‹ Étude sur les troubles de la miction dans les maladies du système nerveuxChapitre 6 sur 34 · FES TUE · texte numérisé non relu

FES TUE

4° Les seuls nerfs moteurs de la vessie, qui sont connus jusqu’à présent, se trouvent dans le troisième et le quatrième nerfsacré.

2° Les nerfs sensibles de la vessie communiquent par les nerfs sympathiques lombaires, et de là par les ramicommunicantes, avec la moelle épinière, et produisent les mouvements réflexes de la vessie.

Dans une communication ultérieure (Académie des sciences, 21 mars 1864), Budge modifiait ainsi qu'il suit sa première proposition :

« Il y a donc différentes routes pour les fibres ner- .veuses motrices de la vessie : l’une est dans les racines antérieures des troisième et quatrième paires sacrées, « l'autre est dans le plexus hypogastrique ; celle-là peut « être excitée de deux côtés : 1° du côté du cerveau ; 2° du « côté des nerfs sensibles de la vessie. Du cerveau jus- «qu'aux nerfs sacrés, la jonction a lieu par le cordon « antérieur de la moelle épinière; des nerfs sensibles de « la vessie, les rameaux.,anastomotiques entre ce plexus «et le nerf grand-sympathique lombaire, par les rami- « communicantes, et enfin par les racines postérieures « des nerfs lombaires pour aller à la moelle épi- < nière (1). >

Dans un article paru en 1872 dans les Archives de. Pflüger (2\, Budge avoue que des recherches plus complètes sont venues lui démontrer l'inexactitude de cette dernière description du trajet des filets moteurs de la vessie, et confirme qu’ils sont tous fournis par les branches antérieures des nerfs sacrés.

Telle n’est pas absolument l’opinionu de Giannuzi qui,

(1) Le mémoire adressé par Budge à l’Académie des sciences étant écrit en Français, je n’ai pas cru devoir modifier la tournure allemande des phrases, qui les rend parfois peu compréhensibles.

(2).Sur la physiologie du sphincter vésical. J. Budge, in Pfluger's Archiv., 4872, t. VI,.p. 306.

dans ses recherches sur les nerfs moteurs de la vessie sur le chien, arrive aux conclusions suivantes :

1° Ily a deux espèces de nerfs différents qui vont à la vessie : les uns proviennent de la moelle épinière ; ils vont directement constituer le plexus hypogastrique pour se rendre ensuite à la vessie: les autres, qui prennent aussi leur origine dans la moelie épinière, traversent, avant d’aller au plexus hypogastrique, le grand sympathique latéral et ses ganglions mésentériques.

2 La différence qu'on observe entre l'excitation de ces deux espèces de nerfs ne porte pas Sur la forme ni sur le lieu de la contraction, mais bien sur l'intensité et la rapidité de cette contraction. En effet, tandis que les nerfs qui se rendent directement de la moelle à la vessie déterminent une contraction rapide et énergique, les nerfs rachidiens qui ne se rendent à la vessie qu'après s'être unis au grand sympathique, ne présentent qu'une action lente et faible, et il faut, pour obtenir la contraction, une excitation plus forte (4). ”

Giannuzzi signale, au cours de ses expériences, que les contractions qui résultaient de l'excitation des nerfs qui vont à la vessie, après avoir traversé les ganglions du sympathique, étaient accompagnées d’une très forte ‘douleur, Ce fait me semble donner raison à Budge, qui considère ces nerfs comme exclusivement sensitifs, et regarde la contraction qui suit leur excitation comme un phénomène réflexe analogue à celui qui se produit sous l'influence de l'excitation de la muqueuse vésicale; si ces nerfs sont sectionnés, c’est l'excitation de leur bout central qui produit à la fois douleur et contraction de la vessie, tandis que l’éxcitation du bout périphérique ne donne aucun résultat.

De plus, les expériences de Budge, comme celles de

(t) J. Giannuzzi. Recherches physiologiques sur les nerfs moteurs de la vessie, in Archives de physiologie, 1863, t. VI, p. 22.

Oeh], prouvent qu'on peut produire des contractions vésicales par effet réflexe, en excitant le bout central d’un. nerf sensitif ou d’un nerf mixte (trijumeau, pneumogastrique), ou même en plaçant les électrodes d’une machine d’induction sur un organe doué d’une vive sensibilité, comme l’œil ou la muqueuse pituitaire. On sait d’ailleurs, par des observations faites sur l’homme, que

la douleur provoque facilement des contractions de la vessie.

