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que Deventer était celui qui les avait étudiés pour la première fois. On n'en trouve pas trace dans son ouvrage, ainsi que nous avons pu le constater nousmême. On exagérait fort l’écartement des symphyses pubiennes reconnu par Pineau en 1599. Les axes entrevus par Deventer étaient mal étudiés. Quant aux déformations du bassin, on les trouve mentionnées dans certaines observations de Mauriceau, dans des recueils de faits curieux, dans certains traités qui s'occupent de l'opération césarienne, mais Deventer a été le premier à étudier systématiquement les bassins viciés, et sa description assez confuse ne vaut pas celle de Puzos. |
La connaissance des parties molles est assez parfaite, grâce à Vésale, Aranzi, Fallope, Colombus, Pineau, Plazzoni, Harvey, von Hoorne, et surtout Graaf, mais néanmoins tout cela est encore bien incomplet, même
au point de vue macroscopique (1).
L'embryologie est tellement ignorée, qu'Antoine Petit croira devoir faire paraître une nouvelle édition du ridicule traité de Licéti 2). Les enveloppes de l'œuf, en dehors de l’amnios et du chorion, sont encore fort mal connues, puisque la théorie qui a expliqué pour la première fois la formation de la caduque utérine et ovulaire date seulement de Hunter.
Le placenta est assez bien étudié. Les idées d’Aranzi
(1) Voir la thèse de M. Peillon, inspirée et dirigée par M. de Tornéry, qui dans un résumé annexé à ce travail a exposé les découvertes de ces grands hommes.
(2) Voir note n° 5.
HS VUS D
l'ont emporté définitivement sur celles de Galien, mais la plupart, comme Deventer, soutiennent faussement qu'il s'insère toujours au fond de l'utérus. Inutile de dire que ses fonctions et sa structure sont fort mal entrevues, car on ignore le lac sanguin et la villosité choriale.
Les situations du fœtus dans l'œuf, pendant la gestation, soulèvent des discussions interminables, malgré que la plupart admettent la théorie de la culbute. Ainsi Mauquest de la Motte veut que le fœtus se place n’importe comment, et que sa situation soit essentiellement instable et variable pendant toute la grossesse.
Les signes de celle-ci se réduisent, sauf les mouvements actifs du fœtus, aux symptômes rationnels, c'està-dire à ceux fournis par la mère. Le diagnostic est encore bien incertain; les modifications du col sont si mal entrevues, que certains, à ce que rapporte Puzos, croient que le col s'indure comme dans le cas de squirrhe; cependant Puzos sait que le col se modifie et s’efface, bien qu'il fasse rêémonter cet efïacement beaucoup trop haut.
Notre auteur, après Mauriceau, s'est servi de ces modifications du col pour expliquer la venue du travail à une époque fixe. On était encore si peu avancé sur le mécanisme du travail que beaucoup tenaient encore pour les idées d'Hippocrate, c'est-à-dire pour l'intervention active du fœtus, ne se souvenant plus que Galien attribuait l’expulsion aux seuls efforts de l'utérus, en en donnant comme raison les cas dans
Wagner. 3
lesquels la matrice se débarrasse d’un fœtus macéré (sanguinolentus). On répondait à cette objection fondamentale que le fœtus descendait alors par son propre poids, et Puzos croit devoir encore tenir compte de ce ridicule facteur étiologique.
Les temps sont totalement ignorés et, du reste, on sait que leur découverte est due à Solayrac, le maître de Baudelocque. On entrevoit bien une partie des phénomènes qui se passent pendant le travail, mais d'une façon obscure et confuse. Cependant, en lisant Puzos, on trouve en germe la distinction du travail en deux temps : 1° la dilatation du col; 2° l'expulsion et, à propos de cette, dernière, notre auteur fait remarquer qu'elle peut être fort courte, comparativement au temps que demande la dilatation du col.
