‹ Étude sur les œuvres de PuzosChapitre 17 sur 33 · RÈGLES · texte numérisé non relu

RÈGLES

Ce que dit Puzos sur ce sujet n'est guère intéressant, il se borne à résumer l'opinion de ses contemporains. Inutile de dire que ceux-ci n'avaient pas la moindre idée des conceptions édifiées plus tard par Coste et par Léopold. Ils en étaient toujours soit à la théorie de la pléthore, soit à celle de la purgation des humeurs, débarrassée bien entendue des insanités que l'on retrouve dans Pline. Puzos assure « que tous les physiciens regardent aujourd'hui les règles comme le produit de la surabondance du sang dans les femmes. » Il fait à ce sujet la remarque suivante qui est vraie, dans un certain nombre de cas : « La première évacuation des règles est presque toujours précédée, dans les jeunes personnes, d'un écoulement en blanc qui semble préparer au sang la route qu'il doit tenir dans la suite. » Rejetant la théorie de la purge, il fallait bien cependant trouver une raison à l'apparition des menstrues, puisqu'on n'admettait pas que la nature pût agir sans dessein, et voici celle qu'on avait imaginée du temps de notre auteur : « Les preuves de la nécessité d'un écoulement habituel par la matrice se tirent de ce qu'on trouve toujours l'intérieur de cette partie

tue

mouillée et de ce que tous les viscères creux et destinés à quelque action sont continuellement humectés, tels que la vessie, l'intestin, l'estomac, la bouche, le nez. »

La théorie de la pléthore ne pouvait du reste déplaire à un siècle encore fanatique de la saignée et qui trouvait qu'on avait toujours trop de sang dans les veines. Puzos nous apprend qu'il avait principalement consulté sur ce sujet l'emménologie de Freind et les essais physiques de Heister.

Les idées que s'était faites notre auteur après ces lectures eurent cela de bon qu’il ne tomba pas dans les erreurs des anciens à propos de la suppression des règles : « Il est vrai que la suppression des règles « dérange considérablement Ja santé des femmes, mais « il ne faut pas en conclure que ce soit par le défaut « d’un écoulement d'humeurs dont le corps doive être « absolument délivré par cette voie. »

Les femmes qui se fatiguent beaucoup par le travail, les personnes épuisées par les hémorrhagies nasales ou traumatiques, les nourrices n'offrant pas de pléthore n’ont pas de menstrues et ne s'en portent pas plus mal pour cela. Aussi s'élève-t-il énergiquement contre ceux qui, dans les maladies chroniques, ramenaient à tout prix les règles, au risque d'abimer l'estomac et d'amener le dépérissement.

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