PREMIERE PARTIE
Objets archaïques provenant des plus anciennes tombes de la nécropole.
Cette partie du catalogue comprend trois subdivisions :
1° Objets en or et en argent, bijoux archaïques, objets en ambre ;
2° Objets en ivoire, verres et émaux ;
3° Objets en bronze.
Les objets qui semblent appartenir à l’art étrusque sont classés à la suite des objets de style purement phénicien.
§ I. — Objets en or et en argent. — Bijoux archaïques. Objets en ambre.
A. — Musée Kircher (1).
1 . Disque de forme convexe avec un bouton au milieu : sur ce bouton est ciselée une croix, semblable à celles que l’on trouve sur les vases de Chypre et de la nécropole de Kameiros. Or avec un faible alliage d’argent, comme celui des monnaies de Darius et de plusieurs monnaies de Sicile. Poids : 64 gr. 5. Diamètre, 0m,06.
2. Disque semblable avec des décorations d'animaux et de monstres. Sur le bouton du milieu se trouve également une croix avec des rayons concentriques. Poids, 60 gr. 9. Diamètre, 0m,06. Or avec faible alliage d’argent.
(1) On donne seulement ici l'indication rapide des objets qui n'ont pas été publiés dans les Monuments de l’Institut de correspondance archéologique (1876). Pour tous les autres, ils ont déjà été décrits par M. Helbig, Bulletin (1877) , et se trouvent dans le tome 10 des Monuments , planches 31-33.
CATALOGUE
3. Feuilles d’or très fines appartenant peut-être à des diadèmes funèbres et ayant servi en partie à recouvrir des objets d’ivoire. En tout 46 gr.
4. Fragments d’une lame d’argent très mince : sur quelques-uns d’entre eux se trouvent encore de petits clous. Sur ceux qui sont le mieux conservés apparaissent des animaux fabuleux de style égypto-phénicien.
5. Un petit vase en forme de « fiasco » tout détérioré ; manche formé de deux cylindres soudés à la base par une lame d’or qui s’ouvre en forme de fleur de lotus. Hauteur, 0m,21.
6. Manche de bronze doublé d’une lame d’argent ; on voit encore les restes du bois auquel il adhérait. En relief, un certain nombre de groupes de figures luttant contre des animaux; animaux (sphinx, chevaux) dressés l’un contre l’autre dans la position des lions de Mycènes. Longueur, 0m,21.
B. — Collection Barberini.
7. Une coupe d’argent semblable à celles qui sont publiées dans les Monuments de l’Institut (t. 40, pl. 31-33). L’oxydation qui la recouvre encore ne permet pas de distinguer si elle a été dorée. Diamètre, 0m,18 (4). Le travail est moins fin que celui des coupes semblables trouvées en 4876. La bordure est formée d’une série de gros points en relief. L’ornementation comprend deux zones et un groupe au milieu. Le relief est du côté de l’intérieur ; le travail consiste en gravure à la pointe et en repoussé. Les deux zones sont remplies par une série de cavaliers et de fantassins de type égypto-phénicien. Le groupe du milieu ne peut presque plus se voir : on aperçoit cependant un homme , coiffé à l’égyptienne , debout et les jambes écartées. Le sujet doit être analogue à celui des autres coupes phéniciennes du même genre. Découverte en 1855 à la Colombella.
8. Fragments d’un vase d’argent en forme de conoïde tronqué. Il ressemble, pour la forme, au scyphos du musée Kircher {Mon., t. 10, pl. 31 a, 6). L’oxydation lui a donné une couleur qui se rapproche de celle de l’acier; la même remarque s’applique à la coupe d’argent avec inscription phénicienne {Mon., t. 10, pl. 32, 1). Découvert en 1855 à la Colombella.
9. Fragments de deux objets en argent doré (?), peut-être des tasses. Le bord était orné d’une sorte de dentelle formée de demi-cercles entre-croisés. — a. Sur un de ces fragments fortement convexe, deux béliers, dont les cornes sont très longues, luttent l’un contre l’autre; au-dessus et au-dessous de ce sujet, ornements en pointillé. — b. Sur un autre fragment , un bélier semblable est séparé de son compagnon
(1) Un grand nombre des objets de la bibliothèque Barberini se trouvant sous verre, nous ne garantissons pas l’exactitude parfaite des mesures.
DES ANTIQUITÉS PRÉNESTINES.
par un ornement qui représente peut-être une crèche ou une auge (?). — c. Plusieurs autres fragments dont les dessins ne peuvent pas être nettement distingués. Il est difficile de se prononcer sur le style de ces fragments. Il est probable cependant qu’ils appartiennent à Part étrusque ; on peut les comparer aux reliefs de la ciste d’argent du musée des Conservateurs.