Les présentations sont multiples au delà de tout besoin et sans ordre. On a des présentations des oreilles, des pieds; des genoux, du ventre, du dos, de la nuque, etc. Quant aux positions, on se borne à reconnaitre que dans les présentations de la tête (sommet), la face peut regarder du côté du sacrum ou en avant.
Lorsqu'elle est antérieure, on peut voir survenir des accidents graves, dont on n'entrevoit pas du reste la cause, c'est-à-dire la non-rotation de l'occiput en avant, mais qui suffisent pour faire regarder l'accouchement comme « contre-nature ». Tout accouchement autre que par le sommet rentrait du reste dans cette catégorie. Deventer avait commencé à réagir contre cette tendance, dont Mauquest de la Motte se moque,
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en montrant que l'accouchement par les pieds, que l'on termine d'ordinaire si aisément et si rapidement, vaut cent fois mieux que certains accouchements par le sommet réputés normaux. Contre fes accidents nombreux qui peuvent surgir pendant le travail (convulsions de la mère, hémorrhagies abondantes, procidence du cordon ou des membres, etc.), on n’a guère encore que la version, dont les praticiens d’alors abusaient singulièrement, surtout Mauquest de la Motte.
Il faut dire, à leur décharge, que le forceps, inventé au xvu° siècle par un des Chamberlen, puis vendu en Hollande à Ruysch et à Roenhuysen, qui tinrent l'invention secrète ; reconstitué, mais fort mal, par Palfyn, qui avait eu vent de la chose, mais sans voir l'instrument, puis décrit en 1732 par Chamberlen qu'on prit en France pour le véritable inventeur, le forceps, formé de deux branches grossières simulant une sorte de ciseau, n'était recourbé que suivant ses faces, afin | de pouvoir mieux embrasser la tête du fœtus. [1 lui manquait encore la courbure suivant les bords, qui seule permet les applications au détroit supérieur, puisque sans elle on ne peut tirer dans l'axe, c'est-àdire de haut en bas et d'avant en arrière. Dès lors, les applications du forceps étaient singulièrement limitées. D'ailleurs, même dans ces bornes étroites, on ne s’en servait pas, du moins en France, pour les raisons énumérées plus haut.
L'embryotomie était faite avec une barbarie et une maladresse dont on n’a pas d'idée à l'heure actuelle.
mer En fait d'embryotomes, on en était réduit aux couteaux et aux crochets; l'on se servait de ces derniers pour arracher le front (défrontation) ou n'importe quel autre os de la téte*du fœtus, et cela presque toujours d'une manière très dangereuse pour la mère, puisque l'on ne connaissait pas encore les broyeurs, le céphalotribe n'ayant été inventé qu'en 1823 par Baudelocque jeune.
On coupait couramment les bras en procidence dans les présentations du tronc, croyant ainsi faciliter la vérsion. Un accoucheur amputa ainsi successivement les deux bras et une jambe, qui avaient fait hernie dans le vagin par suite de ses manœuvres maladroites. ,
La version étant faite à tort et à travers. les ruptures utérines, encore fort mal connues du reste du temps de Puzos, devaient être plus fréquentes que de nos jours.
Réduits ainsi en grande partie a l'expectation, car l'opération césarienne donnait une mortalité si formidable qu'elle effrayait les plus hardis (1), les accoucheurs de ce temps laissaient tranquillement mourir leurs malades quand ils jugeaient l'intervention trop dangereuse, ainsi qu'on le voit dans plusieurs observations de Mauriceau. Par contre, ainsi que nous l'avons dit plus haut, ils se montraient beaucoup trop actifs pendant la délivrance.
Le manque de mesures antiseptiques, l'insuffisance de l’art, devaient rendre, surtout à Paris, les épidémies de fièvre puerpérale meurtrières. Puzos eut tout le
(rx) Voir note no 6.
Gp |
Eu. 4 Res loisir de l’étudier, ét à la théorie ancienne de la rétention des lochies, nous lui verrons substituer celle de la métastase laiteuse, qui avait déjà été esquissée en partie, il est vrai, par Mercurialis et par Sennert, et dont on trouve des traces dans la collection hippocratique. Inutile de dire que le traitement dirigé contre la septicémie puerpérale était non seulement insuffisant, mais nuisible.
