de ce genre, A la salle des voies urinaires de Necker, il ne se passe guère de semaine sans qu'on en voie un ou plusieurs; et comme le dit excellemment le professeur Guyon, ce ne sont pas toujours des malades imaginaires, beaucoup d’entre eux ont véritablement un trouble de la miction, mais l'exploration la plus méthodique et la plus complète ne permettent pas de constater l’existence de la moindre lésion, soit de l’urèthre, soit de la prostate où de la vessie; force est donc de chercher ailleurs la raison d’un symptôme très réel dont se plaint le malade.
Eh bien, un interrogatoire habile, un examen approfondi permettront de constater que ces malades appartiennent tous, sans exception, à la pathologie nerveuse.
Cette constatation n’est pas d’une mince importance, et en effet, si ces malades tiennent à la pathologie urinaire par un symptôme fonctionnel, ils s'en éloignent absolument au point de vue de la thérapeutique, qui en somme est pour eux le point important.
Autant l’intervention chirurgicale, prudente et raisonnée, est féconde en heureux résultats dans la pathologie urinaire, autant elle serait déplorable si elle s’exerçait aveuglement pour combattre un symptôme dont la cause est au-dessus de sa portée.
Les malheureux « faux-urinaires » finissent presque toujours par tomber entre les mains de quelques soi-disant spécialistes qui leur prodiguent les drogues, les pommades, les cathétérismes ou les cautérisations, peu
Soucieux de faire un diagnostic qui est au-dessus de leurs forces, désireux avant tout de continuer pendant le plus longtemps possible des soins qui ne font qu'aggraver l’état du malade.
Maïs sans aller si loin, les cas sont fréquents où des médecins dignes de ce nom se trompent de très bonne foi, et s'efforcent de combattre par un traitement local le symptôme qu’ils attribuent à une lésion locale.
Il est arrivé souvent, même à des chirurgiens distingués, d’être induits en erreur sur la véritable nature d’un trouble urinaire, et de faire, suivant les cas, soit la dilatation de l’urèthre, soit des cautérisations, soit même l’incision du col, alors qu’il n’y avait qu’un simple trouble fonctionnel lié à une affection du système nerveux encore à l’état latent.
Je veux m'’efforcer, dans ce travail, d'empêcher de pareilles erreurs si préjudiciables à ia santé du malade et à la réputation du médecin, en montrant quels sont les troubles de la miction qu'on pourra rencontrer dans les différentes maladies du système nerveux, étudiant en particulier ceux qui peuvent se montrer dès le début de l'affection nerveuse, ou avant même que celle-ci ait donné lieu à des symptômes caractéristiques.
Je tâcherai d'indiquer ce que ces troubles de miction présentent de particulier, ce qui les distingue des troubles dus à une lésion matérielle des voies urinaires, et enfin je montrerai que, dans bien des cas, l'étude attentive du trouble de miction pourra nous faire pressentir, souvent même diagnostiquer par avance, la maladie nerveuse dont il est un signe précoce.
Ce diagnostic n’apportera pas simplement la satisfaction platonique d’une difficulté résolue, mais il mènera à un double résultat pratique : d’abord, il empêchera les interventions chirurgicales intempestives; en second lieu, il conduira à une thérapeutique rationnelle qui ne