‹ Étude sur les œuvres de PuzosChapitre 3 sur 33 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Puzos, un des plus célèbres et des meilleurs accoucheurs du XVIr siècle, a cruellement éprouvé l'ingratitude de la postérité, qui ne se souvient que des génies de tout premier ordre.

Les noms de Mauriceau et de Levret sont restés, el tout le monde reconnait les services immenses qu'ils ont rendus à l'obstétrique; mais la renommée de Puzos, comme celle de Mauquest de la Motte, de Dionis et même d'Anloine Peltil, tend de plus en plus à s'effacer et à S'éleindre.

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Si beaucoup d'accoucheurs S'en souviennent encore, assez vaguement du reste, c'est à une idée fausse, à la célèbre théorie de la métastase laiteuse qu'il le doit. Cette conception erronée, qui seule l'a arraché à l'oubli, est bien propre à le déconsidérer aux yeux de ceux qui ne se rappellent plus que celle erreur a été rachetée par la conception générale qu'il a su se faire de la fièvre puerpérale, par une descriplion des symplômes, excellente pour l'époque, et par des recherches anatomiques bien propres à montrer la gravilé du mal.

D'ailleurs Puzos est encore recommandable à bien des égards. Un des premiers, il s'est occupé des périls que faisait courir.à la femme la mauvaise conformation du pelvis, et il a bien étudié apres Deventer le bassin plat. Il a tiré un remarquable parti pour le diagnostic de la grossesse du toucher bimanuel. Il a reconnu qu'au troisième mois l'utérus élait déjà notablement au-dessus de la symphyse pubienne.

Bien qu'il n'ait pas entrevu la véritable cause des hémorrhagies qui accompagnent le décollement du placenta pendant la grossesse, il a le premier institué

“un traitement rationnel de ce genre d'accident. Son Trailé des Accouchements est plein de vues exactes et profondes, qui réservent au lecteur atientif et patient les surprises les plus agréables. Ainsi on le voit combattre l'assertion de Deventler, que le placenta s'insère toujours au fond de l'utérus. Cet homme, si plein de respect et de vénération pour les grands noms de l'obstétrique, n'hésite pas à condamner l'intervention

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trop hâtive dans la délivrance, bien que cette pratique, encore générale, surloul à l'étranger, ail lé suivie par Mauriceæu et son maître Clément.

Nous avions commencé l'étude de son Traité des Accouchements sur les instances réilérées de M. de Tornéry, très compétent en pareilles matières, et qui va bientôt faire paraître un ouvrage « sur l'Anatomie, la Chirurgie et les Accouchements en France, depuis la Renaissance jusqu'à l'Académie de Chirurgie ». Notre ami se désolait de ne pouvoir rendre lui-même à Puzos toute la justice qui lui est due, occupé qu'il était par d'autres travaux.

Il nous promil son concours efficace. ainsi que les noles qu'il avait réunies sur ce sujet. Il voulut bien nous mettre « au point », Suivant l'expression technique d'usage en paretlle circonstance.

Ses entreliens et les nombreux renseignements bibliographiques qu'il nous a fournis nous ont évité bien des tâtonnementis et bien des perles de temps. M. le professeur Laboulbène, si bienveillant pour les jeunes et si désireux d'exhumer les titres de gloire de la vieille médecine française, a bien voulu nous prêter son appui avec une bonne grâce charmante.

Îl nous a encouragé dans notre modeste lentative, ainsi que notre maître, M. le professeur Pinard, qui s'est toujours montré si aimable et si indulgent envers nous pendant la durée de nos études médicales. Nous avons lâché de justifier leur accueil, en faisant toutes les recherches que notre étude comportait. Nous avons passé de longs mois à la Bibliothèque de l'École de

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