Comme on le voit, le tableau de l’obstétrique dans la première moitié du xvin* siècle n’est pas brillant, et, cependant, depuis Ambroise Paré, et surtout depuis Mauriceau, des progrès notables avaient été accomplis, dont la simple énumération suivante montrera toute l'importance : la version podalique avait été remise en honneur et très perfectionnée; les avortements et leurs conséquences étaient, sérieusement entrevus; on savait mieux se comporter dans les cas de grossesse gémellaire ; la grossesse extra-utérine ‘était connue, du moins à l'état de curiosité; le travail, les présentations et les anomalies du travail étaient bien mieux étudiés, et, depuis Deventer, on commençait à décrire les bassins viciés.
Du reste, pour mieux faire comprendre le traité des accouchements de Puzos et établir des points de comparaison exacts entre lui et ses devanciers, nous allons analyser brièvement les ouvrages de ce genre les plus célèbres qui parurent après la publication de celui de Mauriceau et de Peu ; ceux-ci sont au nombre de trois; le traité de Dionis, le traité de Deventer, le plus important de tous, et enfin le traité de Mauquest
— #4 — de la Motte, fait sans beaucoup d’ordre, renfermant beaucoup de choses contestables ou même mauvaises, mais plein d'idées originales et contenant, comme celui de Mauriceau, un très grand nombre d'observations, dont la plupart fort intéressantes, ce qui lui donne une valeur clinique considérable.
OUvRAGE DE DIONIS
Le Traité d'Accouchements de Dionis offre les mérites et les défauts de son Anatomie et de son Cours de Chirurgie.
Excellent professeur, il expose son sujet avec beaucoup d'ordre et de méthode; son style est clair et élégant. Même aujourd'hui, on peut le lire avec plaisir, bien différent en cela de Portal et de La Motte qui fatiguent rapidement. Esprit lucide, il s'assimile merveilleusement les idées et les découvertes des autres. Il choisit du reste avec discernement, et parmi les théories régnantes, il sait bien prendre la meilleure, au moins le plus souvent.
Calme et réfléchi, il répugne aux tentatives aventureuses et son cœur tendre se révolte contre les opérations cruelles dont l'obstétrique de son temps était coutumière. Mais, par contre, il est atteint d’un vice capital, il manque d'originalité. Il établit très exactement l'état de la science telle qu'elle existait de son temps, mais il est incapable de concevoir les idées
originales qui compensent amplement les défauts de Mauriceau et même de Mauquest de la Motte. Entrons maintenant dans quelques détails.
Sa description du bassin ne renferme aucune allusion spéciale aux pelvis viciés dont il ne parlera que d’une façon très incidente à propos de certains accouchements difficiles et de l'opération césarienne; cependant il indique assez bien les caractères différentiels du bassin de l'homme et du bassin de la femme. Les parties molles sont bien décrites, d'après Graaf, dont Dionis avait embrassé les idées sur la génération. Nous avons notamment à signaler ce qu'il dit sur le col de l'utérus : « Le conduit qui est depuis l'orifice interne jusqu'à la « principale cavité de la matrice qui est le vagin, est « de la longueur d'un pouce environ. Il est assez large « pour laisser entrer une plume d'oie; sa cavité est « inégale et ridée. Le col, aussi bien que l'orifice « interne, se ferme après la conception et demeure « fermé pendant tout le temps de la grossesse. » Après Vésale et quelques anatomistes, Dionis signale une membrane interne nerveuse qui correspond assez bien à notre muqueuse. Contrairement à Mauquest de la Motte et à Deventer, il croit comme Mauriceau que les parois de l'utérus diminuent d'épaisseur pendant la grossesse. Il admet que l'enfant pelotonné en forme de boule est d'abord la tête en haut, mais qu'il fait une culbute qui ramène les pieds vers l'épigastre à la fin de l’état gravide.
Les accouchements sont divisés comme d'habitude en: