Ciste n
Dimensions : hauteur, 0m,24 ; diamètre : 0m,23 à la base , 0m,25 à la partie supérieure.
La poignée est formée de deux lutteurs, les pieds, de griffes de lion surmontées d’un ornement de style ionique et d’un satyre à demicouché ; il soutient sa tête avec le bras gauche et appuie la main droite sur son genou droit relevé. C’est le type ordinaire du satyre avec les yeux largement ouverts et le nez retroussé; sa barbe est figurée par des lignes droites parallèles ; ses cheveux forment un rouleau sur le devant de la tête.
Le couvercle n’appartient peut-être pas à cette ciste qu’il ne ferme pas bien ; une moitié en est entièrement recouverte par l’oxydation ; sur l’autre on aperçoit un cheval marin et une tête de Néréide.
La bordure supérieure du corps de la ciste est formée par des animaux que sépare du sujet principal une ligne ondulée; ce sont des lions , des griffons , un taureau à cornes très courtes , un chien qui poursuit un lièvre, un sphinx et une tête de femme entourée de deux branches de laurier. Sur la bordure inférieure se trouvent des palmettes et les motifs d’ornementation ordinaires
Il n’y a point de centre sur la galerie principale. On y a dessiné un certain nombre de personnages qui appartiennent à des cycles divers ou sont entièrement inconnus ; leurs noms sont gravés sur la ciste.
(1) Cf. la description des jeux dans Virgile, Enéide, livre 5.
(2) Les inscriptions de cette ciste ont été recueillies dans 1 ’Ephemeris epigraphica, tome 1, n° 168 a. Cf. la description qu’en a donnée M. Helbig dans le Bullet. de l’Inst. arch., 1872, p. 107. Comme cette description est très sommaire, j'en donne une plus étendue, après avoir étudié la ciste.
CATALOGUE
Ce sont d’abord deux femmes s’occupant de leur toilette. Entre elles une tête de lion laisse tomber de l’eau dans un grand bassin. La femme qui est à gauche tourne la tête vers la droite; elle est nue, debout, la jambe droite légèrement placée en arrière. Elle dirige la main gauche vers le bassin et tient le bras droit courbé , en regardant l’autre femme avec une sorte de surprise ou d’admiration. Ses cheveux sont attachés derrière la tête et forment des bandeaux ondulés sur les tempes. Elle porte un collier et des bracelets. L’angle formé par le nez et le front est assez prononcé , les lèvres avancent d’une manière peu gracieuse. Son nom est écrit de la manière suivante : CREISITA (caractères archaïques).
L’autre femme , également nue et debout , est vue de trois quarts ; elle est coiffée de la même façon que la précédente ; le nez est un peu arqué et le menton fort. Elle a aussi un collier et des bracelets. Elle met son manteau qu’elle tient élevé derrière ses épaules avec les deux mains. La pose est gracieuse, mais le dessin est un peu lourd. A droite de la tête se trouve le nom presque effacé : ? ELENA (caractères archaïques). Une cassure ne permet pas de voir si l’E est précédé d’un digamma droit ou retourné, comme dans la ciste publiée par le P. Garrucci (1). M. Helbig, dans le fac-similé de l’inscription, signale aussi cette cassure.
Si l’on continue l’examen des personnages de gauche à droite, on voit un Achille debout , retenant un cheval et à moitié armé. Le nom est écrit à côté de la tête : ACILES (caractères archaïques). C’est une tête tout à fait romaine. Achille est ici représenté avec une barbe et un air assez âgé, contrairement au plus grand nombre des représentations de vases peints. Son costume ne présente aucun détail remarquable. Il est vêtu d’une tunique qui descend jusqu’à la moitié de la cuisse et d’une cuirasse qui ne reproduit pas les formes du corps ; elle est attachée par deux pattes qui retombent sur la poitrine; de ces deux pattes part un cordon auquel est suspendue une sorte de bulle. Les jambes sont couvertes d 'ocreœ. De la main gauche il tient une lance qui n’est indiquée que par un simple trait ; de la main droite il retient un cheval orné de phalères. Il a la tête un peu penchée du côté du personnage suivant qui semble lui parler.