Influence de la moelle. Centre génito-spinal. — La moelle épinière sert à la fois, par ses cordons antérieurs, de conducteur aux incitations motrices venues de plus haut, et, par son axe gris, de centre pour les actions réflexes qui ont leur point de départ à la muqueuse vésicale ou prostatique et leur terminaison dans les fibres musculaires vésico-uréthrales.

Laissant pour un moment de côté la moelle envisagée comme conducteur, ce qui viendra plus à sa place avec l’étude des centres encéphaliques, je vais étudier l’action de la moelle considérée comme centre d’actions réflexes relativement à la vessie :

Budge, a le premier, décrit le centre génito-spinal qu’il a ainsi nommé, parce qu'il tient aussi sous sa dépendance les actes génitaux. Sa première communication, à ce sujet, date de 1858, et il a complété et défendu sa théorie dans de nombreux travaux ultérieurs, dont on trouvera la liste à l’index bibliographique. De ses très nombreuses expériences, faites sur des chiens et des lapins, il résulte qu’ilexiste un centre pour les réflexes vésicaux situé environ au niveau de la 4 vertèbre lombaire.

Budge avait remarqué que l'excitation d’un grand nombre de points du système nerveux donnait lieu à des contractions vésicales, et en particulier, l'excitation des cordons antérieurs dans toute leur hauteur ; maisil

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crut pouvoir fixer la région de la moelle qui se trouve au niveau de la 4° lombaire comme centre des nerfs de la vessie,

‘« J'arrivai à ce résultat, dit-il, en excitant place par place la moelle lombaire de lapins, et je trouvai qu’au niveau de la 4e vertèbre lombaire, chaque excitation réagissait au maximum (1). »

Kupressow assigna une autre situation au centre vésical : il admit qu’il se trouvait entre la 5° et la 6° vertèbre lombaire (entre la 6° et la 7°, d’après Masius) (2).

Je n’entreprendrai pas de résumer la longue réfutation des conclusions de Kapressow, par Budge, d'autant plus que de la lecture attentive des travaux de ces deux physiologistes, il ressort que leurs recherches n’ont pas porté absolument sur le même objet : Budge, en effet, a surtout cherché, dans ses expériences, le centre spinal des contractions de la vessie, y plaçant par surcroît, sans paraître s’en préoccuper beaucoup, le centre du sphincter uréthral.

Kupressow, au contraire, ne s’est guère occupé que de ce dernier centre, et voici par quelle ingénieuse expérience il est parvenu à le localiser à peu près entre la 5° et la 6e vertèbre lombaire :

La vessie étant mise à nu chez des lapins, une canule est fixée dans un des uretères, elle communique avec un tube gradué dans lequel on peut faire varier la hauteur de la colonue d’eau après réplétion complète de fa vessie. Par surcroît de précaution, on emploie de l’eau tiède, et la canule, liée dans l’uretère, porte un robinet latéral, afin que l’eau refroidie pût être rapidement évacuée et

(1) Julius Budge, Sur la physiologie du sphincter vésical, in Pflugers Archiv., 1872, t. VI, p. 306.

(2) Kupressow. Physiologie du sphincter de la vessie, Dissertation inaugurale. Saint-Pétersbourg, décembre 1870. Extrait in Pflugers Archiv., 1874, t V.

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remplacée par de l’eau tiède. Les animaux mis en expérience ont été opérés de façon à ne causer qu'une très faible perte de sang, et la moelle a été sectionnée après l’ablation d’une seule vertèbre.

Puis Kupressow coupe la moelle à des niveaux différents et observe la hauteur de la colonne d’eau nécessaire pour que le liquide commence à s’écouler par l’urèthre, avant et après la section de la moelle. Faisant d’une pierre deux coups, dans un certain nombre de cas, il incise la portion membraneuse de l’urèthre, et note le chiffre de la colonne d’eau nécessaire pour amener l'écoulement avant et après cette incision.

