‹ Étude sur Pline le JeuneChapitre 37 sur 87 · Ep. VJI · texte numérisé non relu

Ep. VJI

7. Voy. aussi les lettres à Pliiiius Paternus, I, 21; VIII, 16.

8. Le patriotisme local pouvait seul trouver un argument dans les VeroTienses nosiri (VI 34, 1). Conf. VI. 18, 3 : Firmanis tuis ac iam potius nostris. — Cest par une restitution arbitraire qu'on a introduit le nom de Pline dans Tinscription d'un Augustale de Vérone: ..., inius.., undus (Gruter, p. 454, n. 6; Maffei, Mus. Veron. p. 177, 8). Mais c'est aussi arbitrairement que Maffei, pour châtier semble-t-il cette outrecuidance, a déclaré fausse cette inscription; la pierre existe encore et elle est aussi authentique qu'insignifiante.

9. Remarquons en passant que Cornélius Nepos, revendiqué également

Quant à la position sociale de Pline, nous voyons que son père appartenait à la noblesse municipale, peut-être même à la noblesse équestre, et qu'en tout cas, selon le témoignage de Tacite, son père adoptif avait la nohilitas equestris. Si Pline le Jeune lui-même espérait laisser à ses enfants non suhitas imagines ^ cela n'implique pas que ses ancêtres eussent déjà eu des imagines^ cela veut dire simplement qu'il n'était pas un parvenu, et qu'il avait parcouru régulièrement tous les degrés des charges curules en commençant par les moins élevées, comme le prouve d'ailleurs l'étude détaillée de sa carrière politique.

§ IL De V adoption de Pline et de V adoption testamentaire

chez les Romains,

Dans le paragraphe précédent , où nous avons indiqué les résultats de notre étude pour ce qui concerne la famille et l'origine de Pline, nous avons dû préjuger plusieurs questions de détail, qui sont soulevées tout naturellement par les textes cités, et qui exigent une discussion rigoureuse.

Cette discussion doit porter à la fois sur les noms de Pline avant et après son adoption, et sur les formes dans lesquelles cette adoption avait eu lieu. Ces deux questions sont intimement liées, car les noms romains, régis sous la république par des règles rigoureuses, donnent en quelque sorte l'état civil du citoyen, indiquent en détail sa position de famille; et si, sous l'Empire ces règles allèrent se modifiant peu à peu et finirent par tomber en désuétude, l'exemple de Pline nous ofire, en ce qui concerne l'adoption, une occasion propice d'étudier cette transformation dans ses symptômes et dans ses causes.

Nous relèverons d'abord dans les noms de Pline les symptômes d'une forme particulière de l'adoption, de l'adoption testamentaire, peu connue jusqu'ici et qui sera l'objet de ce paragraphe ; le suivant traitera des changements survenus sous l'Empire dans le système des noms.

par les Véronais, n'était pas originaire de leur ville; mais bien de Ticinum (Pavie); Pline r Ancien rappelle (III, 18, 127) Padi accote; Pline le Jeune, dans une lettre à Vibius Severus (IV, 28), l'appelle municeps de Catius, qui, chez Cicéron {ad fam. XV, 1) est désigné comme Insuher, Le territoire des Insubres comprenait, selon Ptolémée (III, 1, 33), les quatre villes de Novaria, Mediolanum, Gomum et Ticinum ; les trois premières n'étant pas sur le Pô, il ne reste pour Cornélius Nepos que Ticinum. l. Ep, VIII, 10, 3.

La question de savoir si Tadopté appartenait à la tribu (c'està-dire au lieu d'origine) de son père naturel, ou à celle de son père adoptif, n'est pas èclaircie par le cas qui nous occupe, puisque la patrie de Pline était la même que celle de son père adoptif* .

