Deux masques d’hommes barbus d’une hauteur de 0m
47. Deux têtes de lion; elles devaient être appliquées comme ornement sur quelque objet.
48. Six petites figurines d’ivoire représentant des femmes ; le style en est purement étrusque. Elles tiennent dans les mains les boucles de cheveux qui leur descendent des épaules. Leur vêtement serré s’arrête au-dessus du coude ; les pieds sont nus.
On trouve au musée de Naples (collection des vases, lre salle), un certain nombre de figurines du même genre en terre cuite vernissée de noir ; elles tiennent entre les mains de longues boucles de cheveux ou
(t) Archeologia. Londres, 18G7, tonie 41, pl. 3-1 3
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quelquefois l’extrémité de leur manteau qui retombe de la même façon Peut-être même, sur ces figurines, comme sur celles de la bibliothèque Barberini, est-ce toujours le manteau qui est représenté d’une manière plus ou moins grossière.
Les mains d’ivoire qui ont été trouvées à Préneste forment une des classes d’objets les plus intéressantes de la collection Barberini. Elles ont été découvertes dans les tombes les plus anciennes, en 1855. L’avant-bras est entouré, comme les vases grecs les plus anciens et comme les coupes phéniciennes, d’un certain nombre de zones avec des représentations en relief d’hommes ou d’animaux. On s’est demandé quelle était la signification de ces objets, s’ils n’avaient pas de rapport avec quelque rite funéraire. Ce ne pouvaient être des sceptres , puisque les bas-reliefs seraient à l’envers , si les mains étaient tournées en haut ; ce ce ne pouvaient être non plus les bras de quelque déesse semblable à l’Artémis d’Ephèse , puisqu’on n’a trouvé que des bras droits. Deux intéressants articles de M. Bachofen (1) sont consacrés à l’étude de ces mains et des dés que l’on a trouvés aussi plusieurs fois dans des tombes prénestines. Après avoir commenté un certain nombre de textes ayant rapport au jeu de dés , il conclut que ce sont des symboles funéraires d’une signification profonde en rapport avec le culte des divinités chthoniques et les mystères dionysiaques : « Les dés de la nécropole prénestine et les nombreuses représentations du jeu de dés sur les vases funéraires nous mettent devant les yeux la même idée, quelle qu’en soit la forme ; elles indiquent l’espérance qui vient de la semence , de toute destruction de corps sujet à la putréfaction. » De la mort naît la vie. La main ne joue pas un rôle moins important dans la symbolique de l’antiquité : l’auteur de ces articles étudie en détail la légende des Dactyles de l’Ida. Il essaie de prouver que le symbole de la main représente la maternité dans son double rapport avec la mort et avec la vie, mais plus spécialement avec la mort. Ce symbole sépulcral , signe à la fois de la mort et de la vie qui en doit être la suite , concorde parfaitement avec le culte de la Fortuna Primigenia de Préneste , déesse mère de même nature que la Bona Dea , et avec la légende des Digitii (2) .
La collection Barberini possède plusieurs de ces symboles funéraires. Deux d’entre eux sont assez bien conservés.
49. L’avant-bras est orné de cinq zones de reliefs; il est haut de 0m, 13 environ.
lie zone en commençant par le haut : une Harpie vue de face tient deux lions par la queue. Ceux-ci attaquent un cerf qui a déjà les jambes ployées.
2e zone : deux sphinx ailés levant la patte ; ils sont placés l’un
(1) Annales , 1858 ; Annales , 1861.
(2) On peut rapprocher de ces articles un travail de M. Philippe Berger [Gazette arch. , 1876, p. 119) et des observations de M. P. Lenormant , sur Les symboles religieux des stèles puniques (Gazette arch., 1877, p. 29 et suiv.).
DES ANTIQUITÉS PRÉNESTINES. 181
contre l’autre : entre eux se trouve un objet dont il est difficile de préciser la nature.
3° zone : ornementations, palmettes.
4e zone : cerfs paissant.
5e zone : un Centaure, dont les jambes de devant sont des jambes d’homme , a un genou appuyé à terre ; il tient un lion par la queue.
50. Un autre bras funéraire n’est orné que de quatre zones de reliefs : lre zone : griffons ailés.
2e zone : cerfs paissant.
3e zone : lions retournant la tête.
4° zone : motifs d’ornementation qu’il est impossible de bien distinguer.
51. Autre bras du même travail ; il n’en reste plus qu'une partie. Il était orné de huit zones composées alternativement de palmettes et de rangées d’animaux. La main est assez bien conservée ; les doigts sont très allongés et recourbés au bout ; ils rappellent ceux que l’on voit sur les peintures murales de Tarquinii. — Tous ces objets proviennent des fouilles de 1855.
52. Sorte d’objet conique et creux fort endommagé : hauteur, 0m,80 ; il est orné d’après le même système de bandes de figures ailées.
53. Fragments appartenant à un objet de la même forme ; on y voit des animaux paissant et des hommes à cheval ; les lignes du corps sont à peine indiquées et très raides.
Il semble que d’après les descriptions précédentes, on peut attribuer à la plupart des objets de la bibliothèque Barberini un caractère plutôt étrusque qu’oriental. Le système d’ornementation se rapproche beaucoup plus de celui des vases à figures noires les plus anciens que du style des coupes phéniciennes.
Les alabastres de la bibliothèque Barberini sont nombreux et varient de forme aussi bien que de couleur ; peut-être quelques-uns d’entre eux sont-ils très archaïques ; il est probable cependant qu’ils appartiennent à un développement postérieur de l’art et correspondent à l’époque des cistes et des miroirs.
S 3. — Bronzes.
Les bronzes trouvés dans les anciennes tombes de Préneste sont en général si grossiers qu’on risquerait de se tromper, si on voulait déterminer exactement leur provenance. Il est possible qu’ils aient été travaillés d’après des modèles phéniciens , mais il se peut faire aussi que ce soient seulement les produits d’un art national encore dans l’enfance. Les ustensiles, tels que trépieds, grandes patères, boucliers, etc. étaient d’un usage trop commun pour qu’on les importât de l’étranger.