Ep, Vil
5. Paneg. 1. c; cf. Tacite, Agricola^ 6 : idem praeturae ténor et sHentium : nec enim iurisdictio obvenerat : ludos et inania honoris medio rationis aique àbundaniiae duxit^ uti longe a luxuria^ Ha famae propior.
river à une position supérieure, qui lui ouvrît Taccès de fonctions plus importantes dans la haute administration.
Même dans les dernières années du règne de Domîtien, Pline n'eut à se plaindre d'aucun retard dans son avancement, tandis que Tacite^ qui avait été préteur en 88, n'était pas même consul désigné à la mort du prince, raison pour laquelle Nerva le comprit dans sa première création de consuls. Quant à Pline, qui avait été préteur en 93, s'il pouvait légalement prétendre aux faisceaux dès 95, il ne devait cependant pas se considérer comme lésé dans ses droits, s'il ne les obtenait pas dans l'une des trois années suivantes . Il ne dit pas d'ailleurs que Domitien l'ait retardé ; il dit simplement que, du moment où ce prince était devenu un despote absolu, son avancement, si rapide jusqu'alors, s'était ralenti ; et qu'au lieu de chercher à obtenir les plus grands honneurs par l'intrigue, il avait préféré suivre la voie régulière. Cela revientàdire que, s'il eût voulu imiter Carus et Messalinus, la faveur impériale eût pu le faire arriver au consulat comme il était arrivé à la préture, avant le terme légal, mais qu'il avait dédaigné de pareils moyens.
§ VI. Praefectura aerarii militaris.
Les inscriptions de Pline montrent qu'après sa préture (en 93) et avant d'être préfet du trésor public (en 98 et suiv.) il fut préfet de la caisse militaire. Ainsi cette charge se place entre 94 et 97, et comme, dans la règle, elle durait 3 ans^ Pline doit l'avoir exercée, s'il n'y eut pas de circonstances exceptionnelles, soit de 94 à 96, soit de 95 à 97. Ce ne fut donc pas Nerva, mais Domitien qui le nomma; preuve de plus qu'il eut la fortune de toutes les personnalités insignifiantes qui arrivent sans encombre dans tous les temps et dans toutes les circonstances. Nous savons par Dion Cassius que le collège des praefecti œrarii militaris se com- . posait de trois anciens préteurs nommés par l'empereur, et dans toutes les inscriptions nous voyons, en effet, que ces fonction naires sont de rang prétorien ^.
§ VIL Praefectura aerarii Saturni.
Pline assure que lui et son collègue Comutus Tertullus avaient
t. Dion, LV, 25.
2. Voy. outre les inscriptions de Pline (Appendice A), Orelli 3393, et Marquardt, Handbuch d. R. A, III, 2, 226.
été désignés pour le consulat avant d'avoir été deux années entières préfets du trésor de l'Etat ^ Cette désignation eut lieu, comme on le verra plus loin, le 8 janvier de l'an 100 ; ces deux personnages doivent donc être devenus préfets du trésor peu de temps après le 9 janvier 98. La nomination fiit faite par Nerva , comme Pline le dit formellement ^ ; et si, dans un autre passage ^, il indique Nerva et Trajan comme ceux qui l'avaient nommé, ce qui s'explique par le fait qu'à chaque changement de prince les fonctionnaires de l'empire devaient être confirmés dans leur charge. Leurs prédécesseurs dans ces fonctions, Vettius Proculus etPublicius Certus, qui étaient certainement encore préfets en 97, sortirent probablement de charge à la fin de cette même année *. Pline dit aussi formellement ^ que lui et Cornutus continuèrent, même pendant leur consulat, à administrer le trésor;
t. Paneg, 91 : nondum biennium compleveramus in officio làboriosissimo et maximo, cum tu nobis., . cansulatum ohtulisti.
2. Ibid, avant le passage cité dans la note précédente : habuerat hune honorem periculis nostris divus Nerva ut nos.., promovere vellety ce qui ne peut se rapporter qu'à cette préfecture, d'autant plus qu'ici il est question des fonctions exercées par Pline et Tertullus ensemble et que ce fut dans cette préfecture qu'ils furent collègues pour la première fois. On peut aussi y rapporter avec certitude la recommandation que le vieux Corellius mort volontairement en 97, peu de temps avant Nerva, faisait à Pline : cum forte de bonis iuvenibus apud Nervam imperaiorem sermo incidisset (IV, 17, 8).
