‹ Étude sur Pline le JeuneChapitre 65 sur 87 · Nipperdey. Introd. p. 'VIII et suiv · texte numérisé non relu

Nipperdey. Introd. p. 'VIII et suiv

3. Tacite mentionne bien Pline l'Ancien, mais non les écrits de son ami, et dans les livres qui nous sont parvenus, il n'en avait pas l'occasion. Mais peut-être l'histoire assez insignifiante du songe de Gurtius Rufus Ann. XI, 21, est-elle tirée de Pline Ep. VII, 27, où quaestoris (— Q.) a probablement disparu avant obtinenti Africain. On ne peut pas savoir si ce que Tacite raconte de Pallas {Ann. XII, 53) est une réminiscence de Pline, Ep. VIII, 6.

4. Après la mort de Verginius Rufus, son éloge est prononcé par Tacite laudaior eloquentissimus (II, 1, 6). Dans le procès de Priscus, Tacite parle eloquentissime et quod eximium eius orationi inest, (repûc (II, 11). Maîtres et étudiants en éloquence affluent autour de lui {copia studiosorum. .. ad te ex admirations ingenii tui canvenit) et l'on demande ses conseils sur le professeur d'éloquence que voulait appeler la commune de Côme (III, 23). Pline disserte avec lui sur les principes de l'éloquence (I, 20). Conf. Vll,20, 4.

5. VI, 161 : peiis ut tibi avum>culi mei exUum scribam, quo verius iradere

sont des renseignements analogues relatifs aux derniers temps de Domitien, et dont Pline sollicite l'insertion dans les « immortelles histoires ^ . » Ainsi il est au moins très-vraisemblable que c'est dans les années 106 et suivantes que Tacite a, sinon publié, du moins communiqué à ses amis et lu en public les premiers livres de ses Histoires, en même temps qu'il rédigeait les suivants, auxquels ces communications étaient destinées.

Les livres de Tacite, que Pline, dans ses septième et huitième livres *, dit lui avoir été envoyés pour les parcourir, ne peuvent être également que des livres isolés des histoires.

Une lettre remarquable, que nous avons déjà citée à plusieurs reprises^, exprime, selon toute apparence, l'impression que la lecture des premiers livres des histoires devait nécessairement avoir produite sur les lettrés de Rome et sur Pline en particulier. Cette lettre est adressée à Titinius Capito, le Mécène du temps, qui avait conseillé à Pline de s'essayer comme historien. Pline refuse de se rendre, pour le moment, au désir de son ami^ ; mais les termes mêmes dont il se sert impliquent l'aveu qu'un grand succès littéraire ne peut être obtenu que dans le domaine de l'histoire . On y reconnaît les sentiments que devait éprouver l'auteur en voyant un de ses collègues, jusqu'alors son égal, prendre tout-àcoup son vol et, dans son puissant essor, laisser bien loin derrière lui tous ses anciens compagnons. Devant le succès obtenu par Tacite, il n'y avait plus place pour des sentiments de rivalité, il ne restait qu'à constater la grandeur de l'œuvre. Tout au plus pouvait-on, comme Pline, se consoler dans l'espoir de prendre une revanche plus tard.

posteris possis. Cf. ib. 12.

1. VU, 33 : Auguror,.. historias tuas immortales pituras, quo magis illis... inseri cupio.

î. VII, 20. VIII, 7.

4. Sidoine Apollinaire, £'p. 1 V, 22, fait donner par C. Cornélius à C.Secundus le conseil de passer de Tèpistolographie à l'histoire ; puis il dit que G. Cornélius avait fait lui-même ce qu'il avait conseillé à son ami. Ici il ne peut avoir eu à la pensée que la lettre à Capito; du reste, il ne faut pas chercher dans cette indication autre chose qu'une confusion dans les souvenirs. 11 parle avec autant d'ignorance, IV, 3, des deux Plinii vel avunculus, vel SecundiLs, — li ne connaissait donc TAncien que par notre correspondance, où il n'est jamais nommé qa'avuncultis et ne savait pas seulement qu'il s'appelait aussi Secundus.

Page 1