‹ Étude sur les troubles de la miction dans les maladies du système nerveuxChapitre 33 sur 34 · PL · texte numérisé non relu

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presque nuls dans le bras et la jambe. Hémianesthésie complète : membres, face, et tronc. La température, le toucher ne sont pas perçus du côté droit. Le côté droit de la face est encore parésiés Rien du côté du voile du palais, ni de l’orbiculaire. La vue, l’ouie, le goût, l'odorat sont très affaiblis du côté droit.

Le 10 décembre. Persistance des besoins fréquents de miction avec une certaine difficulté à les satisfaire.

OBS. LXXXII. — Alcoolisme. Saturnisme. Méningo-encéphalite subaiguë, . Hémiplégie. Mictions inconscientes..

Gambette, 37 ans, peintre; entrele 47 septembre 1383, salle Saint- Louis, n. 23, dans le service de M. Millard.

Syphilis 11 y a une dizaine d'années. Alcoolisme invétéré. Il se vante de boire quelquefois dix absinthes en un jour.

{l'a eu plusieurs fois des coliques de plomb.

Depuis plusieurs semaines, céphalalgie : anorexie. Le matin du 17 septembre, en se levant, il re peut se tenir debout, trébuche et tombe ; on l’amène à la consultation, quelques heures après ; il peut se tenir sur ses jambes, mais il marche comme un ataxique, jetant ses jambes de droite et de gauche; sa parole est très embarrassée, il bredouille, mais arrive cependant à se faire comprendre ; il est en proie à une certaine excitation cérébrale, maïs ne déraisonne pas à proprement parler. |

La sensibilité est conservée snr toute la surface cutanée. J,a pupille gauche est plus étroite que la droite,

Si on le fait lever, on constate qu'il marche déjà mieux que le matin; mais il a une tendance à tourner à droite.

Les réflexes sont exagérés ; la force à peu près normale aux deux bras, Son urine contient un peu d’albumine.

Il présente un liseré plombique des gencives, avec gingivite. Bruit de galop à la pointe du cœur. Matité et absence de bruit respiratoire à la base droite, disparaissant insensiblement de bas en haut. Bronchite à gauche.

Le 18 septembre. Même excitaiion cérébrale, même état que la veille; il n’y a pas de paralysie marquée, mais il y a toujours la même tendance à se porter à droite. Léger délire le soir et dans la nuit,

Le 19 septembre. Le matin, il tombe de son lit, on le relève avec une hémiplégie gauche incomplète, il peut faire de petits mouvements des doigts et du pied, mais ne peut mouvoir le membre en totalité.

Pr ee

Quand il parle, le côté gauche de la face resie presque immobile.

La tête est lournée du côté droit, et il est difficile delui faire franchir la ligne médiane pour la tourner à gauche.

Sensibilité normale, pupille toujours plus étroite à gauche qu’à droite.

Intelligence en partie conservée, il répond aux questions. Mais il perd bientôt son idée et ne tarde pas à déraisonner.

Le 20. Légère contracture du côté gauche.

l urine plusieurs fois dans son lit; dans l'intervalle de ces mictions, il ne se fait aucun suintement d'urine par l’urèthre,

Une heure environ après une de ces mictions inconscientes, on constate par la pression et la palpation que la vessie est vide et par le cathétérisme on n’en retire que quelques grammes.

11 continue à uriner dans son lit de temps en tempset à expulser de la même façon les matières fécales jusqu’au moment de la mort.

Le 21. Il tombe dans un état demi comateux ; c’est aujourd’hui le côté droit de-la face qui paraît le plus paralysé et se laisse soulever par la respiration stertoreuse.

Mort dans ja soirée.

Autopsie. — Encéphale : La pie-mère de la convexité est épaisse, résistante, rouge, légèrement adhérente aux circonvolutions ; au niveau des scissures, elle prend une coloration grise, opaque; en plusieurs points, elle est infiltrée sur le trajet des vaisseaux par un exsudat solide, verdâtre, fibrino-purulent.

