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è accouchement prématuré, circonstance où la portion cervicale est beaucoup plus rigide que d'habitude, la situation de l’accoucheur est loin d'être facile. Néanmoins il ne doit pas se laisser décourager et il introduira dans l'intérieur du col les doigts un à un, opérera la dilatation forcée de l'orifice, crèvera les membranes, et ira à la recherche des pieds, « un seul « suffit », dit Puzos (voir plus loin, version à un seul pied). L'enfant en passant à travers le col le dilatera suffisamment, chose qu'on n'avait pu obtenir tout d'abord avec la main. Pendant la manœuvre, il faut < donner à la malade des cuillerées de bouillon et du « vin d'Alicante, pour soutenir le peu de forces qui lui « restent; on lui présentera du vinaigre au nez, on « mettra dans ses mains des linges trempés dans la « même liqueur. » Mas pour que ce genre de traitement réussisse, il ne faut pas attendre que la malade devienne exsangue : « Je conclus de là qu'on ne sau- « rait trop tôt se déterminer à accoucher dans la perte « de sang considérable, pour peu que la nature se « déclare par des douleurs et un peu d'ouverture à la « matrice. » Comme on le voit, la méthode d'arrêter les hémorrhagies dues au décollement du placenta ne diffère pas beaucoup de celle préconisée plus tard par Simpson. Et il semble, d’après les auteurs contemporains, que la tentative de Puzos était accompagnée dans la pratique d'assez bons résultats.
… De l'accouchement auec. de violentes. convulsions:. — Il s'agit certainement de:l’éclampsie,, mais dont on
ignorait alors la nature, etqu'on avait même assez mal observée au point de vue symptomatique. On savait cependant que c'était un accident fort grave : « Il faut, « dit Puzos, tout mettre en œuvre pour la tirer d’un « grand danger, elle et son enfant. » Le péril était grand, surtout quand les convulsions sont vives, et « si la malade tombe dans l’assoupissement sitôt « qu'elles sont finies. » Ce qui montre bien qu'il s'agit de l’eclampsie, c'est que Puzos reconnaît que les femmes écument de la bouche. La saignée réapparaît comme d'habitude, et il faut dire qu'ici elle pouvait rendre des services véritables en soustrayant immédiatement de la masse sanguine une quantité considérable des poisons qui produisenl les convulsions urémiques. Mais les clystères, « composés avec le lénitif, « le diaphénic dans une forte infusion de feuilles d’ar- « moises et de matricaires » ne valaient certes pas notre lavement actuel au chloral. Mais Puzos, à l'exemple de Mauriceau, de Deventer, de Mauquest de la Motte, dit qu'il est bon de terminer l'accouchement le plus rapidement possible. Notre auteur connaît aussi les signes précurseurs de l’éclampsie : qu'on en juge plutôt. « L’accoucheur doit se rendre très attentif aux . € premiers signes qui annoncent les convulsions, car « il arrive quelquefois que dans un travail accompagné « des dispositions les plus favorables, une femme se « plaint tout à coup d'éblouissements, de pesanteurs « Sur le devant ou le derrière de la tête, de maux de « cœur et de perte subite de la vue, tous signes qui « annoncent une convulsion très prochaine. »
CHUTE DU CORDON. — Quand la tête n'est pas encore engagce, Puzos recommande la version, pour éviter linterruption de la circulation. Mais si l'extrémité céphalique a déjà pénétré dans l'excavation, il est inutile d'aller à la recherche des pieds. « Quiconque « voudrait tâcher d'y parvenir épuiserait bientôt « toutes ses forces et fatiguerait horriblement la mère, « Sans aucun fruit... »
On ne doit songer alors qu'à « porter de l’eau sur « la tête de l'enfant pour le baptiser, après quoi on le « laisse venir naturellement, en l'abandonnant. »
Puzos, s'occupant ensuite des causes qui retardent ou empêchent le travail, dit que la dégénérescence squirrheuse du col empêche celui-ci de se dilater ; d'autre part, dans les cas d'hydropisie de la matrice, celle-ci est si mince et si distendue que le travail est interminable. Dans un cas pareil, l'accouchement ne voulant pas se faire et l’orifice restant depuis deux jours au même état, notre auteur se décida à faire la version et eut le bonheur d'amener au monde un enfant vivant.
