‹ Étude Sur Les Variations De La Glycémie Au Cours Des NéphritesChapitre 7 sur 23 · FOR · texte numérisé non relu

FOR

Lun ee

Ne

NE

\ bis Qt

US

du système glyco-régulateur, et dans quel sens se manifeste

cette intervention.

Plusieurs auteurs allemands, et en particulier Neubauer (1910), ont été des premiers à envisager cette question; leurs recherches, relativement récentes (Hirsch, 1916; Kahler, 1922), ont été confirmées par celles des auteurs

‘américains (Hopkins, Bailey, Myers et Bailey, Hamman

et Hirschman, Wiliams et Humphreys) qui ont constaté, avec une assez grande fréquence, l’existence d’une hyperglycémie modérée chez les sujets atteints d'insuffisance rénale.

En France, les résultats des premières recherches concernant cette question ont été communiqués en 1920 à la Société de Biologie par Grigaut, Brodin et Rouzaud, qui considèrent que chez les néphritiques l’hyper elycémie est la règle. Rathery, la même année, dans la thèse de Devauchelle, fit connaître le résultat de ses premiers dosages et, en 1921, au Congrès International d’Urologie, il apportait une nouvelle et plus large contribution à cette étude, qu'il. a d’ailleurs poursuivie avec Bierry et Bordet. Celui-ci, dans sa thèse à peu près exclusivement consacrée aux variations du sucre protéidique au cours des néphrites, conclut à la constance et à l’importançe de l’hyperprotéidoglycén:i ie: il n’attribue qu'une valeur tout à fait secondaire aux variations du sucre libre:

« L’hyperglycémie des néphrites chroniques ou aiguës est trop inconstante et le plus souvent trop légère pour que sa recherche puisse, actuellemnt du moins, être de quelque utilité pratique. [l en sera probablement ainsi tant que nous ne serons pas mieux renseignés sur son mode de production ».

Ces conclusions ne sauraient être considérées comme définitives; elles émanent en effet d’un travail qui s’est

MR e

trouvé, d’emblée, orienté vers des recherches d’un ordre

tout particulier et qui a été volontairement limité à

l’étude d’une forme spéciale de la glycémie.

On attribue-le plus souvent à l’hyperglycémie des néphritiques une fréquence fort variable” Neubauer n’en a constaté l’existence que dans huit cas sur dix-huit -malades. Les auteurs américains prétendent l’avoir plus souvent rencontrée. Elle s’observe surtout au cours des néphrites chroniques. Dans les processus aigus, elle peut apparaître et elle présente alors des taux quelquefois élevés mais instables; aussi cette évolution capricieuse et fugace l’empêche-t-elle de prendre, «en clinique, une signification précise et une valeur pratique. On considère,

comme pour les hyperazotémies d’ailleurs, que des dosages répétés et constants dans leurs résultats permettent seuls de formuler des conclusions valables. Ce sont là des conditions qui se trouvent réalisées chez les brightiques.

Chez eux, l’hyperglycémie, que l’on peut observer, apparaît, d’après les observations jusqu'ici publiées, eomme oscillant entre 1 gr. 20 et I gr. 50. Ces. chiffres, qui ne constituent qu’une moyenne, dénotent une indiscutable élévation sur le taux normal. Les plus fortes hyperglycémies s’observent en général chez les malades qui présentent en même temps une azotémie très élevée et les auteurs s’accordent à attribuer une signification particulièrement fâcheuse aux hyperglycémies voisines de 2 gr. coincidant avec de fortes uréoémies. :

Dans les néphrites peu graves, au contraire, Williams et Humphreys, dont l’opinion se fonde sur l’examen de cinquante malades, déclarent avoir trouvé des glycémies normales, et c’est seulement dans des périodes plus avancées de l’affection qu’ils ont vu s'élever le taux glycémique. : +3

A PNARNERETS

; | de

Aussi bien dans leurs observations que dans celles publiées par les autres auteurs, on ne signale, à aucun moment, l’apparition de sucre dans les urines; un seul

cas de glycosurie a été mentionné par Hamman et Hirsch-

man. Dans toutes les autres observations, l’absence de glycosurie s’explique par le taux même de la glycémie qui, malgré son élévation, reste bien souvent inférieure au seuil; lorsqu'elle le dépasse, il est vraisemblable, comme l’admet Baudouin, que le seuil s’est élevé à son tour. Tels sont les principaux caractères de l’hyperglycémie des néprithiques. Sa cause et son mode de production ont été discutés sans être élucidés. Ce problème pathogénique, que Bordet considère comme n’ayant pas une grande portée pratique, mérite cependant qu’on s’y arrête. Son étude,

‘surtout si elle est susceptible d'apporter dans cette ques- ‘tion quelques données nouvelles, aura toujours l’intérêt

de nous faire envisager, dans $a totalité, . sujet de notre travail. ;

Scbur et Wiesel (1), étudiant les néphrites hypertensives, avaient conelu à la fréquence de l’hyperadrénalinémie. C’est à la suite de ces recherches que certains auteurs allemands eurent la pensée qu'il était dès lors possible de révéler chez les néphritiques l’existence d’une hyperglycémie. On sait, en effet, quelle est l’action de l’adrénaline sur la

glycémie {épreuve de l’adrénaline) ; et ces déductions, toutes

théoriques, se trouvèrent confirmées par les faits. Le syn-

()Scaur (H.) und Wiesel (J.). — 1° Zur Frage drucksteigérnder Substanzen im Blute bei chronischer Nephritis. Deutsche Med. Wchnschr, Leipz. u. Berl., 1907, t. xxxmni, p. 2136; 2° Ueber eine der Adrenalinwirkung analoge Wirkung des Blutserums von nephritiker auf das Froschauge. Wien. Klin. Wechnschr., POOTATRS END: 609%