On voit entre eux deux de grosses ondulations figurant des collines ou de simples plis de terrain.
Le jeune homme, qui se trouve devant Achille doit être un esclave. Il s'appelle SIMOS (caractères archaïques) . Il est imberbe et a un type tout à fait italien. Son vêtement consiste seulement en une sorte de pagne ou de cotte , qui va de la ceinture aux deux tiers des cuisses environ; on voit, d’après le geste de la main droite, qu’il parle à Achille; de la main gauche il tient horizontalement une lance figurée,
(1) Mon. inéd., tome 6-7, pl. 55. Cf. sur cette ciste un article du P. Garrucci, dans les Annales, 1661.
DES ANTIQUITÉS PRÉNESTINES.
comme celle d’Achille, par un trait. Sur ses épaules il tient une sorte de bâton recourbé , semblable à celui qu’emploient les porteurs d’eau à Venise, à Padoue, et, en général, dans cette partie de la haute Italie. Il est terminé par deux crochets en forme de tête d’oiseau , auxquels sont suspendus des objets dont il est bien difficile de déterminer la nature (1).
Vient ensuite un personnage debout, vu de trois quarts et tourné à gauche. A côté de la tête est écrit le nom OR-ESTE /// (caractères archaïques). Les deux dernières lettres sont presque effacées. Le nom était-il terminé par une S? il y a à cet endroit une cassure. La chlamyde de ce jeune homme tombe derrière le dos. Son pétase est suspendu aux épaules , retenu par un cordon attaché sous le cou. Le baudrier est marqué par une simple ligne sur la poitrine nue. Le bras gauche est abaissé ; le bras droit tient une lance appuyée à terre.
Entre Oreste et le personnage suivant est un arbre qui ressemble fort au pin d’Italie. Le personnage est un vieillard chauve et barbu , vu de profil ; il est couvert d’un manteau qui ne laisse libre que le bras droit. Il tient dans la main une sorte de fil ondulé qui descend jusqu'à terre; un petit chien, dressé sur ses pattes de derrière , cherche à le saisir. Le nom est bien visible ; c’est TONDRVS (caractères archaïques). M. Helbig y voit une corruption du mot Tyndareus.
Le personnage suivant peut à peine se distinguer. C’est un jeune homme debout , couvert d’une toge ; on ne peut voir s’il porte un nom. Il a la tête tournée à droite. A la hauteur de ses épaules est un treillage. Ce ne peut pas être une fenêtre; aucune colonne, aucun ornement n’indique que la scène se passe près d’un temple.
De l’autre côté un jeune homme armé, retenant un cheval, fait en quelque sorte pendant à Achille. Au-dessus de la tête sont écrits les mots: SECI oLVCVS (caractères archaïques) séparés par un point. D’après M. Helbig, Seci serait le nom de l’écuyer, Lucus celui du cheval (Lykos). Le nom de Seci serait d’origine italique. Cet écuyer est vêtu de la même manière qu’ Achille et il retient son cheval qui tourne la tête de son côté. Sur les ocreæ qui laissent , suivant l’usage, les pieds nus , sont dessinés quelques traits.
Rechercher pour les dessins de cette ciste une interprétation quelconque serait une tentative inutile. On y trouve réunis des personnages qui , dans aucune légende, ne sont ensemble. Les noms de Simos , de Seci et de Lucus apparaissent ici pour la première fois ; peut-être même l’identification de Tondrus et de Tyndareus n’est-elle pas certaine, bien qu’on rencontre de temps en temps, sur les inscriptions des miroirs ou des cistes , des noms ayant subi une transfor-
(l) La description de M. Helbig (toc. cit.) est un peu différente : dorso gestat peram ex qua avium ( anatum ?) capita existant.
CATALOGUE
mation analogue. Les noms de Creisita et de Elena se trouvent souvent sur les miroirs, appliqués à des femmes qui font leur toilette autour d’un bassin.