Quant aux mauvaises positions de l'enfant, « n'ayant « qu'une indication curative, qui est l'accouchement «-par art, elles n’ont aussi qu'une seule méthode pour « les terminer. Elle consiste à introduire une main « dans la matrice, à y chercher les pieds de l'enfant « et a le tirer ‘de cette façon. »
Le paragraphe qu'il leur consacre (est-ce re ou
son éditeur) est très court : « L'enfant est communé-
« ment dit se présenter contre l'ordre naturel quand le « col, la poitrine, le ventre, l'une ou l'autre épaule, Wagner. Lai
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« l'une ou l’autre main ou toutes les deux, le dos, le « bas des reins, les fesses, une jambe ou toutes les « deux se font sentir à l'orifice de la matrice entr'ou- « vert par les premières douleurs. Toutes ces attitudes « empêchent l'enfant d'enfiler la route ordinaire et « obligent de lui donner du secours, pour le tirer « d'un péril extrême et la mère d’une mort certaine. « Le secours à la réputation d'être cruel, à cause des « violences souvent effroyables qu'on a souvent été « obligé d'employer pour terminer des accouchements « pour lesquels on avait été appelé trop tard. »
C'est que la version n'est facile qu'à une condition, « 1l faut qu'il (laccoucheur) ait eu l'attention de ne « travailler qu'à la faveur des eaux, c'est-à-dire quand « elles sortent ou peu après leur écoulement. » Les accouchements laborieux sont rares, du reste, chez les femmes à leur aise, qui font appeler à temps l'homme de l’art.
« Au contraire, chez la plupart des pauvres femmes, « la mauvaise situation de l'enfant n'est connue que quand les eaux ont percé et que souvent elles ont « entrainé avec elles le cordon ou quelque membre de « l'enfant, ce qui augmente les difficultés. » A cela s'ajoute la maladresse fréquente des sages-femmes peu instruites qu'on a appelées, etc. Inutile de repousser le bras en procidence, puisqu'il ne gêne pas trop l'introduction de la main de l'accoucheur.
INERTIE UTÉRINE. — Puzos l'attribue à différentes causes, par exemple, à la pléthore, et alors la saignée fait
disparaître l'obstacle, à la fatigue extrème et à l’épuisement : dans ce cas, on fera coucher la femme commodément en lui défendant de faire aucun effort et on tâchera de relever les forces par une bonne nourriture, lesommeil, quelques cordiaux, tels que le vin d’Alicante, etc. La rupture prématurée de la poche des eaux affaiblit également le travail, parfois aussi les cas d’hydramnios. Alors, il est bon de perforer la poche des eaux et de hâter ainsi l'apparition des douleurs qui se renforcent notablement à mesure que l'utérus revient sur luimême.
ARRET DE LA TÉTE AU PÉRINÉE. — (Cet accident, si facilement surmonté aujourd'hui par une simple application de forceps, occasionnait bien des ennuis aux accoucheurs du temps de Puzos, parce qu'ils ne se servaient pas encore de cet instrument. « Il arrive « encore quelquefois que cet accouchement qui avait d’a- « bord paru naturel, étant accompagné des meilleures « dispositions qu'on puisse souhaiter, devientcependant « contre nature. L'enfant se présente bien ; il est chassé « par des douleurs périodiques ; les eaux sont bien «. formées et tendent les membranes qui les contiennent, « et l'orifice est ouvert proportionnellement aux dou- « leurs; en sorte que toutes les circonstances étant favo- « rables et promettant uneheureuse terminaison, l'enfant « s’avance jusqu'au couronnement, quelquefois même « en deçà ; puis il se trouve arrêté et embarrassé, de « façon que, ni la continuation des douleurs ni l'écou- « lement des eaux, ni les efforts violents de la mère
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RPC « ne peuvent l'ébranler; non plus que plusieurs « moyens, qui sont très propres dans d’autres cas à « provoquer l'accouchèment, mais qui sont tout à fait « insuffisants dans celui-ci. Ces moyens sont la « saignéc, les lavements de toute espèce, les fumiga- « tions, les situations les plus capables de favoriser la « sortie de l'enfant. Un et même deux jours se passent « dans l'usage de ces moyens, aidés des efforts que la « mère fait de temps en temps, sans que les choses « avancent : au contraire, les difficultés paraissent « augmenter et l'enfant s'enclave davantage. Ainsi. « un accouchement qui avait commencé sous les plus « heureux auspices, devient le plus terrible et le plus « laborieux de tous les accouchements contre nature. » Puzos explique quelques pages plus loin la conduite à tenir.
