C. — Collection Castellani
Amulettes en ambre.
25. Deux petits singes (1) accroupis en ambre; les coudes reposent sur les genoux ; ils portent tous deux les mains à la bouche. On aperçoit deux trous à la hauteur des oreilles. Ils étaient évidemment destinés à être suspendus à un bracelet ou à un collier. Peut-être étaient-ce des crepundia que l’on attachait au cou des enfants, ainsi que nous le montrent plusieurs représentations antiques. Il est plus probable cependant qu’ils servaient d’amulettes.
26. Une petite idole en ambre, de 0m,03 de hauteur environ ; elle tient une main sur la poitrine et l’autre sur le ventre; deux trous à la hauteur des oreilles. On peut comparer cette amulette à un grand nombre de figurines grossières provenant soit de l'île de Chypre , soit de la Sardaigne.
(1) On peut leur comparer l’amulette publiée dans les Annales (1875), pl. supplém. I.
DES ANTIQUITÉS PRÉNESTINES,
Bijoux en or appartenant à cette période.
27. Idole dont la provenance est garantie par M. Castellani. Elle est formée d’une feuille d’or assez légère travaillée au repoussé. C’est une femme couronnée; dans les fleurons de sa couronne se voient encore très distinctement des fragments d’émail bleu. Les cheveux , formés de petites spirales de fil d’or, retombent sur les épaules. Les traits de la figure sont endommagés ; on peut cependant remarquer la largeur du visage à la hauteur des tempes et l’obliquité des yeux. C’est, sans aucun doute, une figure de type phénicien. Elle est couverte d’un vêtement assez large à la partie supérieure du corps , drapé régulièrement de chaque côté des seins et plus serré à la partie inférieure. Les bras retombent le long du corps. Hauteur, 0m,038.
28. Deux autres têtes du même genre sont montées sur des objets en forme de demi-cercle , dont il est difficile de préciser la destination -, c’étaient peut-être des ornements que les femmes se mettaient dans les cheveux. Ces deux figures ont une couronne du même genre que la première avec des incrustations en émail bleu
29. Deux feuilles d’or, de 0m,03 de long sur 0m,01 de large , représentant deux lièvres accroupis; travail au repoussé.
30. Un petit collier composé de perles de forme allongée en pâte vitreuse vert-noir et de petites coquilles en feuilles d’or, travaillées au repoussé et surmontées de têtes d’un style très archaïque.
31. Ornement en or ; c’était une bulle destinée à être suspendue au milieu d’un collier. Cette pièce est peut-être symbolique-, elle représente le disque solaire et le croissant de lune renversé, si fréquent sur les vases de la nécropole de Kameiros et des nécropoles sardes.
32. Feuilles d’or travaillées au repoussé ; un petit génie à quatre ailes , deux dirigées en haut, deux en bas; l’aile gauche supérieure n'existe plus ; entre les deux ailes inférieures se voit la trace d’une queue. Le type de la figure est tout à fait semblable à celui qu’on rencontre sur les bijoux décrits précédemment. Hauteur, 0m,02.
33. Sorte de pectoral ayant dû appartenir à un prêtre. 11 a une largeur de 0m,23 et une hauteur de 0m,16. Il est formé d’une feuille d’or appliquée sur une feuille de cuivre , avec des incrustations d’ambre en forme de perles ou de triangles.
34. Petites feuilles d’or ayant appartenu à des ornements que nous ne possédons plus en entier ; elles sont imprimées et reproduisent divers ornements de formes géométriques. On peut comparer les feuilles d’or, provenant sans doute d’ornements du même genre, trouvées à Cervetri et conservées au musée étrusque Grégorien (1). Sur quelques-unes de ces feuilles se trouvent des ornements en forme de double T; d’autres ont la forme de croix. Cette seconde figure se retrouve sur des
(t) Grifi , Cere anlica , pl. 9.
CATALOGUE
objets ayant appartenu à la première civilisation de la Troade et de la Grèce (1). Mais il ne faut pas attribuer trop d'importance à ce rapprochement. Les ornements géométriques ont été reproduits par tous les peuples sans distinction de famille ni d’origine; la grecque, par exemple, se trouve sur des antiquités mexicaines.
