Ep. VU
Ursus Servianus {eos. Il en 102). Idatius nous a seul conservé le nom exact ; les autres listes l'ont déQguré en Urbanus^ Surianus^ Suranus ^ . — Borghesi admettait que le second était L. Neratius Marcellus, frère du célèbre jurisconsulte Neratius Priscns, Ce Marcellus a obtenu un second consulat en '129, ce qui correspondait assez bien, quant à l'intervalle, avec un premier consulat en 403 ou 404. L'hypothèse de Borghesi paraissait avoir toutes les probabilités en sa faveur. Mais ici le diplôme anglais dont nous avons parlé plus haut présentait un obstacle insurmontable. Ce diplôme, en effet, qui date, comme nous l'avons dit, du 49 janvier 403, indique précisément comme légat de Bretagne L. Neratius Marcellus. Or le Marcellus qui a été consul, et cela pour la première fois , en 4 04, ne saurait être le même personnage que ce légat, car le commandement supérieur des légions de Bretagne était donné régulièrement à un consulaire, et il faudrait admettre , contre toute vraisemblance, que Trajan l'avait confié par exception à un prétorien. D'ailleurs le surnom de Marcellus est si fréquent, il est usité dans tant de familles nobles que, renonçant à identifier comme Borghesi ces deux Marcelli, nous eussions dû abandonner l'espoir de déterminer plus exactement les noms des consuls de 404, chose à coup sûr moins regrettable que de faire subir à des listes concordantes et dignes de foi^ des modiûcations arbitraires. Comme on le verra plus loin, une découverte récente vient de nous fixer sur le nom véritable des consuls de cette année.
Si ce que nous venons de dire est exact, on peut en déduire, comme conclusion générale, qu'on ne saurait faire coïncider avec la tr. pot, III de Trajan (a. 99) que son second et non son troisième consulat; avec la tr.p, IV (a. 400) que le troisième consulat et non le quatrième; avec la tr. p. VI (a. 402) que le quatrième et non le cinquième; avec la tr, p. Jf F (a. 444) que le cinquième et non le sixième. Il n'est pas surprenant que, dans le grand nombre des inscriptions de Trajan, il s'en rencontre qui semblent contredire cette règle; mais celles que l'on connaît jusqu'ici ^ sont toutes d'une lec-
1. Borghesi fixait autrefois à Tan 103 {BuUeU. d, L 1851, p. 35) le second consulat de Licinius Sura, en sorte que celui-ci^ qui a été trois fois consul, aurait eu les trois consulats ordinaires de 102, 103, 107. Mais des découvertes postérieures ont prouvé que Sura avait été en 10*2 cos. II, en 107 dks* III et que son premier consulat, dont Tannée nous est inconnue, n'était pas ordinaire (voy. Borghesi, Annali d, L 1860, p. 440).
2. Dans Tinscription GruU 246, 7^0./. Z. Il, 2352, les copies anciennes ont Mb. pot IIII cos, IIII, mais Nie Antonio lisait seulement co.... Dans les inscriptions de (r. pot. XV. Inser. Neap. 2487, 6261, la lecture est aussi
tare plus ou moins incertaine. On n'arrivera à des résultats positifs qu'après avoir soumis à un triage critique les riches matériaux que nous possédons^ et qui ne sont pas tous d'une certitude absolue.
Comme corollaire de ce qui précède nous pouvons encore ajouter que la première guerre contre les Daces, entreprise en 404 , se termina, non en 403^ mais bien dès 402. En effet, les premiers monuments de cette année {trib, pot, VI) donnent encore à Trajan le titre dHmp. H * qu'il avait pris en même temps que Nerva, en 97 (p. 94), ce qui prouve que depuis son avènement jusqu'alors Trajan n'avait encore eu aucun succès militaire. La désignation imp, ////nous apparaît pour la première fois sur des monnaies portant la mention tr. p. VI cos, IIII des V^, appartenant par conséquent à la seconde moitié de Tan 402. Or, Trajan n'ayant jamais rempli le consulat absent, le fait qu'il avait annoncé vouloir le revêtir au premier janvier 403 prouve qu'il était certainement de retour à Rome, et avait achevé la campagne. Du reste on en a une preuve aussi concluante dans les distinctions qu'il accorda aux généraux sous ses ordres, Laberius Maximus et Glitius Agricola, auxquels il confia un second consulat pour l'an 403. — Ainsi l'on s'expliquerait que Trajan ait pris le titre de Dacicus dès la fin de 4 02 et ce fait peut être considéré comme acquis, si les monnaies qui mentionnent ce titre à côté de cos, IIII sont authentiques^. Ici toutefois se présente une difQculté. Les monnaies d'Alexandrie datant de la sixième année de Trajan, année qui,'d'après l'ère égyptienne, allait du 29 août 402 au 28 août 403, ne donnent à l'empereur que le titre de Germanicm^ et d'autre part il n'existe, à ma connaissance, aucune inscription qui réunisse le titre Dacicus au quatrième consulat. Nos amis numismatistes nous rendront donc un service signalé en soumettant à un examen minutieux l'authenticité encore douteuse des monnaies en question. Du reste la fixation de l'époque à laquelle Trajan prit le titre de Dacicus est indépendante de la question relative à la fin de la guerre et au retour de Trajan, car on sait que ce dernier n'avait pas l'habitude d'adopter de nouveaux titres à la première proposition que pouvait lui en faire le sénat. — Ainsi la seconde guerre de
incertaine.
1. /. AT. 6262-6268 - Orelli 783. [Voir p. 91 où il faut lire ligne 8, du bas : « qu'il prit le titre d'imp. // et de Germanicus ». — Trad.]
2. Bckhel VI, 415. Nous n'avons pas de monuments avec imp. III, et nous ne savons pas seulement quelle autre victoire que celle de Dacie Trajan a remportée à cette époque.
3. Cohen, Med, des Emp,, II, 15 n. 78, 79, d'après Wiczay et Eckhel.