Ces lésions sont bilatérales etont leur maximum d'intensité au niveau de la moitié antérieure de la convexité du cerveau, au-devant du sillon de Rolando..

Quand on enlève la pie-mère, les circonvolutions restent semées de points rouges, isolés, qui ne disparaissent pas par le passage d’un courant d’eau. Si on fait différentes coupes de l'encéphale, on ne trouve aucune lésion en foyer, mais partout un piqaeté rouge con

gestif.

Reins normaux à l’œil nu. Foie : cirrhose lobulaire déjà assez

accentuée. ) Poumons. Congestion du côté gauche, splénisation vers la base ; à

droite congestion encore plus prononcée. Pas d'épanchement pleural. Cœur. Aucune lésion importante.

OBs. LXXXIV. — Hémiplégie gauche, Mictians presque normales.

Val. André, âgé de 75 ans, entre le 27 avril 1885, salle Saint Louis,

n° 4. dans le service de M. Millard.

CAPE Pie

24 avril. Il tombe pendant la journée sans connaissance, après quelques minutes de vertige, 11 reste seulement cinq minutes sans connaissance, puis il] s’est trouvé paralysé du côté gauche.

Etat actuel : Paralysie motrice complète du côté gauche, face et membres.

Sensibilité intacte, réflexes diminués.

Déviation de la langue, d'ailleurs très saburrale. Somnolence.

Cœur. —Battements irréguliers (74), Pas de bruits de souffle. Athérome artériel très marqué.

Râles de bronchite.

Albuminurie lésère.

9 mai. OEdème des membreset du tronc du côté fgauche, surtout en dehors.

27 mai. Erysipèle au côté gauche de la face.

6 juin. il peut retenir ses urines et n’urine que cinq ou six fois par jour, autant à peu près le matin; n’urine dans son lit que quand l’urinal est hors desa portée ou qu’on tarde à le lui donner.

OBS. LXXXV. — Hémiplégie (Etat apopléctique). Miction inconsciente.

X..., cocher, entré le 30 juillet 1883, salle Saint-Louis, n° 47 bis, dans le service de M. Millard.

Première attaque il y a vingt-deux ans. [l est tombé de son siège vers onZe heures du matin. Il arrive à midi ne pouvant parler.

Il ne répond à aucune question, m’obéit à aucun ordre de mouvement.

Les membres de droite obéissent aux mouvements communiqués et si on les pique, ils cherchent à se dérober; l'excitation plantaire a le même résultat.

Iln'y a pas de flaccidité des membres du côté droit, maïs une sorte de contracture mon permanente, qui s’exagère sitôt qu’on veut produire un mouvement, aussi bien au membre inférieur qu’au supérieur.

Si on pique les muscles avec une épingle et qu’on chatouille la plante du pied, il se produit (avec un certain retard pour la piqüre) des mouvements réflexes brusques et peu étendus, mais pas de mouvements d'échappement, piquant la main droite, le bras à plusieurreprises, il s'échappe un peu par un mouvement de glissement sur le tronc et la main gauche vient à son secours. Déviation de la face, paralysie à droite, pupilles égales, pas de déviation conjuguée, Rien au cœur. Athérome peu marqué.

Miction inconsciente. L'urine s'écoule abondamment à intervalles à peu près réguliers, espacés de plusieurs heures ; rien ne coule par le méat en dehors de ces moments.

OBs. LXXXVI. — Hystérie. Rétention par spasme de l’urèthre.

(Observation copiée textuellement dans le registre de la Cliniques des maladies nerveuses (Salpêtrière).

Lesu.…, 22 ans. Il y à deux ans, sensation de boule au cou, battements de cœur.

Pendant trois semaines, la malade eut un gonflement de l’abdomen qui disparut après d’abondantes évacuations de gaz par l’anus.

Depuis deux mois, ce gonflement du ventre est revenu ; il paraît y avoir alternative entre la tympanite et la réplétion de la vessie.