10. Petites plaques d’argent, peut-être mélangées d’étain, ayant appartenu à une parure. Elles sont en grande quantité, ont la forme d’une amande et sont ordinairement longues de 0œ,07 ou 0“»,08. Les principaux motifs d’ornementation sont une palmette ressemblant beaucoup à la palmette phénicienne et des lignes ondulées. L’usage de ces ornements est inconnu aussi bien que la date et le lieu de leur découverte. Il est probable cependant qu’ils ont été trouvés avec les autres objets de style archaïque dans les fouilles de 1855.
11. Deux anses de coupe en argent très oxydé. Cf. les anses du scyplios indiqué plus haut [Mon., t. 10, pl. 31, a, 6) (1).
12. Petit simpulum destiné à puiser les matières précieuses. Lon-
gueur, 0m,20. Diamètre, 0m,01. Cf. le simpulum beaucoup plus grand du musée Kircher (Mon., t. 10, pl. 32, 3) et celui qui est dessiné sur une des coupes phéniciennes (t. 10, pl. 31, 1 ; première zone .- le roi offrant un sacrifice après la chasse ; devant lui est un cratère, semblable à celui du musée Kircher, appuyé sur un ; un simpulum
est accroché au bord).
13. Deux tuyaux en argent, recourbés et juxtaposés : ils faisaient peutêtre partie d’un instrument de musique. Il est difficile de savoir s’ils appartiennent vraiment à la série des objets archaïques.
14. Anse de ciste en argent (?), terminée par deux anneaux. Diamètre 0m,12.
15. Deux bords de coupes ou vases en argent : le fond n’existe plus ; l’un a 0m,14; l’autre, 0m,16 de diamètre.
16. Une agrafe en argent ; au-dessous , une petite tête de style phénicien. Longueur totale de l’objet, 0ra,02.
17. Un rouleau d’or creux, semblable à ceux du musée Kircher; même longueur. Trouvé à la Colombella , en 1855 (Cf. Mon., t. 10, pl. 31 a , 4). Il est un peu plus gros que ceux du musée Kircher et mieux conservé. L’ornementation consiste en grecques et en stries d’une granulation excessivement fine ; quelques-uns des ornements sont en filigrane (2). Ce bâton n’était pas appliqué sur une plaque d’argent ,
(1) On a relaté la provenance et le lieu de découverte , toutes les fois que cette indication a pu être recueillie.
(2) L'opération de la granulation , au dire d’un artiste des plus expérimentés, M. Aug. Castellani , est en orfèvrerie une des plus difficiles. Elle consiste à poser un à un, sur l’objet que l'on veut orner , des grains d'or, et à les souder ensuite. Les Phéniciens et les Etrusques semblent avoir eu des procédés que l'on n’a pu encore retrouver. En tout cas , on n'est pas encore arrivé à obtenir une granulation aussi fine que la leur.
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comme deux de ceux du musée Kircher. C’était probablement un manche de flabellum ou de tout autre ustensile de forme cylindrique.
18. Plaque d’or pâle ( électron ) munie de franges d’argent, analogue à celle du musée Kircher ( t. 10, pl. 31, 2) ; au bout de ces franges sont placés des oiseaux en or pâle ( des colombes ? ) semblables à ceux de la grande plaque d’or du musée Kircher ( t. 10 , pl. 31 a, 1 ). Fouilles de la Colombella , 1855 (?).
19. Fibule d'or pâle ( électron ) semblable à celles du musée Kircher (t. 10, pl. 31, 7).
20. Petites feuilles d’or ayant servi à orner des parures ; elles sont très nombreuses ; comme elles ont été froissées , il est impossible de distinguer les dessins qui y sont représentés ; ce doivent être principalement, comme sur les petites feuilles d’or de Cervetri et sur celles de la collection Castellani , des dessins géométriques.
21 . Fragments de colliers et de parures d’or finement travaillées.
22. Plusieurs fragments d’ornements composés de sphinx, d’oiseaux à tête humaine, de style égypto-phénicien (Cf. tous les objets analogues du musée Kircher. Mon., t. 10, pl. 31-33).
23. Crochets terminés par des têtes de lion analogues à celles de la fibule décrite plus haut. C’étaient, sans doute, des ornements destinés à tenir les cheveux. On pourrait leur comparer les véTTiyeç attiques.
24. Grandes épingles d’or et d’argent ( fibules) , semblables à celles du musée Kircher ( t. 10 , pl. 31 a , 7 a , 7 b ). Rien ne dénote dans ces objets une influence orientale. Découvertes, en 1855, dans une tombe archaïque.