Je reproduis ici le tableau résumant 19 expériences,

car il y a de nombreuses et intéressantes conclusions à en tirer:

De ce tableau il résulte que :

1° Lorsque la section de la moelle a porté au niveau de la 4° vertèbre lombaire ou au-dessus, la résistance du sphincter a été la même qu'avant toute section ;

2° La section de la moelle au niveau des 5°, 6° et 7° vertèbres lombaires a donné lieu à un abaissement considérable dans la hauteur de la colonne d’eau nécessaire pour que l’eau commençât à s’écouler par l’urèthre, la hauteur de cette colonne a été sensiblement la même, quel que fût le point sur lequel eût porté la section entre la 0° et la 7° lombaire, mais Kupressow note expressément que, lorsque la moelle fut sectionnée au niveau de la 9° vertèbre lombaire, la tonicité ne diminuait que peu à peu; si, au contraire, la section portait au niveau de la 6° ou encore plus bas, la tonicité était immédiatement supprimée ;

3° Toutes les fois que la section de la moelle a été faite au niveau de la 5e lombaire ou au-dessous, la hauteur de la colonne d’eau a peu varié d’un sujet à l’autre (de 10 à 16 centimètres) et, chez un même sujet, cette

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hauteur était sensiblement la même que celle qui fut nécessaire après la mort, où toute tonicité musculaire avait évidemment disparu ; ces chiffres expriment donc la résistance opposée à l'écoulement du liquide par la seule élasticité des sphincters.

4 Des huit expériences dans lesquelles il a incisé le sphincter de l’urèthre en respectant le sphincter vésical proprement dit, Kupressow se croit en droit de conclure que les fibres circulaires du coi de la vessie, aussi bien que celles de l’urèthre, contribuent à fermer la vessie, mais que leur importance relative varie avec les animaux, les fibres musculaires de l’urèthre jouant un rôle plus important chez les mâles que les femelles.

En effet, tandis que chez les mâles, après incision de l’urèthre, la colonne d’eau nécessaire à faire commencer l'écoulement du liquide de la vessie diminuait de presque moitié, chez les femelles, dans les mêmes conditions, la diminution de la colonne d’eau n’était que d'environ un quart.

J'avoue que je n’accorde pas une grande importance à l'objection de Budge, qui, pour sa part, nie que les fibres circulaires du col vésical aient une influence quelconque sur l’occlusion du réservoir, et prétend que, dans les expériences de Kupressow, si, après avoir fendu l’urèthre, il a fallu une pression d’eau notablement plus considerable qu'après la mort ou la section médullaire, ce n’est pas que les fibres circulaires du col opposassent de Ja résistance à l'écoulement du liquide, mais le canal étant fendu, ses bords peuvent encore se rejoindre et les muscles se contracter, l’incision serait alors de peu d’importance.

Pour moi, qui admets l'existence du sphincter vésical nié par Budge, je ferai l'objection suivante qui me paraît plus sérieuse, c’est que Kupressow ne semble pas tenir compte de la structure striée du muscle qui con-

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stitue le sphincter uréthral, et de l'influence évidente de la volonté sur sa contraction. Dans ses expériences, il ne met en jeu que la tonicité de ce sphincter, son état de contraction réflexe, mais cette contraction peut devenir beaucoup plus considérable quand la volonté s'en mêle.

5° Enfin, pour faire rendre à ce tableau tout ce qu’on peut en tirer, je ferai la remarque suivante, peu impor tante d'ailleurs, c'est que, chez le lapin tout au moins, l'occlusion de la vessie paraît plus parfaite chez les femelles que chez les mâles, puisque, avant toute lésion de la moelle ou de l'urèthre, chez les dix animaux mêâles. mis en expérience, la hauteur de la colonne d’eau nécessaire pour que le liquide commençât à s’écouler par l'urèthre, a été en moyenne de 42 cent. 9, tandis que la moyenne pour les neuf femelles s’est élevée à 45 cent. 5. On sait qu’il n’en est pas de même dans l’espèce hu-— maine.

Cette remarque m’amène à rappeler que toutes ces expériences, celles de Budge, comme celles de Giannuzzi ou de Kupressow ont été faites sur des chiens ou des lapins, et qu’elles ne sont applicables que par analogie à l’homme, dont la moelle s'arrête au niveau de la 2° vertèbre lombaire.

On peut cependant en conclure, avec taute apparence de raison, qu’il existe aussi chez l’homme deux zones de la moelle, situées vers sa partie terminale, qui jouent le rôle de centre des actions réflexes, 1° de la vessie, 2° du sphincter de l’urèthre: le premier étant situé à un niveau un peu plus élevé que le second.

