BIBLIOTHECA
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jamais terminé , le recueil des Munuscula , le poème De Flandrica expeditione, et enfin le Tombeau de Catherine de La Tombe. Les pages 101 à 148 sont occupées par des lettres en français, dans lesquelles il donne de curieux détails sur la fondation de l'Académie de Caen et sur les membres de cette Société. Enfin, on y trouve des lettres latines, qui renferment des renseignements intéressants pour l'histoire littéraire, les antiquités et les usages de Caen. M. Mancel pense qu'elles mériteraient une réimpression , ne fût-ce que pour servir de terme de comparaison avec les Origines de Caen de Huet , et les Essais historiques de l'abbé De La Rue et de M. de Bourgueville.
En résumé , les poésies qui sont dans ce recueil sont les meilleures de notre poète. Les épigrammes , surtout celles imitées du grec, sont remarquablement tournées. Les vers sont bons et beaux et ont une supériorité incontestable sur ceux des Poemata latina de 1663.
1669-1670. — Jacobi Mosanti Briosii Epistolœ , Cadomi, J. Cavelier, 1669, in-12 de 276 pages. MM. Mancel et Frère citent ce volume dans leurs listes des OEuvres de Moisant de Brieux. M. Frère en signale une seconde édition portant le même titre et contenant les mêmes lettres, mais datée de 1670.
La Bibliothèque nationale possède un exemplaire de la seconde édition des lettres de Moisant de Brieux avec des notes manuscrites. — Puisque nous parlons de la Bibliothèque de la rue Richelieu , profitons-en pour remercier ici M. Eugène d'Auriac, le plus savant et le plus complaisant bibliothécaire, qui a facilité nos recherches sur Moisant de Brieux,
et grâce à qui nous avons pu retrouver un grand nombre d'ouvrages de notre auteur inconnus à ses au très biographes.
Les lettres de Moisant font connaître beaucoup de détails intimes sur la vie et les occupations de notre poète, ses correspondants, ses rapports avec la reine de Suède. Elles contiennent encore ses Observations sur Lucain, qui sont reproduites dans la merveilleuse édition d'Oudendorp, 1728, de la p. 946 à la p. 953.
1671, — Recueil de pièces en -prose et en vers. Caen, J. Cavelier, 1671 , petit in-12 de 179 pages, plus 6 feuillets préliminaires. Épistre à M""' de Crussol et avis au lecteur.
Parmi les pièces en prose, on remarque Ly Traitie de Chevalerie, les neuf lettres à M"* de La Luzerne, et le Tombeau de cette jeune fille. Les vers sont ingénieux et froids.
1672. — Les origines de quelques coutumes anciennes et de plusieurs façons de parler triviales, avec un vieux manuscrit en vers touchant l'origine des chevaliers bannerets. A Caen, chez J. Caveher, M. DC. LXXII, in-12 de 200 pages.
Cet ouvrage , qui est à peu près le seul connu de nos jours , et qui fait de Moisant de Brieux une autorité souvent citée par les parémiographes, est dédié au duc de Montausier. Ce livre n'est pas l'ouvrage d'un jour ni d'une année , c'est le résultat d'une vie entière d'études et d'observations. On y sent l'influence de Vossius, de Segrais, de Bocliart , qu'il invoque lorsqu'il se trouve à court et qui a toujours, dans son bagage de langues orientales, une étymologie toute prête. Quelques-unes de ces origines ont même dû
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faire l'objet de discussions dans son Académie. Le style en est facile. Le récit agrémenté parfois d'anecdotes piquantes fait de cet ouvrage une lecture agréable et instructive. Souvent, à propos d'un proverbe populaire, Moisant de Brieux fait une véritable page d'histoire ; voyez, par exemple, Jouer des éperons , p. 79, et encore Crier haro, p. 42, Bâtir des châteaux en Espagne, p. 123.
L'origine des chevaliers bannerets est un petit poème fort curieux. Ce fut M"* de Matignon qui en communiqua le manuscrit à Moisant avec plusieurs autres raretés de ce genre , qu'elle conservait dans sa bibliothèque de Torigny. Cet ouvrage a été imprimé à part, avec un glossaire, par M. G. Duplessis, et tiré à 100 exemplaires seulement. Caen, 1827 , in-4''. Il a été reproduit dans le tome XII de la Collection des pièces relatives à l'histoire de France, par MM. Leber, Salgues et Cohen, p. 436-449.
1673. — Les Divertissemens curieux de Moisant de Brieux. Caen, J. Cavelier, 1673, petit in-12, 2» édit. Petit recueil de lettres et de vers français et latins, avec cette épigraphe : Ludendo fallimus horas.
« Dans une lettre à M. de Segrais , il y a de fort « bonnes observations critiques sur quelques ena droits de l'Enéide, et Virgile, en général, y paroît « bien repris, soit sur le caractère que ce grand « poète donne à Énée , soit sur plusieurs des figures « qu'il emploie et que Moisant de Brieux trouve trop « hardies, soit encore sur quelques endroits où le a critique croit appercevoir quelque défaut de juge- « ment » (Moréri, Dictionnaire historique).
Sans date. — Vigilantis inso7nniwn, seu Moysi et
Arioni litigantibus édita sententia, in-4° de 20 pages , sans date et sans nom d'imprimeur.
S'il fallait fixer une époque probable à ce volume , nous dirions qu'il a été fait avant 1658. En effet, dans les lettres publiées en 1670, il en parle comme d'un poème composé en même temps que le Laudate Dominum, VHortuîus seu îilia, dans sa maison de Bernières.
C'est dans ce volume que se trouve le sonnet de La Luzerne-Garaby sur la situation de la maison de M. de Brieux à Bernières, page 18; à la page 19, on lit le sonnet de l'abbé Bardou sur la maison du Grand-Cheval.
Outre ces ouvrages , dont l'existence ne peut être contestée, Moisant de Brieux aurait laissé, d'après la Bibliothèque lorraine de dom Calmet , huit commentaires De rébus ad eum pertinentibus et un recueil de pièces en vers el en prose, publié en 1641. Ne seraitce pas celui de 1671 ?
Un passage des Origines de Moisant fait aussi supposer l'existence d'un ouvrage qui nous est inconnu. Il dit page 115 : « Comme je l'ay montré dans mes
Antiquités et étymologies françaises m C'est aussi
de cet ouvrage, et non des Origines, qu'il parle dans sa préface des Méditations : « Au moment où je pré- « parois, dit-il, une seconde partie de mes poésies « latines, mes poésies françoises, etc., etc., et mon « \o\ume des Antiquités gauloises »
Enfin, il avait l'intention de continuer sa traduction de l'Anthologie grecque , d'achever son Psautier et de publier la deuxième partie des Méditations, quand la mort interrompit ses travaux.