La malade urine mal: elle éprouve le besoin d’uriner, maïs ne peut arriver à expulser que quelques gouttés d'urine ; la miction est interrompue .brusquement par une sorte de spasme qui arrête tout à coup Je jet d'urine. La malade est venue à la Salpétrière il ya une semaine, elle était restée pendant vingt-quatre heures sans uriner, le besoin d’uriner se faisait moins sentir et la miction était aussitôt arrêtée par le spasme. Une fois qu’elle fut sondée, la sonde fut enserrée par un spasme qui l’immobilisa dans le canal de l’urèthre.

Pas d’autres troubles nerveux, pas d'anesthésie,

Bien réglée, quelques douleurs lombarres.

Elle a été électrisée il y à cinq jours, elle a été très courbaturée et a expulsé pendant la nuit trois vases de nuit d'urine. Le gonflement du ventre a diminué.

3 mars. La percussion du ventre révèle une matité hypogastrique presque absolue.

Os. LXXXVII. — Sclérose en plaques. Dysurie.

Land…., 30 ans. Entré le 12 novembre 1883 dans le service de M. Miliard, à l'hôpital Beaujon, salle Saint-Louis, 1.

Il avoue avoir fait des excès alcooliques.

à À l’âge de 19 ans, il a eu des plaies multiples au pourtour de l'anus.

A 24 ans, il aurait eu un chancre.

Il fait remonter le début de sa maladie actuelle au mois de juillet 1881, mais il se rappelle que pendant les deux années qui ont précédé cette époque, il était pris parfois d’un tremblement intense et involontaire des membres, surtout dans les membres inférieurs ; ce

tremblement survenait en général sous l'influence de la colère ou d’une émotion quelconque. Il avait parfois des étourdissements.

Le 14 juillet 1881, il est pris brusquement pendant la nuit d’une sorte de paraplégie; il s'était couché bien portant ; à trois heures d matin, il se réveille, veut se lever et tombe : il avait les jambes complètement impotentes, les bras en partie seulement, A neuf heures du matin, la paralysie semblait complète aux quatre membres, il ne souffrait pas : la parole était abolie, la bouche était déviée du côté droit. Pas d’anesthésie.

Au bout d’un mois environ, il a pu se servir un peu de ses membres supérieurs; puis la parole est revenue; puis quelques mouvements ont reparu dans les membres inférieurs.

La constipation était opiniâtre, il n’y a jamais eu de selles involontaires.

I y eut, au début, une grande difficulté de miction : il restait quelguefois un quart d'heure avant de réussir à uriner. Il n’a Jamais eu besoin d’être sondé. Il avait nettement la sensation du besoin de miction.

Cet état de dysurie a diminué progressivement sans disparaître complètement.

Actuellement, tantôt il urine facilement, tantôt il est encore obligé à de grands efforts. Il n’a jamais perdu son urine malgré lui.

Âu moment de son entrée, on constate que la force est un peu audessous de la normale dans les quatre membres, mais égale dans les deux côtés.

Il y a par moments un peu de contracture dans les membres supérieurs, mais pas de tremblement.

Les membres inférieurs sont le siège d’une contracture permanente des extenseurs et aussi des adducteurs de la cuisse, qui s’exagère sitôt qu’on les touche ; le malade affirme que parfois la contracture cesse complètement, quand il est couché, tranquille, sans personne autour de lui.

Les membres inférieurs sont fréquemment pris d’une trépidation très violente, qu'on provoque immédiatement en portant le pied dans la flexion.

Les réflexes sont exagérés.

La marche est impossible, car dès que le malade est debout, la contracture dans l'extension forcée s’exagère, ainsi que la contracture des adducteurs de la cuisse, et la trépidation augmente encore.

La sensibilité est partout normale.

Du côté de la face, la bouche est déviée à droite, ainsi que la pointe de la longue. La déviation de la face s'accentue quand le malade Farc,

La voix est creuse, pénible, à la fois gutturale et:nasonnée, lénte, mais non scandée. Il n’y a rien d’anormal du côté du voile du pa-

lais, jamais de De ni we coresel L, avale Pnes de travers en buvant.

Pas de nystagmus, ni de strabisme.