Y aurait-il moyen de préciser davantage la localisation de ces centres ? Je crois que oui.

On pourrait d'abord répéter les expériences de Budge

et de Kupressow, sur des, singes, et les résultats qu’on

obtiendrait seraient certainement plus rapprochés de ce qui se passe chez l’homme, que ceux obtenus chez des

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mammifères dont la conformation générale s'éloigne autant de celle de l’homme que celle des animaux mis en expérience.

Mais je pense que c’est surtout à la clinique qu'il est réservé de résoudre ce problème physiologique; c’est en observant et notant avec soin toutes les observations de lésions de la moelle dans son segment inférieur, en particulier celles dont le siège précis peut être déterminé exactement, soit pendant la vie, soit après la mort, comme les traumatismes : plaies de la moelle, compression par fracture, luxation ou tumeur, comme les hémorrhagies médullaires, etc.; c’est en mettant en regard les symptômes observés du côté de la miction, qu'on pourra fixer avec certitude, le siège du centre vésical et celui de son antagoniste, le centre du sphincter uréthral.

J’emploie ce mot, centre, parce qu’il est consacré par l'usage, mais je me permettrai de faire observer que tout phénomène réflexe exigeant l'intervention d’un petit groupe de cellules de la substance grise de la moelle où aboutissent les filets nerveux sensitifs, et d’où partent les filets moteurs destinés à compléter l’arc réflexe, il faudrait considérer l’axe gris de la moelle comme comprenant une multitude de centres superposés ou même juxtaposés, et correspondant à tous les actes réflexes si nombreux qui se passent dans l'organisme entier.

En dehors de ces centres dont l’étude m'a retenu un peu longtemps, ce que justifie leur importance, il me restera peu de chose à dire relativement à la moelle épinière. Je me contenterai d'indiquer que dans les coräons antérieurs se trouvent les conducteurs des incitations motrices venues des parties supérieures des centres nerveux à l’adresse de la vessie et de ses sphincters.

Ce fait qu’on aurait pu affirmer à priori, est mis hors de doute par les expériences de Budge (1).

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L'excitation des cordons antérieurs sur toute la hauteur de la moelle, donne lieu à des contractions vésicales moins prononcées cependant que si l'excitation porte au niveau du centre dit génito-spinal. La moelle étant sectionnée, l’excitation du bout inférieur ou périphérique des cordons antérieurs donne les mêmes résultats ; l'excitation du bout supérieur ou central ne produit aucun effet.

Quant aux impressions sensitives ayant leur point de départ à la muqueuse vésicale, on doit admettre qu’elles ne font pas exception à la loi générale, et qu’elles cheminent de bas en haut par l’axe gris de la moelle.

Le bulbe rachidien n’a pas seulement une influence sur la sécrétiun rénale ainsi que l’a prouvé Claude Bernard en produisant la glycosurie, la polyurie ou l’albuminurie, par la piqûre du plancher du 4° ventricule pratiquée sur la ligne médiane, entre les origines du nerf acoustique et pneumogastrique ; mais il possède aussi une action sur la miction. C’est principalement dans les corps restiformes que siège cette action, et Budge a observé des contractions de la vessie chaque fois qu'il excitait les corps restiformes, surtout à la partie externe, au voisinage du cervelet (1); il en était de même lorsque les réophores de la bobine d'induction étaient portés sur les pédoncules cérébraux.

On ne devra donc pas s'étonner de voir survenir des troubles de miction lorsqu'il existera une lésion du bulbe ou des pédoncules cérébraux.

Reste à voir l'influence des hémisphères cérébraux

(1) J. Budge. Ueber die Reizbarkeit der vorderen Ruckenmarksstränge, Pflugers Archiv für Physiologie, Bd II, p. 211,869.

1. Budge, Zeitschrift für rat. Heilkunde, Bd XXI, p. 3 und 174.

J. Budge. Comptes rendus Acad, Sciences, 21 septembre 1863.

(2) J. Budge. Eodem loco, Voir aussi Pflügers Archiv,fur Physiologie, 1869. |

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sur la miction. Les hémisphères ont un rèle évident : sans eux l’acte peut s’accomplir, et il est probable que chez la plupart des animaux il s’accomplit par la seule mise en jeu du réflexe médullaire, mais l'état de société le plus rudimentaire impose à l’homme l'intervention de la volonté. A l’état de fonctionnement normal du cerveau, voici donc comment les choses se passent .