3. Ad Traian, 3 : ut primum me, domine, indulgentia vestra promovit ad pi*aefecturam aerarii Saturni, et 8 : primum mea, deinde patris tui valetudine, postea curis delegati a vobis officii retenius. Gonf. Paneg. 47 : ante vos principes. Il n'en résulte point comme l'admet Masson (Anna 98, g 7) que Pline ne soit entré en fonctions qu'après la mort de Nerva; au contraire, dans ce cas le pluriel serait inexplicable.
4. Voyez plus haut, p. 7, note 4, et p. 9, n. 3. Gomme nous l'avons dit, Vettius Proculus et Publicius Certus étaient encore praefecti aerarii en 47. Le résultat de l'attaque contre Certus fut, paraît-il, qu'il sortit de charge plus tôt qu'il n'était d'usage, et qu'il fut laissé de côté lors de la nomination des consuls suivants. Vettius Proculus, au contraire, reçut le consulat régulièrement, à sa sortie de la préfecture, évidemment lors de la désignation des consuls pour 98, le 9 janvier. S'il fut aussi remplacé plus tôt que l'usage ne le voulait, c'est qu'on changeait ordinaiment tout le collège à la fois ; il n'y avait pas de disgrâce dans ce fait. — Proculus et Gertus restèrent praefecti jusqu'à la fin de 97, cela ne contredit pas le rapport de Pline, alors même qu'on admettrait, ce qui n'est pas nécessaire, que l'attaque contre Gertus ait eu lieu dans les premiers mois.
5. Paneg. 92 : nobis praefectis aerarii consulatum ante quam successorem dedisU ; aucta est dignitas dignitate nec continuatus tantum, sed geminatus est honos finemque potestatis alteriuSt tanquam parum esset excipere^ praevenit.
cela s'accorde avec le fait déjà signalé (p. 13) que Pline était encore préfet en décembre 101. Ils paraissent avoir résigné ces fonctions peu après, vers la fin de l'an 101 ; en tous cas, lorsque fut écrite la lettre IV, 12, Pline ne les exerçait plus. Ainsi lui et Cornutus les exercèrent pendant 4 ans, de 98 à 101 ^ Ce n'est sans doute pas un pur hasard si le moment de leur entrée en fonctions coïncide, à peu près, avec le commencement de l'année; comme les anciennes charges de la république se renouvelaient régulièrement à cette époque, il est naturel que les nouvelles charges urbaines et italiques créées par les empereurs aient été soumises à la même règle.
Il faut encore noter que, quoiqu^îl n'y ait jamais eu plus de deunpraefecti aerarii, Pline parle pourtant de ses collègues dan s ces fonctions ^ ; ce qui doit probablement être entendu en ce sens que les deux praefecti aerarii Saturni et les trois praefecti aerarii militaris formaient ensemble un seul collège ; on sait qu'il en était de même, malgré la différence de leurs titres, des curatores chargés de diverses branches de l'administration centrale (p. 21, n. 3). Les praefecti aerarii Saturni paraissent cependant avoir été plutôt supérieurs qu'égaux en rang aux praefecti aerarii militaris , puisque Pline exerça cette dernière charge avant la première; c'est, du reste, le seul exemple que je connaisse d'un même personnage ayant exercé successivement ces deux charges. On peut voir d'ailleurs dans cette circonstance et dans le fait que Pline conserva longtemps la seconde préfecture, la preuve qu'il montra des aptitudes toutes particulières dans cette branche de l'administration.
§VIII. Consulat.
Pline nous apprend qu'il fiit élevé au consulat avec Cornutus Tertullus, l'année même (100), où Trajan fiit consul pour la troisième fois ^, et qu'ils furent en fonctions au mois de septembre^. On sait d'autre part que,, le 29 décembre de cette année, L. Roscius Aelianus et Ti. Claudius Sacerdos étaient consuls en
1. Du temps de Claude les quaestores aerarii étaient trois ans en fonctions (Dion Cassius LX, 24 ; Henzen, n. 8456). Borghesi (ÇEuvres, IV, 149) et après lui Marquardt {III, 2, 220) admettent que la préfecture de Pline dura trois ans; mais c'est une erreur, comme nous Tavons dit.