Il sort le 21 décembre, nullement amélioré par un traitement anti-

syphilitique. Il a encore de temps en temps de la difficulté pour uriner.

Os. LXXX VIII. — Sclérose en plaques. Rétention spasmodique.

Boust., Alex., 42 ans. Hospice Bicêtre, service de M. Debove, salle Perdiguier, n° 7.

Je reconnais Ja malade pour l’avoir vu pendant un an à Laënnec, en 1880, dans le service de M. Ball, dont j'étais l’interne. Le diagnostic de mon maître était, dès cette époque, sclérose en CARTES cérébro-spinale,

Il est à Bicêtre depuis septembre 1882; son état s’est légèrement amélioré; au lieu d’être constamment confiné au lit, il se lève et et peut marcher un peu avec des béquilles malgré la contracture persistante des membres inférieurs. Il souffre de la tête moins violemment qu’en 1880. Il aurait eu en 1881 PEFIENE attaques épileptiformes.

Au début de sa maladie, en 1879, étant à l'Hôtel-Dieu, il a eu de la rétention d'urine et a dû être sondé pendant quinze jours ; depuis ce temps, il a toujours uriné d’une façon normale.

En présence des contractures musculaires qui constituent le principal symptôme de sa maladie, et à cause du peu de durée de la rétention qui n’a laissé aucune trace, je suis fondé à admettre qu'il a eu un spasme du sphincter membraneux.

OBs. LXXXIX. — Sclérose en plaques. Rétention par spasme du sphincter (Recueillie par M. Martha, externe des hôpitaux.)

Geyter Vital, ajusteur, âgé de 48 ans, est éntréle 22 décembre 1880, Salle Velpeau, ne 19, dans le service de M. Damaschino.

La maladie a débuté par des troublès de la vue ; bientôt engourdissement et fourmillements dans les membres inférieurs. Quelques mois plus tard affaiblissement des jambes et troubles dans la marche. Les jambes sont raides, surtout quand ie mafade cherche à exécuter des mouvements.

Nystagmus très prononcé.

Aujourd’hui la marche est presque e impossible; les membres infé-

rieurs sont le siège de contractures telle que si le malade est couché et qu’on cherche à le soulever par une jambe, on soulève toute la partie inférieure du corps.

Tremblement moins marqué dans les membres supérieurs. |

Pas de troubles de la parole bien marqués. Exagération des réflexes, épilepsie spinale, etc.

Jusqu'au mois de eee 1882, le malade ne présentait pas de troubles urinaires. Vers cette époque il lui fut impossible d’uriner un matin, et on dut pratiquer le cathétérisme plusieurs jours de suite. Le spasme uréthral était si intense que la sonde introduite dans le canal était arrêtée et pendant quelques secondes serrée de telle façon qu’il était impossible de la faire avancer davantage ni de la retirer : en même temps les membres inférieurs étaient le siège de contractures très intenses.

Au bout d'un mois et demi,il put uriner facilement eton n’observa plus de rétention ; mais au mois de mai après une cautérisation pratiquée.le long de la colonne, vertébrale avec le thermo-cautère, la rétention se manifesta de nouveau et on sonda le malade. Pendant près de quatre mois la rétention apparut, seulement, à la suite de l’application de pointes de feu, le jour ou le lendemain de la cautérisation pour cesser pendant toute la période intercalaire. Aussi le malade rattachait-il la rétention à l’application des pointes de feu. Il avait remarqué.en outre que la rétention s'était aussi produite à la suite d’une émotion on d’une contrariété,

À partir de la fin de septembre, il fallut le sonder à peu près tous les jours pendant une semaine, puis la rétention ne se reproduisit plus et depuis cette époque le malade a toujours pu uriner seul.

OBs. XC.— Commotion cérébrale et médullaire. Rétention d'urine.

Dess.…., 24 ans, maçon. Hôpital Beaujon, service de M. Tillaux ones recueillie par mon collègue et ami Carlier, interne du service).

Sa santé a toujours été parfaite.