La sensation de besoin, qui ainsi qu'on l'a vu (voir page 15), a son origine à la muqueuse vésicale, est perçue, c’est-à-dire enregistrée par le cerveau ; mais la volonté peut se montrer sourde à cette première invitation, la moelle seule répond en faisant contracter le sphincter vésical ; au bout d’un certain temps, une sensation plus vive arrive aux hémisphères, elle vient cette fois de la muqueuse prostatique ; si pour un motif quelconque nous refusons d'obéir à cette seconde injonction, alors la volition entre en jeu et com mande l’occlusion ‘forcée du sphincter de la région membraneuse de l’urèthre, déjà contracté par réflexe spinal.

Enfin, quand nous avons pris notre temps pour que la miction puisse s’accomplir de la façon qui nous semble préférable, l'ordre part du cerveau et la miction a lieu. Pendant la miction, la volonté peut encore intervenir pour précipiter ou, au contraire, modérer le jet d'urine, et, quand ily a un obstacle mécanique sur le trajet du canal urèthral, cet effort volontaire dû aux muscles abdominaux peut devenir considérable.

L'incitation motrice partie du cerveau n'a même pas besoin d’être éveillée par la perception de la sensation de besoin : nous pouvons, si nous le voulons, uriner, bien que nous n'en sentions pas la moindre envie.

Quel que soit d’ailleurs le moment où la volonté intervient, l’incitation venue du cerveau doit faire cesser la contraction réflexe des sphincters par un de ces phéno-

Geflrier. 5

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.mènes d’inhibition décrits par Brown Sequard, qui agit à distance sur le centre spinal de Kupressow.

On peut donc cunsidérer, dans le phénomène de Ja

miction, deux arcs nerveux : de l'arc spinal ou réflexe, ° l'arc cérébral ou volontaire,

L'arc spinal est formé par :

a) Les nerfs sensitifs de la vessie et de la muqueuse de l’urèthre postérieur.

b) Les centres spinaux de Budge (vésico-spinal) et de Kupressow (centre sphinctérien.) |

c) Les nerfs moteurs qui, de ces centres, vont au muscle vésical et aux sphinciers.

Quand une de ces trois portions de l’arc sera détruite ou sera le siège d’une lésion importante, la miction sera im possible ou anormale.

L’arc cerébral est formé par :

a). Les nerfs sensitifs de la vessie et de la muqueuse de l’urèthre postérieur.

b). Les cornes grises de la moelle, qui transmettent la sensation qui. arrive jusqu'au cerveau par les faisceaux sensitifs du mésocéphale.

} Les cellules des circonvolutions qui perçoivent la sensation et qui envoient l'incitation psychique de la volonté, probablement par l'intermédiaire des cellules ganglionnaires des hémisphères (corps opto-stries); cette incitation consciente influence l’ <xpen ton terminale des fibres pédonculaires de la même façon qu’une excitation électrique, chimique ou mécanique (Budge).

d) Les cordons antérieurs de la moelle.

e) Les nerfs moteurs de la vessie et des sphincters urinaires.

Les deux extrémités de cet arc, (a a) et (e ), sont les mêmes que pour l'arc spinal (rétlexe), par conséquent leur interruption empêchera en même temps la miction réflexe et la miction volontaire; mais si l’interr uption

de, l'arc cérébral a lieu plus haut, en (b) (c) (d), la miction volontaire sera supprimée, et cependant il persistera la miction réflexe, inconsciente. La vessie une fois remplie, se videra par une véritable miction, qui se reproduira un nombre variable de fois dans les vingtquatre heures, sans que le malade en ait conscience le moins du monde; il pourra, s’il n’a pas d'anesthésie cutanée, et si son état intellectuel le lui permet, constater qu'il s’est mouillé, mais il sera impuissant à empêcher la répétition de pareil accident; il est gâteux au sens clinique du mot.

J'aurai à revenir, dans le cours de ce travail, sur cette miction involontaire et inconsciente que je considère comme très fréquente, et qui est généralement confondue sous le nomd’incontinence, avec, des états fort différents, i |

Je dirai.de suite, pour n'avoir pas à y revenir, que ce que je viens de dire pour le réservoir urinaire s'applique aussi au réservoir des matières fécales, et que les deux choses marchent ordinairement de pair.