En revanche cet exemple donne lieu à quelques observations sur une question analogue, sur celle de la manière dont on désignait le père dans la série des noms. En efiet, Pline se nomme dans ses inscriptions L, /*. ; et cette désignation, qui ne correspond pas au prénom de son père adoptif, ne peut se rapporter qu'à son père naturel. Cela est en opposition avec la nature de l'adoption et avec les anciennes règles. Suivant ces règles l'adoption modifiait, en même temps que la position de l'adopté dans sa gens primitive, les signes extérieurs de cette position, c'est-à-dire le prénom, le nom {gentilicium), le prénom du père et la tribu ; seul le cognomen, quinetaissiit pas partie du nom officiel proprement dit, pouvait être conservé ; ou bien encore un autre cognomen, rappelant l'ancien gentile pouvait être ajouté. Ainsi, après l'adoption, le propre fils de L, Aemilius Paullus s'appelle P, Cornélius P. f, Scipio Aemilianus; celui de L, Licinius Lucullus s'appelle M, Terentius M. f. Varro Lucullus. Même sous l'Empire cette manière de procéder se maintint, au moins comme règle; ainsi, dans les Êimilles régnantes, les adoptés indiquent toujours comme père leur père adoptif.

Il serait superflu de réunir ici un plus grand nombre d'exemples ;

1. On ne peut douter qu'en général radoption n'ait, aussi bien que la naissance, déterminé Vorigo et la tribu ; les inscriptions citées par Grotefend (Imp, Rom. trib. discriptum, p. 23) en faveur de l'opinion contraire ne prouvent rien : L, Luccim L, f. Pal. Ummidius SecundtiSf dans une inscription de Casinum (/. N. 4243), n'est pas le fils, mais ValumniLS de X. Zuccius L. f. Ter. Hiberus; et s'il appartient à la tribu Palatina, c'est sans doute que cette tribu figure très-fréquemment comme tribu personnelle, non pas tant des affranchis (liberti), que de leurs descendants du premier degré {libertini'i) . C'est là d'ailleurs une question qui exigerait de longs développements que uous ne pouvons donner ici. — On ne peut pas reconnaître par les simples noms les relations de parenté qui pouvaient exister entre L. Helvius Agrippa, gouverneur de Sardaigne sous Néron {Hermès, II, p. 107) ; M. Helvius Agrippa, et son fils mort de bonne heure ; M. Helvius M. /*. M. n. Serg, Agrippa, d'une inscription d'Hispalis (Orelli 3724 - C. /. X. II, n. U84), et M.Acenna M. f. Gai. Helvius Agrippa, sénateur romain (Muratori, p. 665, 4). Probablement l'adoption testamentaire de l'époque impériale , qui n'était pas à proprement parler une adoption, et qui n'était que l'institution d'un héritier, sous la condition que celui-ci prendrait les noms du testateur, ne changeait pas la^liribu. Mais la véritable adoption la changeait certainement.

mais il est bon de rappeler que, selon les anciens usages, Tadoption testamentaire elle-même ne faisait pas exception. C'est ce que démontre non-seulement le cas bien connu d'Octave, mais aussi celui de T, Pomponius Atticus, lequel, après que son oncle maternel, Q. Caecilius, l'eut adopté par testament ^ prit pour noms Q. Caecilius Q. f, Pompomanus Atticus ^.

On n'a encore fait aucune étude approfondie sur l'adoption testamentaire ^. Les juristes se contentent de l'identifier avec l'institution d'héritier sous la condition de changement de nom ; c'est bien en efiet la forme que revêtit cette adoption dans la dernière phase de son développement ; mais à son origine elle avait une signification toute difiérente. Il est donc utile d'entrer dans quelques détails sur ce point.

n faudrait d'abord savoir si, pour que l'adoption testamentaire fût valable, il suflSsait d'une part du testament de l'adoptant, d'autre part de l'acceptation par l'adopté donnée devant le préteur urbain en sa qualité de juge des successions ^ ; ou bien si le plein efiet juridique, surtout l'acquisition des droits de patronat, résultait seulement d'une décision confirma tive des curies^. C'est là une controverse spéciale, qui existait sans doute dès l'antiquité. La seconde alternative était l'opinion la plus ancienne, la plus juste en principe. La première était plus récente ; mais, dès l'époque de Cicéron elle paraît avoir été généralement acceptée

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