VERSION. — La version podalique, qui était pour les accoucheurs du temps de Puzos la seule façon de se tirer d'affaire quand l'enfant se présentait mal, est bien décrite par notre auteur, mais ce qu'il en dit ne mérite de nous arrêter que sur deux points : 1° sur la manière d'exécuter la version avec un seul pied; 2° sur la réfutation qu'il fait d'une assertion de Deventer. Comme nous l'avons dit plus haut dans notre introduction générale, nous n'avons voulu insister que sur les particularités du Trailé des Accouchements de Puzos, laissant de côté tout ce qui n'offre rien d'original. Voici ce qu'il dit sur le premier point : « Il n'est « pas non plus nécessaire de se rendre maitre des deux
pieds pour faire mieux et plus promptement l'accouchement, ils sont plutôt capables d'embarrasser dans le trajet du fond de la matrice au col et d'échapper l'un et l'autre; ainsi il est plus sûr de s'en tenir à
l'un des deux, puisque celui qu'on tire fait toujours
suivre l'autre de quelque façon que ce soit et qu'il fuit moins quando n l'a une fois bien empoigné.…. Si le second pied s'approche alors du vagin on le saisira avec les doigts sans y entrer toute la main et on le joindra à l'autre pour les tirer également. S'il reste au contraire replié en dedans sur le ventre de l'enfant, il faut l'y laisser plutôt que de l'aller chercher. Par cette pratique, on épargne à la mère de nouvelles douleurs, et on se met en état de tirer parti de cette situation : Car lorsqu'il y a une extrémité aussi refermée, il se forme à l'aine un repli, qu'on peut accrocher avec un ou deux doigts, et on fait par ce moyen une extension d'autant plus favorable, qu’elle est très près des fesses et qu'elle doit mieux les faire approcher du passage, que lorsque l'extension se fait de plus loin, c'est-à-dire sur les deux jambes. Nous avons encore remarqué que la cuisse et la jambe ainsi repliées sur le ventre augmentent le volume des fesses, et qu'elles dilatent par conséquent l'orifice de la matrice et le passage, au point de laisser passer, sans risque, la tête de l'enfant, qui souvent, surtout aux premières couches, ne traverse pas ces parties sans de grandes difficultés. »
Puzos disait dans ses cours de Saint-Côme qu'il tenait cette méthode de son maitre Clément.
Dans le deuxième point, où Puzos conclut contre
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Deventer qu'il n'est pas bon de ne point dégager les bras, lorsque ceux-ci sont relevés le long de la tête :
Pour ne pas tomber dans l'inconvénient de séparer la tête d'avec le corps dans des travaux de cette nature, le fameux docteur Deventer conseille de laisser les bras de l'enfant dans la matrice, parce que pour l'ordinaire, dit-il, ils se trouvent dressés le long des côtés de la tête. Or, dans cette situation, ils sont une suite presque égale du corps à la tête, et empêchent l'orifice de s'adapter au col. Il est certain que si on était toujours sûr des proportions du passage à celles des parties qui doivent passer, les enfants courraient moins risque de cette façon ; mais comme l'expérience a souvent fait connaître qu'une ligne de volume de plus rend quelquefois, les accouchements d'une difficulté presque insurmontable, on se flatte qu'en débarrassant les bras des côtés de la tête, on gagne six à sept lignes d'obstacles en épaisseur dans un endroit dont on ne peut jamais savoir la juste étendue, non plus que le volume exact de la tête qui doit le traverser, Rien ne varie tant, comme l'on sait, que le volume des têtes ; il varie même dans les mêmes femmes. »
Mais bien que très habile à faire la version, ainsi
qu'en témoignent tous les contemporains, Puzos n'était point un fanatique de cette manœuvre obstétricale et fort souvent il s'était dit, comme bien de nos maitres, en pareille occasion, qu'il ne se donnerait point tant de mal s'il savait que l'enfant était mort. « L'accou-
cheur s'épargnerait bien des peines, et à la mère
ME Apr aussi, s'il était assuré de la mort de l'enfant. Les signes qui l’annoncent sont la mortification du bras
passé, la cessation du battement des artères, l'odeur
infecte que la matrice exhale; quand tous ces signes se rencontrent, l’accoucheur, avant de faire aucune tentative pour entrer dans la matrice, peut séparer le bras de l'enfaut, ce qui se fait très facilement en le tournant du côté où il résiste, etc. » « |
Si ces signes sont équivoques, Puzos conseille
d'avoir l'enfant entier.
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CHAPTPREMNII