Le 10 novembre 1883, montant une échelle avec un fardeau, il manqua un échelon, et tomba en arrière d’une hauteur de un metre environ, sur le dos. Perte de connaissance immédiate, qui dure pendant quatre heures. Il est apporté dans cet état à Beaujon.

À son entrée, il présente les symptômes d’une commotion céré-

brale légère : la face est pâle, il est dans un état Renionmsenss sil peus rémuer un peu les bras et les jambes.

“Le lendemain matin, voilà ce qu'on constate :

Le malade a toute sa connaissance, le facies est normal, il renue facilement ses membres. 4

‘1 n’a pas de déformation de Ja colonne vertébrale, mais éprouve des douleurs assez vives au cou et surtout aux lombes.

Il n’a pas encore uriné depuis l'accident. En le sondant, on donne issue à deux litres d'urine normale. Le passage de la sonde est à peine senti.

‘ La sensibilité est intacte sur le tronc et les membres supérieurs ainsi qu'aux cuisses ; mais au-dessous du genoux l’analgésie est complète : insensibilité au contact, à la température. Pas de fourmillements.

Aucun trouble de la motilité; réflexe plantaire nul des deux côtés.

Le malade reste dans cet état pendant vingt-quatre heures environ ; pendant la journée du 41 novembre, on fut obligé de le sonder trois fois. Ce cathétérisme ayant déterminé une uréthrite très douloureuse, on y renonça le lendemain, le malade pouvant d’ailleurs uriner seul, mais avec une grande difficulté.

On lui applique des ventouses scarifiées à la région lombaire. .

12 novembre. Urines légèrement teintées de sang; il y a quelques petits caillots au fond de l’urinal.

! La sensibilité est revenue dans les jambes, et un peu au pied droit, mais l’anesthésie est complète au pied gauche jusqu’à la hauteur des malléoles. Du côté droit. l’anesthésie n'existe qu’à la face plantaire.

13 novembre. Miction normale.

La sensibilité est absolument recouvrée; encore une légère douleur lombaire, ainsi que vers le côté gauche du thorax ; rien à l’auscultation. Ventouses sèches.

14 rovembre. Même état; le soir, douleur thoracique avec tendance syncopale, qui cède à des ventouses sèches.

La guérison paraît complète à dater de ce jour.

Ogs. XCI.— Commotion cérébrale. Rétention temporaire. (Observation communiquée par mon excellent collègue et ami Hamonic, interne du service).

Boucher, Pierre, 18 ans, maçon. Hôpital Beaujon, service de

M. Labbé.

Pas d’antécédents diathésiques ; il “afirme n'avoir jamais fait

d’excès alcooliques.

‘ Le 7 novembre‘ il tombe d’un sixième! étage dans une maison en construction. Il prétend être certain d'être tombé sur les pieds. Il n’a pas complètement perdu connaissance sur le moment. On l’a transporté dans une pharmacie et de là à l’hôpital Beaujon, service de M. Labbé. a (

État au moment de son entrée. Coma à peu près complet, cependant le malade, interpellé et secoué, se débat un peu. On ne trouve aucun traumatisme grave. Il n'a qu’une plaie de tête peu étendue ; pas de fracture apparente du crâne ; aucun écoulement par les narines ou les oreilles. |

Le 8. A la visite du matin, état semblable. Le malade se défend fortement quand on veut l’examiner; idées confuses, délire.

La vessie est distendue ; on apprend que le malade n'a pas uriné depuis la veille.

Une sonde en caoutchouc rouge passe facilement et donne issue à trois quarts de litre d’une urine peu foncée, sans dépôt.

Le soir, impossible de le sonder à cause de son obstination; il se débat avec une vigueur telle qu’il faut y renoncer.

Le 9. Le malade n’a pas uriné depuis le précédent cathétérisme ; on le sonde de nouveau et on retire environ 500 grammes d'urine. Le soir, il a eu une miction naturelle peu abondante.

Le 10. Le malade urine dans son urinal plusieurs fois dans la journée ; il se lève chaque fois pour uriner debout.

Le 11. Les idées ne sont pas encore bien nettes; il se plaint de souffrir de la tête. La miction est normale.

