‹ Étude sur Pline le JeuneChapitre 77 sur 87 · Surano II et Marcello · texte numérisé non relu

Surano II et Marcello

Idatius

Traiano V et Maximo.

Suburano II et Marcello.

Chronique

pascale.

TpaïQcvou AuYOu<rrou

SuplOCVOU Ta ^' HLOX

MapxéXXou.

Prosper

Traiano VI et Maximo.

Senecione III

et Sura II.

Urbano

et Marcello.

Faisons, comme de juste^ abstraction des auteurs qui ont simplement extrait Prosper, Cassiodore et d'autres écrivains plus récents, et ne comptons Idatius et la Chronique pascale^ issus d'une source commune, que comme un seul témoignage ; il reste encore trois listes qui, tout l'indique, sont indépendantes l'une de l'autre. Celle dé Prosper, il est vrai, est gravement interpolée : nous y trouvons un faux consulat entre 4 03 et 4 04 ; mais la première et la seconde liste sont tout à fait dignes de foi. Ces deux témoignages sont ici en parfait accord ; s'en écarter sur des points importants et surtout sur la succession des consulats est une chose excessivement grave, nous dirons même inadmissible. Et pourtant c'est ce qu'on fait maintenant, puisque les savants s'accordent à placer en 404 au lieu de 403 le cinquième consulat de Trajan et inversement les éponymes de 404 en 403.

Les auteurs de ce changement audacieux sont Noris et Pabretti; ils citent à Tappui de leur opinion une monnaie où Trajan porte les titres de Germ. Dacicus tr. p. VU. imp. IIIL cos. IIIL des, V. p.p., ce qui, on doit le reconnaître, est en contradiction avec toutes les listes que nous possédons. En effet, si Trajan prit son cinquième consulat en 403,^11 ne put revêtir alors qu'il n'était encore que COS. des, 7, c'est-à-dire dans la seconde moitié de \ 02, sa septième puissance tribunicienne, mais bien la sixième. De quelque façon que l'on compte, on arrivera toujours à cette conclusion. Mais l'authenticité de la monnaie en question est-elle hors de doute? Elle figure, il est vrai, chez Ëckhel et chez Cohen, mais sur la seule autorité de Vaillant ^ Nous n'hésitons pas à la déclarer fausse 2.

Cependant on donne en faveur de la transposition de consulats qui nous occupe un argument plus sérieux. Au commencement de ce siècle on a découvert en Angleterre un diplôme militaire (v. p. -1 3) daté du -1 9 janvier M'Laherio Maximo II Q. Glitio Agricola II cos. Dans ce document l'empereur s'intitule Germanicm Dacictis Mb. pot. VIL imp. IIII COS. V. C'est évidemment l'année désignée dans nos listes par Traiano V et Maximo II, ce qui nous apprend que l'empereur avait déjà déposé le consulat avant le 49 janvier et avait mis'à sa place^son vaillant compagnon d'armes, Glitius Agricola, tandis que l'autre éponyme, Laberius Maximus, général non moins

1. Eckhel VI, 415; Cohen Med. des Emp. II, 85 n. 539. Cette médaille a certainement été vue par Noris, Fabretti et Masson, qui en possédait un exemplaire (a. 102 g 2); mais Eckhel reconnaît qu'ils ont pu être trompés par des exemplaires faux ou falsifiés. M. Waddington ne l'a jamais vue et la croit fausse ou suspecte. Les légendes Germ. tr. p. VI imp. IIII COS. IIll des. V. et Germ. Dac. tr. p. VU imp. IIII cos. V sont certaines et régulières. Cohen donne , il est vrai, p. 57, n. 354, pour une des troisj variétés (à la Fortune assise) TR • P • VII au lieu de TR • P • VI, d'après l'exemplaire du cabinet de Paris ; mais Elberling {Publications de la Société de Luxembourg j 20, 131) fait observer « mon exemplaire a distinctement VI, puis vient un trait qu'on peut facilement prendre pour un second I ». Cohen le contredit et assure que l'exemplaire de Paris a bien TR • P • VII (ibid. 22, 53). Cependant dans ce cas la monnaie^erait unique au milieu de toutes les semblables qui ont TR-P-Vl, et, en outre, ce serait le seul document où Dacicus manquerait à côté de TR • P • VII, en sorte qu'on a de bonnes raisons pour s'en tenir à la leçon d'Elberling, et pour voir dans l'exemplaire de Paris, si la lecture en est certaine, un simple défaut de coin ou de frappe.

2. L'inscription d'Orelli 783, sur laquelle Eckhel s'appuie plus loin, ne présente plus de difficulté, depuis que le commencement de l'année tribunicienne est fixé non plus, comme l'admettait Eckhel, en automne, mais en janvier 102.

distingué, avait pris la première place dans la date. Les partisans de Tancienne théorie, suivant laquelle Trajan aurait compté ses puissances tribuniciennes d'automne en automne, tout comme ceux qui faisaient dater avec plus de raison les années de son gouvernement de la mort de Nerva, trouvèrent dans ce document une preuve évidente de Tinversion proposée par Noris K Et d'après leur façon de compter ils ne se trompaient pas, car la septième puissance tribunicienne de Trajan allait pour les uns de l'automne 'l 03 à Tautomne 404, pour les autres de la fin de janvier 403 à la fin de janvier 404, et la date du 4 9 janvier tr. p. VII ne pouvait ainsi se rapporter qu'à l'an 404. Telle est la cause pour laquelle celte hypothèse a conservé faveur en dépit de toutes les hésitations de la science sur la chronologie de Trajan.

La difficulté qu'il y a à admettre Tinversion en question n'en est pas moins insurmontable. On ne la tourne qu'en supposant, comme nous l'avons fait plus haut, que Trajan a compté sa seconde puissance Iribunicienne à partir du 4 *' janvier 98 et la septième compte ainsi à partir du 4" janvier 403. De ce côté tout serait en règle. Il n'en reste pas moins quelques difficultés^ bien moins sérieuses il est vrai, mais qu'il faut signaler. Il y a quelque chose de choquant, on ne saurait le nier, dans le fait que les années tribuniciennes des deux souverains qui exercent en même temps la puissance tribunicienne ne coïncident pas. Tibère et Titus^ alors qu'ils étaient césars, ont tous deux daté leurs puissances tribuniciennes du même jour qu'Auguste et Yespasien. Si pour Néron il n'y a pas eu coïncidence 2, on s'explique aisément d'où provient cette différence: ni Tibère, ni Titus ne furent associés à l'empire sous la pression des circonstances et ils purent faire dater leur avènement du même jour que l'empereur régnant; il en fut autrement de Néron et, quant à Nerva, il avait de bonnes raisons après avoir adopté Trajan, en automne 97, pour ne pas retarder jusqu'au 48 septembre 98 les effets de cette adoption. Ce qui est certain, c'est que le défaut de coïncidence existe et qu'aucune combinaison ne réussit à fixer au même jour les puissances tribuniciennes de Trajan et de Nerva.

Mais les noms des consuls que les listes donnent pour Tan 404 soulèvent des difficultés plus considérables encore. Le premier est sans aucun doute ce même Suburanm à qui, selon Pline 3, Trajan confia le soin d'instruire à nouveau une affaire déjà jugée par L,

1. Ainsi p. ex. Borghesi, Œuv. 111, p. 70, et beaucoup d'autres.

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