‹ Étude sur Pline le JeuneChapitre 55 sur 87 · L. Garminius Lusitanicus · texte numérisé non relu

L. Garminius Lusitanicus

Ces dates ne peuvent se concilier qu'avec des consulats de deux mois et non avec des consulats de trois ou quatre mois. Il semble en résulter que sous les Flaviens on alterna , d'une manière probablement arbitraire, entre les consulats de quatre mois et ceux de deux mois; et, en ce qui concerne le règne de Trajan, il ne s'agit que de savoir s'il suivit le même système ou bien si le consulat de deux mois était déjà la règle ordinaire. Il faut donc absolument écarter les consulats de trois mois que Borghesi avait admis comme phase transitoire et de l'existence desquels on n'a aucune preuve, tandis qu'on en a de certaines des consulats de six, quatre et deux mois. .]

la fois plus de deux consuls désignés, et en particulier qu'au mois de janvier de l'an 100, il devait y en avoir au moins quatre, parmi lesquels ceux qui furent en fonctions au mois de septembre ^. D'autre part, les monuments des empereurs montrent que le titre de OOnSul DESignatus qui dans ce cas se rapporte naturellement toujours à un consulat ordinaire, est généralement pris dans l'année qui précède immédiatement ce consulat, et vers la fin de cette année*. Nous voyons aussi que, lorsque Pline prononça son panégyrique comme consul, Trajan n'avait pas encore annoncé au sénat son intention d'exercer le consulat en Tan 101 ^. Il résulte de ces deux observations que la désignation des consuls ordinaires devait avoir Ueu à la fin de l'année précédant leur consulat. Quant à celle des consuls suffecti^ elle pouvait se faire soit en même temps, soit dans les premiers jours de l'année même. D'après tout ce que nous savons des comices sénatoriaux, c'est la seconde de ces alternatives qui doit être préférée. On sait, en effet, que les empereurs s'attribuèrent la nomination d'une partie des magistrats de la république : ces nominations prenaient la forme d'une recommandation adressée aux électeurs, c'est-à-dire au sénat, en faveur d'un certain nombre de candidats , recommandation qui avait force de loi *. Pour le consulat, on procé-

1. Ep. Il, 11, 19: Cornutus TertuUus cos. des. censuU assenserunt

consoles designati. L'un de ces derniers est d'après II, 12, 2, Âcutius Nerva. Pline qui fonctionne comme accusateur, ne vote pas, mais doit être compté. Ainsi il y avait alors au moins quatre consuls désignés (Pline, Tertullus, Acutius Nerva et son collègue qui n'est pas nommé) ; mais le nombre peut en avoir été encore plus grand. Par contre lulius Ferox, Ep, II, tl, 5, qu'on mentionne ordinairement parmi les consuls désignés pour Tan 100, fut certainement en fonctions dès l'an 99; car entre la séance de janvier 100 et celle où il vota pour la première fois comme consul désigné, il a dû évidemment s'écouler plusieurs mois; celui qui vote en 99 comme cos, des, sans être un des ordinaires, ou du moins du premier nundinum de l'an 100, ne peut avoir été consul qu'en 99, puisque ceux des autres nundina de l'an 100 n'ont été désignés que le 9 janvier de cette année. Sur Ferox qui, nous l'avons vu (p. 19, n. 1), était curator alvei Tiberis en 101 et que Pline mentionne ailleurs {ad Traian, 107) comme gouverneur de province, on peut encore consulter Borghesi, Œuvres^ II, p. 213.

2. [On connaît un petit nombre d'exceptions à cette règle. Voy. Mommsen, R. Staatsrecht, p. 483 et p. 484, notes 1 et 2.]

3. La demande du sénat est mentionnée dans le discours à Trajan, c. 78, 79; mais la décision n'est pas encore prise.

4. Nous trouvons le fondement juridique de' cette manière de procéder dans la loi sur Timperium de Vespasien : uti quos magistratum,,. peientes

dait de la même &çon S et la nomination à cette charge est indiquée formellement comme une suffragatio incuria^. Seulement, l'empereur s'étant réservé toutes les nominations, il n'y a pas, à l'époque impériale, à distinguer comme cela doit se faire pour d'autres fonctions, entre les candidati principis et les magistrats nommés par la voie ordinaire : tous étaient nommés comme candidats du prince.

Si donc on peut déterminer quand le sénat de cette époque procédait aux élections, on pourra aussi comprendre dans ces élections la désignation des consuls. Du moins il est très-vraisemblable que, des deux élections consulaires annuelles (celle des consuls du premier nundinum et celle des suffecti), l'une devait coïncider avec les élections générales des employés de l'année. Or, la date de ces élections générales résulte soit du Panégyrique de Pline, soit de l'usage suivi plus tard. Dans le Panégyrique, qui énumère avec beaucoup de détails et dans un ordre rigoureusement chronologique tous les actes accomplis par Trajan en sa qualité de consul, l'an 100^, cette élection, précédée immédiatement de la communication à l'empereur de la liste des candidats, est mentionnée après les vota qui avaient lieu le 3

senaiui populoque Bomano commendaverit quibusque suffragationeni suant dederit promiserit, eorum comitiis quibusque extra ordinemratio habeatur.

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