La force musculaire est absolument normale dans les membres inférieurs ; pas d’anesthésie.

OBs. XCII. — Commotion de la moelle? Rétention, puis miction difficile.

Gremara (Jean), 23 ans. Hôpital Beaujon, 2° pavillon n° 57. Service de M. Labbé suppléé par M. Bouilly.

6 août 1883. Il a fait une chute d’un deuxième étage ; il est tombé d’abord sur les pieds, puis le dos a porté sur le sol, la tête n’a pas Dopres

Il n'y à pas eu de perte de connaissance.

La paraplégie motrice à été immédiate ; pas d'anésthésie!

Il s'est produit des douléars fulgurantes pendant les sept premiers jours. : Ë

La rétention d'urine a été immédiate, et il fut sondé matin et soir bendant quinze jours..Il sentait fort bien le besoin de miction, et en souffrait même beaucoup quand il y avait longtemps qu'il avait été

sondé ; il sortait parfois une goutte d'urine après de grands efforts.

Constipation absolue pendant les sept premiers jours.

: Vers le douzième il commence à pouvoir évacuer un peu d'urine quand le besoin devient très intense, maisen faisant de violentsefforts .d’expulsion.

À partir du quinzième jour, on peut cesser de le sonder, mais à ce moment il ne paraît pas vider complètemeut sa vessie, malgré les pressions exercées sur le bas-ventre. is

On lui fait trois lavages à l’acide borique pour combattre un peu de cystite qui s’était développée.

Depuis ce temps, la vessie se vide de plus en plus faci'ement ; le malade urinait seulement deux fois en 24 heures, au commencement. .: À présent (11 novembre 1883) il urine quatre fois en 24 heures ; l'urine est claire ; il est encore parfois forcé d'appuyer sur son ventre pour mettre la miction en train, une fois qu’elle est commencé l'urine s’écoule facilement.

La paraplégie s’est améliorée en même temps : il peut marcher avec des béquilles depuis le mois de septembre (quarantième jour).

La force musculaire augmente progressivement dans les membres inférieurs, le droit restant plus faible que legauche, et la vigueur est déjà considérable.

Réflexes plantaires normaux. Sensibilité normale.

OBs. XCIIT. — Atrophie musculaire progressive, parésie du sphincter.

Hureau, 24 ans, Hospice de Bicêtre. Service de M. Dehbove, salle Denis Papin, 9.

Le début de la maladie remonte à l’âge de 41 ans.

Les membres inférieurs sont surtout atteints, ét incapables d’un mouvement quelconque.

Les muscles du tronc sont atrophiés aussi, et il ne peut rester assis que lorsqu'il est soutenu par une large ceinture de toile à laquelle est fixée une corde pendue au plafond. ;

La parole est souvent inintelligible; la ‘déglutition se fait facile< ment. Il sent bien le besoin d’uriner, mais il ne peut retenir son besoin un seul instant, il doit le satisfaire de suite, sous peine d’uriner dans son pantalon, ce qui lui arrive souvent. D'ailleurs l'urine sort

facilement. , Le malade dit avoir des érections presque tous les jours.

ce, 99

OBs. XCIV. — Méningite tuberculeuse hémorrhagique. Incontinence d'urine à forme spéciale

Lai, 20 ans, employé de ministère, entré le 16 mars 1883, salle Saint-Louis, n° 49, service de M. Millard, à l'hôpital Beaujon.

Il a travaillé à son bureau jusqu’à trois jours avant son entrée; on n’a pas de renseignements sur ce qui s'est passé depuis.

‘Il porte au cou des traces de scrofule ancienne, il a encore de l’engorgement ganglionnaire à droite,

On l’apporte à huit heures et demi du matin, et jusqu’à une heure de l'après-midi, il est en proie à un délire violent. Son ventre est rétracté, un peu sensible, sans taches rosées, maïs la tache meningitique s’y produit très facilement. Par moments, il se plaint de la tête.

Il a quelques râles dans la poitrine. :

La température axillaire donne 38° ; le pouls 112.