‘Je termine ce chapitre de physiologie en mentionnant un intéressant travail de MM. A. Mosso et P. Pellacani, publié en 4882 dans les Archives italiennes de biologie. Voici le résumé des conclusions auxquelles Les conduisent leurs expériences :

4° Une sensation tactile, un bruit insolite, une sensation douloureuse, une émotion quelconque, un travail intellectuel, donnent lieu à une contraction de la vessie; tout fait psychique, tout travail mental est toujours accompagné d’une contraction de la vessie.

2 Il y a des mouvements volontaires de la vessie, indépendamment de ceux qui sont dus aux muscles abdominaux; c'est donc une contraction consciente et volontaire d’un muscle lisse.

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3° La vessie ne perd pas tout son tonus par sa séparation avec la moelle,

4° Relativement à la tension vésicale :

La vessie jouit d'une élacticité assez complète.

Sous la même pression, la vessie peut tenir des quantités de liquide assez différentes.

__ Le besoin d’uriner se fait sentir toujours sous la même pression. |

Lorsque la vessie a été très distendue, elle ne revient pas de suite au volume primitif si l’on abaisse la pression, mais elle reste pendant un certain temps assez dilatée.

Je résumerai de même le résultat des recherches de M. P. Pellacani, à propos de l’action physiologique de quelques substances sur les muscles lisses de la vessie(1).

Le curare a une action directe sur le muscle lisse de la vessie. Il peut produire la miction par asphyxie; l’expulseur se contracte violemment et vainc la résistance du sphincter.

La strychnine agit par l'intermédiaire du système nerveux ; des expériences faites chez l’homme, il résulte que la strychnine augmente le tonus du sphincter et de l’expulseur ; lorsque de fortes contractions de l’expulseur se manifestent, la résistance du sphincter est vaincue.

D’autres agents ont une action sur la vessie par l’intermédiaire des vaisseaux.

Le seigle ergoté augmente ie tonus vésical (action plus marquée quand la moelle est intacte.)

Le nitrite d'amyle produit d’abord une forte contraction, puis un relâchement des fibres musculaires, se

(1) Paul Pellacani, Laboratoire de physiologie de l'université de Turin (résumé in Archiv. italiennes de biologie. — In extenso : Archivio per le scienze mediche, vol. V, n° 18).

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prolongeant. même après la cessation des inhalations, plus longtemps que le relâchement des vaisseaux (!)

La quinine cause une contraction des fibres lisses de la vessie, même quand la moelle lombaire est détruite.

La. nicotine. produit des contractions vésicales très légères.

Le chloroforme donne lieu à des contractions vésicales pendant la période d’excitation. Si la narcose est poussée plus loin, il y a une perte notable du tonus vésical.

S'il survient quelque modification de la respiration ou du pouls, la vessie répond par des contractions. Si le chloroforme est continué, la vessie se relâche de nouveau.

(El est facile de vérifier l'exactitude des faits avancés par M. Pellacani à propos du chloroforme, en observant ce qui se passe lorsqu'on fait la lithotritie pendant le sommeil chloroformique.)

L'effet du chlorai est semblable à celui du sommeil naturel :

Il y a d’abord une légère excitation réflexe de la vessie, puis une diminution lente et continue du tonus vésical jusqu’à élimination complète du médicament. L’action s'étend au sphincter qui perd de sa tonicité.

M. Pellacanifait observer que chez quelques animaux, le chloral et le chloroforme augmentent l’excitabilité de la moelle et par conséquent les réflexes de la vessie.

L’opium, la morphine produisent la rétention d’urine chez l’homme : dans des expériences faites sur des femmes, on a constaté qu’il se produisait un relâchement lent, progressif, durant autant que l'action hypnotique de l’opium; jamais de contractions spasmodiques.

L'alcool (1), après une courte période de relâchement,

(1) Peut-être conviendrait-il de tenir compte de l’action diurétique rapide de ces dernières substances (alcool, café, etc.). L’urine plus abondante excite davantage la vessie,

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donne ensuite progréssisement we anigmentation au tonus vésieal, surtout s'il y'a iVresse. sp egmatanol eulq | Le café à uné action sen +'mois beaucoup plus

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