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glycémie et ne s’en détache qué lorsqu'elle devient consi-. dérable.
Donc, le plus habituellement, la valeur du seuil et la valeur de la glycémie restent proches; leurs variations s'effectuent dans un même sens et se suivent tant qu’elles ne dépassent pas certaines limites. Mais seuil et glycémie ne restent pas toujours forcément unis. Leur indépendance se manifeste dans le diabète rénàl et dans le diabète phloridzique qui en est la réalisation expérimentale. J1 n’existe alors ni trouble du métabolisme des hydrates de carbone ni hyperglycémie et seul, ün abaissement du seuil est la cause de la glycosurie.
II faut, en résumé, retenir cette notion de mobilité du seuil; c’est grâce à celle-ci que le rein peut exercer sur la glycémie une action dont le sens et l’intensité demeurent variables. |
Nous n’avons considéré Jusqu’ici que le taux de sucre sanguin au-dessus duquel s’effectuait l’élimination du glucose, mais nous n’avons pas envisagé les lois qui président à cette sécrétion. Le rein ne joue pas, vis-à-vis du glucose en excès sur le seuil, le rôle d’une membrane inerte: il sécrète, donc il concentre et le sucre est éliminé suivant les lois numériques de la concentration (Ambard) (1). La valeur de la constante sécrétoire intervient done; c’est elle qui règle la sécrétion ‘du glucose en excès sur le seuil et de celui-là seul. Une mauvaise constante est done susceptible de réduire une glycosurie et elle retentit, par suite, sur la glycémie qu’elle maintient aimsi à un taux élevé. |
La valeur fonctionnelle du rein constitue par conséquent un facteur, dont le rôle, dans les variations de la glycémie, ne peut être négligé. : | |
(1) C’est cette notion déjà connue, qu’un des derniers articles de Chabanier (Presse Méd., 30 Juin 1926) ne fait que confirmer,
LA GLYCEMIE DANS LES NEPHRITES x Î
- Connaïssant les possibilités d’action du rein sur la glvcémie et sachant quels sont les moyens dont il dispose pour intervenir dans le mécanisme glyco-régulateur, il est intéressant. d'étudier dans quel sens se manifeste l'influence rénale, lorsque l’activité fonctionnelle de cet organe se trouve diminuée. .
À priori, il semble difficile d’admettre que sa déficience, même si elle entraîne des modifications du seuil ou de la
Constante, puisse faire varier une glycémie primitive-
ment normale (1), à moins, toutefois, qu’il ne se produise un abaissement du seuil (2). Mais lorsqu'on constate, au cours des néphrites, une modification de la perméabilité
(1) Nous pensons, en effet, que la glycémie physiologique doit être considérée comme étant inférieure au seuil.
(2) Cette éventualité, signalée par Naunyn, Klemperer, Luthge, Roque, Chalier, Roger et enfin Martel Labbé (Le Diabète rénal, Paris Méd., 3 mai 1924, t. 141, p, 417-423) paraît être exceptionnelle. L’abaissement du seuil que l’on peut alors observer n’est d’ailleurs pas suffisant pour entraîner une baisse de la glycémie. Seule, une observation de Roger (La glycosurie dans les néphrites, Bull. et Mém. Soc. Méd. Hôp. Paris, 25 mai 1917, t. xI1, p. 723-726) mentionne une glycémie de 0 gr. 71. Dans ces conditions, l’éventualité que nous avons cru, malgré sa rareté, devoir signaler, ne saurait nous retenir, puisqu'elle ne comporte (c’est le seul point qui nous intéresse) aucune modification du taux de la glycémie.
PECAS LR
rénale au glucose, il s’agit à peu près toujours, ainsi que. le reconnaît Marcel Labbé, d’une diminution de cette perméabilité, c’est-à-dire d’une élévation du seuil. Dans ces
conditions, la glycémie qui lui était déjà inférieure au
moment où il gardait sa valeur normale, ne saurait subir
l’influence de son élévation éventuelle. De même, la cons-
tante sécrétoire qui n'intervient que dans la limite de l” «excès sur le seuil », ne peut, par ses modifications,
agir sur une glycémie normale et inférieure au seuil.
En un mot, pour que la glycémie fût accessible à une influence rénale pathologique, se manifestant par ces deux seuls moyens d’action: modifications du seuil et de la constante, il faudrait qu’elle commençât par excéder le seuil. C’est ce qui se produit, en particulier, dans le diabète, où la signification de la glycémie est difficile à préciser, puisque ses modifications sont l'expression de l’action combinée ou divergente de trois éléments variables et indépendants : trouble initial du métabolisme, seuil et constante sécrétoire.
L'existence simultanée d’un diabète et d’une néphrite, leur influence réciproque, susceptible soit de provoquer l’apparition d’une de ces deux affections, si toutefois elles ne sont pas contemporaines, soit d'imprimer à leur évolution parallèle des modalités particulières, sont autant. d’éventualités cliniques bien connues et bien étudiées ; aussi n’AVONs-NOUS pas l’intention d’envisager ces faits, depuis longtemps classés, qui ne feraient qu'élargir, sans beaucoup de profit, le cadre de notre travail. Eliminant, par conséquent, le diabète ainsi que toute hypeïglycémie antérieure à l’altération rénale, nous restreindrons notre étude à la question de savoir si, en dépit des réserves théoriques, que nous formulions tout à l’heure, l’évolution d’une néphrite est susceptible d'intervenir dans le jeu normal