Pendant l'après-midi, il tombe dans la coma. Il n’a pas eu de vomissements, ni de garde-robe, malgré 30 grammes d'huile de ricin.

Il a uriné abondamment dans son lit.

Vers quatre heures du soir, il est dans un état de résolution complet. Ses pupilles sont égales, dilatées, insensibles à la lumière.

Il continue à uriner dans son lit, non pas goutte à goutte, mais par jets, de temps en temps. Un jet s'échappe, aussitôt qu'on excite un peu.la paroi abdominale ou la partie interne des cuisses, et surtout si on exerce une certaine pression à l’hypogastre. Cependant, par la palpation et la percussion, on constate que la vessie n’est aucunement distendue, et qu’elle se vide aussitôt qu ’il y est arrivé une quantité même assez faible d'urine,

J1 pousse par moments de grands soupirs ; le sonorité du thorax est normale.

Pasde bruits morbides au cœur; le pouls, toujours régulier, est tombé à 80 pulsations à la minute.

Vers six heures et demie du soir, il commence à râler, est pris d’une sorte de hoquet ronquisi, et rend du sang écumeux par la bouche.

. La mort survient à sept heures du soir.

Autopsie le 18 mars, trente-six heures après la mort.

Poumons.— Farcis de granulations tuberculeuses aux deuxsommets.

Encéphale. — Congestion générale très intense de la pie-mère. A la base, suffusion sanguine, sang noirâtre coagulé, formant dans l'épaisseur de la première une couche de { à 2 millimètres d'épaisseur, depuis le chiasma des nerfs optiques jusqu’au sillon bulbo-protubéran-

tiel et dans le sens transversal, d’un lobe sphénoïdal à l’autre. On ne voit pas de granulations tuberculeuses le long des vaisseaux à ce niveau (s’il y en a, elles peuvent facilement passer inaperçues au milien de cette infiltration hémorrhagique); à la convexité, on voit une seule granulation d'apparence tuberculeuse sur une branche émanée de la sylvienne.

Sur une coupe de la protubérance, on voit que j'infiliration sanguine n’est pas limitée à la première, mais pénètre dans toute l’épaisseur du pont de Varole sous forme de travées qui semblent suivre la direction des vaisseaux, et formées par du sang noir coagulé. Entre

ces travées, se trouve un pointillé hémorrhagique uniforme, à pointes ,

très rapprochés. Cette lésion occupe toute l'étendue de la protubérance. |

Le vermis supérieur du cervelet présente une lésion absolument semblable, seulement les travées formées par les caillots cruoriques occupent l’interstice des lamelles.

Les pédoncules cérébraux et les pédoncules cérébelleux supérieurs, ne forment plus qu’une bouillie difffuente, au milieu de laquelle on voit de nombreux petits caillots. Cette lésion s'étend à toute la partie inférieure et postérieure des deux couches optiques, et à la portion du lobe sphénoïdal qui avoisine la fente de Bichat ; elle existe aussi, mais moins prononcée à la partie la plus postérieure de la face inféférieure du lobe frontal. |

Dans la région la plus externe du corps strié, lacunes périvasculaires (hémorrhagies périvasculaires dont le caïllot serait détaché pendant la coupe). é

L'examen histologique du cerveau et du cervelet, fait par mon excellent ami Chantemesee, au laboratoire d'anatomie pathologique du professeur Cornil, a démontré qu'il s'agissait d'une méningo-encépbalite tuberculeuse.

Cette observation se trouve dans l’excellent mémoire présenté au concours de la médaille d’or, par notre savant collègue, et sera pnbliée in extenso dans sa thèse inaugurale,

Os. XCV. — Observation d'un malade hypochondriaque spermatorrhéique avec troubles de la miction, écrite par lui-même dans tous ses détails.

Ma mère est très nerveuse.

Tout enfant, en nourrice, maux de tête plusieurs fois.

De 4 à 6 ans, apparence de la force et de la santé.

De T à 15 ans, diarrhées fréquentes. (Les vers, disaïit-on, j'en rendais beaucoup par le bas, quelquefois par le haut.)

LEE jus

De 16 à 48 ans, mélancolie douce, amour.éxelusif de l'étude. Longues veilles en plus du travail quotidien., (Get amour de l'étude a toujours persisté et m'absorbe encore.) rs:

19 ans. Mélancolie, triste; bizarrerie d'esprit. Mal moral. Masturbation (4 ou 5 fois au plus dans l’espace de trois ans et demi). Constipation.

20 à 21 ans. Vie difficile (mauvais régimej. Constipation, opiniâtre. Maux de tête, malaise général, ennui, Commencement d’un rélâchement d'urine (cependant cette faiblesse de la vessie s'était déjà fait sentir un peu antérieurement). Elle passe et revient, et vice versa. Maux detête, perte de mémoire, hébétude, idée de suicide, conservation de l'appétit. ;

Ici un incident. S. V. P. — Une nuit, au lit avec une femme. Sympathie sentimentale mutuelle. Mais, chez moi, virginité, méfiance, orgueil (singulier), lutte de l’esprit contre la chair. Je ne veux rien faire, je ne fais rien. Une autre fois, même répétition; la chair parle, l'esprit refuse et l'emporte. En rentrant chez moi, je perds connaissance. Mon malaise gagne. Mon relâchement de vessie répond de plus belle (j’attribue cette rechute, à cet incident, ou aux efforts nécessités par la constipation). L’envie d'uriner me prend toutes les dix à quinze minutes suivie de douleurs vagues (irritation produite par la fréquence, sans doute.)

Pas de pertes encore. Symptômes (au moins moraux), selon moi, de l'hypochondrie.

De 22 ans 1/2 à 24 ans, je combats la constipation; rien ne fait; je n’obtiens résultat relatif qu’au bout de un an et plus.

Pendant cette intervalle, la fréquence d’uriner a quelquefois cessé tout à fait, mais pour peu de temps.

Longtemps des maux d'estomac intolérables; disparaissent peu à peu. Abdomen toujours très douloureux (mon plus grand mal), digestion très pénible. Grande faiblesse, pertes naturelles assez fréquentes, suivies de pertes inconscientes. Masturbation (23 ans 1/2), le plus souvent à intervalles éloignées, suivie toujours de dégoût (20 à 30 fois au plus en près de deux ans). Selle quotidienne, mais chaque fois incomplète et fiévreuse, donne peu de soulagement. Névralgies violentes ét fréquentes (température froide, je crois), malaise général, idée de suicide ; vois le médecin, met tout sur le compte des nerfs ; ordonne bromure. Abdomèen soulagé un moment; puis retour du mal ; je continue. L'effet en mieux se maintient, mais trop faiblement (grands maux de tête). Vois un autre médecin : névrose, dit-il. Des douches, certaines pilules et de l'eau de Janos, comme laxatif. Un peu de mieux encore, il me semble ; mais continue d’uriner fré-

quemment ; je le revois spécialement pour cela, a l’air de n’y rien comprendre ; m'approuve de voir une spécialité. Viens à Necker connaissant de réputation M. Guyon.

Tenir compte, je vous prie, de « l’allure d'esprit » du sujet. Beaucoup du bizarre Jean-Jacques des Confessions dans ce sujet-là.

Ai eu quelques rhumes (deux ou trois), un peu d’irritation de poitrine. Désirerais être ausculté, si vous le trouvez bon.

État actuel. (Necker, 1881.)

Tête. — Lourdeurs, douleurs vagues, étourdissements, éblouissements, bruissement dans les oreilles, perte de mémoire, esprit fatigué, surtout la nuit. — Douleurs dans le dos, courbature générale, chaleur brülante dans les mains, engourdissements, douleurs aux articulations, abdomen douloureux, empâtement, constipation, mauvaise bouche, digestion pénible, sommeil lourd et agité, envies fréquentes d’'uriner (la nuit cinq, six, sept fois), sans douleur, si je ne me retiens pas; douleur vague après si je me retiens; faiblesse générale (ennui ancré).

Geffrier. 24

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