Ciste n
Cette ciste a 0m,15 de hauteur et 0ni,135 de diamètre.
, La poignée se compose d’une femme nue renversée; le corps est soutenu en l’air par les pieds et les mains appuyées sur le sol du côté de la paume ; ils servent d’arcs-boutants.
Les pieds sont formés de griffes de lion surmontées d’un ornement de style ionique et de têtes de femme d’un caractère archaïque. Si l’on rapproche de ce caractère l’exécution très grossière des dessins au trait, on peut assigner à cette ciste une date assez reculée.
On voit représentés sur le couvercle un griffon ailé et un autre animal féroce ; au-dessous, de petites têtes de griffon et de cheval.
La galerie sur laquelle se trouvent les graffites est bordée en haut et en bas par une guirlande de lauriers.
Le sujet principal se compose de trois personnages. D’un côté se tient debout un homme barbu , couvert d’un manteau qui lui laisse la liberté du bras droit.; il tient de la main gauche un bâton , de la main droite un objet de forme rectangulaire qu’il présente à la femme figurée devant lui. Celle-ci est entièrement drapée ; la tête est recouverte
(1) Hom., 11., Â, 413, 415.
DES ANTIQUITÉS PRÉNESTINES. 195
d’un voile , elle tend la main droite pour prendre l’objet tenu par l’autre personnage.
Un autre homme est assis sur un trône. Il retourne la tête et regarde la scène qui se passe derrière lui. Sa chlamyde est rejetée sur les épaules. 11 tient de la main gauche un long sceptre surmonté d’une boule et de trois dents. Il semble tout jeune; à peine voit-on sur ses joues quelques traces de barbe. Au-dessus de ce jeune homme vole un oiseau d’un dessin très négligé.
A sa droite se tient debout un autre personnage, coiffé d’un casque pointu et couronné de lauriers. Il est vêtu d’une robe descendant jusqu’aux genoux et serrée à la ceinture ; les manches couvrent tout le bras jusqu’au poignet. La partie supérieure de cette robe et l’étoffe qui recouvre les jambes sont tachetées. On peut comparer à ce costume oriental la robe que porte Persée sur la ciste qui représente le combat de ce héros contre Phinée (1). Ce personnage tient en laisse un chien qui semble lever la tête.
Si l’on continue à examiner les dessins de la ciste de gauche à droite, on voit un autre jeune homme nu dont la barbe naît à peine. Il tient sa chlamyde roulée autour du bras gauche. Le corps vu de derrière et de trois quarts est très mal dessiné ; les cheveux sont aussi très raides et formés par des lignes brisées. A la droite de la figure vole un oiseau presque informe ; à ses pieds on distingue quelques lignes dont on ne saurait préciser la signification.
Viennent ensuite deux jeunes gens retenant un cheval. Le cheval n’est pas proportionné à la grandeur des autres personnages; il est beaucoup trop petit; il est vu de dos et manque tout à fait d’élégance.
Le jeune homme de droite tourné vers le cheval regarde en arrière. Bien qu’ici encore le dessin soit très mauvais , peut-être y a-t-il un effort pour se rapprocher du type grec ; la ligne du nez continue assez bien celle du front, et le menton a les proportions du menton grec. Il tient à la main un objet que l’on peut à peine distinguer. Lejeune homme de gauche est vu de dos ; c’est un effet particulièrement recherché par le graveur de cette ciste et bien mal réussi. Il tient aussi à la main un objet à peine visible, peut-être un fouet.
Les deux derniers personnages sont encore des jeunes gens ; l’un est coiffé du bonnet phrygien ; sa chlamyde retombe derrière les épaules ; il tient de la main droite deux épieux ; l’autre porte la chlamyde enroulée autour du bras gauche et tient aussi deux épieux ou deux lances. Il tourne la tête du côté de la scène principale.
Ces dessins représentent sans aucun doute une scène mythologique; on ne peut en douter au moins pour les trois personnages qui ont été décrits en premier lieu. La robe persane que porte une des figures , le bonnet phrygien d’une autre laissent croire que ce ne sont point de
(1) Mon. inéd., t. 6-7, pl. 40. Cf. Annales, 1860, un article du P. Garrucci sur cette ciste , p. 110-120.