Anneaux. Colliers. Epingles.
35. Quelques anneaux de cette collection sont en ambre et semblent assez anciens; ils sont de différentes grandeurs ; leur diamètre varie de Om,01 à 0m,03.
36. Les colliers se composent de perles rondes, aplaties; les perles sont en ambre ou en pâte vitreuse de différentes couleurs. Ces colliers ne présentent aucun caractère particulier et ressemblent à tous ceux qui ont été trouvés dans les tombes anciennes de l’Italie (Cf. Mon., t. 10 , pl. 23 a, 1 a, 3, 6 a). Un grand nombre d’entre eux semblent appartenir à la période suivante.
37. Les épingles se divisent en deux classes : les unes à tête d’ambre, quelquefois recouvertes de plusieurs légères feuilles d'or , paraissent être les plus anciennes ; les autres sont en bronze et n’offrent rien de remarquable.
38. Un fragment de chaînette d’argent ayant appartenu à une parure.
39. Un couvercle d’argent , de 0m,03 de diamètre environ; à l'un des bords du cercle s’ouvre un autre couvercle de dimension plus petite.
§ 2. — Objets en ivoire. — Verres et émaux.
A. — Musée Kircher.
Les objets en ivoire les plus importants du musée Kircher ont déjà été publiés dans les Monuments de l’Institut : il suffit de citer la plaque d’ivoire représentant la barque niliaque et une scène d’adoration et de sacrifice. Le caractère phénicien de cet objet ne peut être mis en doute. {Mon., tome 10, pl. 31, 3). Les ailes d’épervier incrustées d’émail bleu ressemblent aussi beaucoup à celles que l’on trouve dans les nécropoles égyptiennes (2). L’animal fantastique, moitié lion, moitié griffon, à large gueule et à grandes oreilles (l. c., pl. 32 , 7) se trouve aussi sur des vases provenant de la nécropole de Kameiros (3).
(1) Schliemann , Atlas des objets trouvés sur l’emplacement de Troie, pl. 2, n° 61 ; pl. 8, n°‘ 237, etc. ; pl. 9 , n° 285 ; pl. 11 , n° 361 , etc. Un ornement de cette forme se voit aussi sur des vases archaïques d'Athènes. Monum. inéd., tome 9, pl. 40.
(2) Voir Mariette-Bey, Le Sérapéum de Memphis, 3“ partie, pl. 12, il" i.
(3) Musée Napoléon III, par M. de Longpérier.
DUS ANTIQUITÉS PRÉNESTINES.
B. — Collection Barberini.
Les objets en ivoire de la collection Barberini semblent plutôt avoir été travaillés dans le pays même , sous l’influence de l’art étrusque , qu’importés de la Phénicie ou de Carthage; sur un certain nombre d’entre eux, on ne peut toutefois se prononcer , tant il est difficile de tracer une limite entre l’art oriental et l’art étrusque.
40. Le morceau principal de la collection est un lion d ivoire sur le dos duquel est étendu un homme; la tête est placée sur la croupe du lion , et les cheveux fort longs tombent par derrière. Au milieu du corps est une espèce de pagne ou de ceinture athlétique. Il a été décrit plusieurs fois et publié par le P. Garrucci (1). L’ivoire des objets de la collection Barberini et du musée Kircher est d’une couleur verdâtre et s’effeuille avec la plus grande facilité. Le style de la figure étendue sur le lion se rapproche plutôt du style étrusque que du style grec archaïque ou du style oriental. Le personnage ainsi porté par le lion est peut-être un jongleur.
41. Petits animaux en ivoire qui devaient être appliqués, comme ceux du musée Kircher , sur une anse de ciste ou de tout autre ustensile {Mon., t. 10, pl. 32 , 7), longueur moyenne : 0m,03 ou 0m,4. Ils étaient sans doute primitivement recouverts de feuilles d’or. On distingue des lions , des béliers, une sorte d’ours , un scarabée.
42. Deux têtes de cheval ou de mulet d’une longueur de0m,08; la crinière indiquée par des traits parallèles est rabattue sur le museau ; les oreilles sont dressées en avant. Derrière la tête trois trous : c’étaient sans doute les extrémités de quelque ustensile.