oies

. drome qui. se dégageait ainsi progressivement ne manquait pas d’un grand intérêt théorique. En effet, la coexistence, au cours d’une néphrite chronique, de ces différents éléments: hyperadrénalinémie, hypertension, hyperglycémie et la filiation qu’il semblait justifié d'établir aussitôt entre eux, étaient éminemment suggestives. N’était-ce pas une forte présomption en faveur de la réalité du rôle que Vaquez attribue à l’hyperfonctionnement des surrénales, au cours des néphrites? Neubauer, Nishi, Isaac, Stlling, Hagelberg et Farany ne considérèrent l’hyperglycémie des brightiques que de ce point de vue et recherchèrent si son évolution n’était pas parallèle à celle de l’hypertension. Mais Janeway, Geyelin et Frank critiquèrent leurs conclusions ; les deux phénomènes envisagés leur paraissaient subir des fluctuations de sens différent et marquaient ainsi leur indépendance. Pour Janeway, en particulier, l’hyperglycémie des brightiques, & dont l’acmé coïncide habituellement avec la phase ultime des néphrites et par conséquent avec la chute terminale de la tension artérielle )), doit logiquement être considérée comme la conséquence directe ou indirecte de l’insuffisance rénale. Devauchelle, dans sa thèse (Glycémie et hypertension artérielle), abou-

tit aux conclusions suivantes :

1° Fréquence de l’hyperglycémie sans glycosuirie appréciable par les méthodes cliniques, au cours des néphrites chroniques. | 2° Manque de proportionnalité constante entre l’hyper-

tension et l’hyperglycémie.

Labbé et Denovyelle, dans une communication récente (mai 1925), déclarent, après l’exposé de leurs recherches personnelles, ne pas croire à l’origine commune, hyperépinéphrique, de l’hyperglvcémie et de l’hypertension.

Uib eve MR 4 ( s

DAS à Leg dl be Rides nd

NL | 2 >

Aïnsi, la théorie surrénalienne, qui garde cependant une vraisemblance théorique, se montre insuffisante pour expliquer l’apparition de l’hyperglycémie des brightiques. Celle-ci, en définitive, devait done être considérée comme relevant directement ou indirectement de l’état pathologique rénal. Nous avons déjà dit ce qu’il fallait penser d’une influence rénale directe, que l’on serait peut-être d’abord tenté d’invoquer: il ne saurait s’agir iei d’un mécanisme de rétention puisque le taux glycémique physiologique est

inférieur au seuil. C’est là une considération à laquelle

Rathery et Froment, dans un article tout récent (Paris Méd., 12 juin 1926) ne s'arrêtent même pas. Après avoir rapporté un certain nombre de cas d’hyperglycémie sans glycosurie, ils ‘abordent le problème pathogénique en commencant pas discuter la possibilité d’une élévation du seuil comme cause du phénomène. Or, cette élévation, si tant

est qu’elle existe, est, avant toute chose, impuissante à

donner la raison de l’hyperglycémie. Tout au plus pourrait-elle rendre compte d’une absence de glycosurie chez un malade dont la glycémie dépasserait le seuil normal. Nous savons, en effet, que, pratiquement, la elycosurie

n’est effective que lorsque la glycémie dépasse 1 gr. 70.

Or, dans aucune des observations de Rathery et Froment elle n’atteint ce taux. En définitive, l’élévation du seuil

ne peut expliquer ni l’hyperglycémie ni l’aglycosurie, dans

Je cas particulier; aussi nous paraît-il superflu de discu-

ter l’éventualité de son action pathogénique, même si on doit ultérieurement abandonner cette hypothèse pour des raisons diverses, puisqu'il en est une, primordiale, qui nous semble à la fois rationnelle et suffisante pour elore

d'emblée toute discussion.

Dans un article (1) qui vient de paraître, Palo précise SOn opinion personnelle sur la position du seuil chez l'individu sain; il assimile sa valeur à celle du taux maximum, mais normal encore, de la glycémie, c’est-à-dire 1 gr. 10. L’énoncé d’une telle conception nous a permis de mieux comprendre l’article précédent et explique comment ses auteurs pouvaient discuter l’éventualité d’ une élévation du seuil comme cause directe de l’hyperglycémie. L | Mais, outre que la conception de Rathery lui est strictement personnelle, elle n’explique pas pourquoi, chez le sujet normal, lorsque la glycémie dépasse 1 gr. 10 (épreuve de l’hyperglycémie provoquée, par NE la glycosurie reste longtemps sans apparaître et ne le fait qu’à partir d’un certain taux de glycémie qui, d’après les expériences dont nous avons déjà fait mention, se révèle à peu près toujours égal à 1 gr. 70. Pendant que la glycémie augmente progressivement, depuis 1 gr. 10 Jusqu'à 1 gr. 70, pourquoi la glycosurie n’apparaît-elle pas? I faut admettre, si l’on veut défendre les idées de Rathery, qu'entre ces limites, les variations du seuil sont parallèles et égales à celles de là glycémie. C’est en somme adopter les : arguments de Chabanier, bien que Rathery dise qu’ « il ne Saurait souscrire » à sa théorie. L’ un admet que le seuil est toujours très légèrement inférieur à la glycémie et l’avtre qu'il est égal à son taux normal le plus élevé. L’une et l’autre conception peuvent être rapprochées. puisque, se heurtant aux mêmes objections, elle ne peu-

vent y répondre que par les mêmes a arguments. Elles sont, en outre, également invérifiables : les valeurs que l’une et

(1) RATHERY (F.) et Marie (J.). — Diabète rénal, Monde Médical, 1 janv. 1927, n° 700,

Page 1