CATALOGUE
simples motifs d'ornementation , mais que le sujet est ici déterminé. Toutefois les personnages n’ont pas d’attributs, de caractères distinctifs. 107. Ciste n° 3.
Dimensions : hauteur, 0m,18; diamètre : 0m,14 à la base et à la partie supérieure.
Cette ciste est fort intéressante ; on y voit représentés les principaux exercices de la palestre.
La poignée est formée par deux lutteurs , un homme et une femme tenant d’un côté leurs bras entrelacés. Ils n’ont pas été fabriqués d’après le modèle ordinaire des poignées de cistes. La main restée libre de chacun d’eux est retournée de ce mouvement si peu naturel que l’on rencontre sur les peintures murales de Tarquinii (1). L’homme est ithyphallique ; il porte au cou un collier auquel est supendue une bulle assez grosse; la femme en porte un aussi.
Les pieds ont la forme de griffes de lion ; au-dessus, des lions d’un travail purement latin, sur le point de s’élancer et tirant la langue.
On voit sur le couvercle, d’un côté un gros oiseau , les ailes étendues ; il est difficile de reconnaître la famille à laquelle il appartient ; de l’autre un griffon.
La bordure supérieure du corps de la ciste se compose de palmettes; sur la bordure inférieure sont dessinés des animaux fantastiques à la croupe très courbée à cause du peu d’espace concédé au graveur. On y reconnaît des Chimères semblables à la Chimère de Florence avec une tête et un corps de lion , une tête de chèvre sur le milieu du dos et une queue terminée en tête de serpent; une panthère et un griffon qui combattent et une sirène ; les mêmes sujets se répètent plusieurs fois.
Sur la galerie principale sont représentés des exercices palestriques. Aucun des groupes ne semble avoir de valeur spéciale. Entre les différents sujets se trouvent des étoiles de formes et de grandeurs différentes ; ce sont de simples motifs d’ornementation. Le dessin est grossier et lourd. Les contours généraux du corps sont assez bien indiqués, mais les hachures destinées à figurer les muscles sont beaucoup trop fortes. Il est possible que l’ouvrier ait eu devant lui un modèle de quelque valeur; mais il l’a exécuté sans goût et avec une sorte de hâte ; on trouve souvent des traits trop prolongés ou lancés de travers.
Voici les principaux groupes dessinés sur le corps de la ciste. Ce sont d’abord deux lutteurs nus , étroitement enlacés , puis deux pugilistes également nus , les mains recouvertes du ceste qui monte jusqu’au-dessus du poignet; ils ont les jambes enlacées ; un jeune homme vêtu d’un long manteau les regarde.
Un autre groupe se compose d’un jeune homme debout vu de face, qui tient de la main droite levée assez haut une flèche , la pointe en
(t) Ce geste est encore usité aujourd'hui au commencement de la danse appelée la TaranteUa. Cf. Kull. de l'Inst. arch., 1867, p. 133-134.
DES ANTIQUITÉS PRÉNESTINES.
bas ; il semble tenir une flèche de l’autre main. A sa droite un homme, avançant la jambe droite et un peu penché en avant, lui tend un objet de formes très indécises (1). C’est peut être le prix qu’il a gagné au jeu de l’arc, soit un gros oiseau (??), soit une petite outre de vin (?). Un autre personnage, nu comme les précédents, et vu de profil ; il tient dans chaque main des objets dont on ne reconnaît pas la nature. C’est la figure dont le dessin est le plus imparfait ; l’attitude en est raide, le dos est arrondi d’une façon disgracieuse. A sa droite est un homme enveloppé dans un grand manteau, tout à fait semblable à celui du groupe précédent; derrière lui, une série de traits en forme de demi-cercles servent sans doute, suivant l’usage adopté pour les dessins des cistes , à figurer des rochers. Cette scène est suivie d’une autre représentation de pugilat; les deux adversaires ont les jambes enlacées comme dans un des groupes précédents; le dessin est lourd et les formes n’ont rien de l’élégance ni de la beauté virile qui distinguent les représentations de cette nature sur plusieurs vases grecs. Derrière les pugiles se ‘tient un homme debout, appuyé sur un bâton ■ il est vêtu d’un grand manteau ; c’est probablement le juge du combat.