‹ Étude sur quelques monuments portugaisChapitre 4 sur 7 · CINQ PLAINS DES PRINCIPALES EGLISES DU PORTUGAL · texte numérisé non relu

CINQ PLAINS DES PRINCIPALES EGLISES DU PORTUGAL

L'étude qui précède, sur quelques monuments du Portugal, élude lue et complétée par notre confrère M. Paul Sédille, était déjà imprimée lorsque nous avons reçu de notre éminent confrère, M. le commandeur da Silva, une photographie représentant les plans réduits de cinq églises :

Église du couvent d'Alcobaça, Eglise du couvent de Batalha, Cathédrale de Braga.

Cathédrale de Porto, Cathédrale de Lisbonne,

plans qui composent la première planche de son Parallèle des plans des principales églises du Portugal. Nous avons cru devoir, malgré le retard de cet envoi, faire reproduire ces plans pour les porter à là connaissance des membres du Congrès, en les accompagnant de quelques notes prises, soit dans les lettres de M. le commandeur da Silva. soit dons nos notes personnelles sur Y Architecture en Portugal (l).

Pour X église du couvent d'Alcobaça et Y église du couvent de Batalha, déjà décrites plus haut par M. Paul Sédille, d'après M. da Silva, nous nous bornerons, en rappelant ces brillantes descriptions 2\ à ajouter plus bas la liste de quelques-uns des architectes auxquels sont dus ces édifices; niais, pour les cathédrales de Braga, de Porto et de Lisbonne j nous accompagnerons leurs plans de notes empruntées surtout aux ouvrages de M. le comte A. Raczynski(3).

Charles Lucas.

11 In-8°, Paris, Thorin, 1870.

u' Voir plus haut, p. 5 et 7.

'' Les Arts en Portugal et Dictionnaire historico-arlislùjue du Portugal, a vol. in-8". Paris, Renouard, i8'i0 et 18^7.

Église du couvent d'Alcobaça (voir fig. 1). — Les architectes ou plutôt les maures es œuvres dont les noms nous ont été conservés pour le couvent d Alcobaça sont les suivants :

i° Dominouez (Dominique), le premier maître de l'œuvre du cloifre, ainsi que l'atteste cette inscription, grave'e sur une table de marbre, placée en face de l'entrée du chapitre :

Sub E. MCCCXLVIII. Idus aprilis Dhus P. Nuni Abbas Monasterij de Alcobalin , posait primarium lapidem in fundamento clauslri ejusdem loci, pressente Dominico Dominin Magislro operis dicti Claustri, etc.

a0 et 3° Ferxa\dez (Mathieu) , le père et le fils. Mathieu Kernandez le père est le même auquel est due la salle du chapitre du monastère de Batalha (l). Cet architecte avait été envoyé en i5o8 à Alcobaça, et nous savons que, après sa mort arrivée pu i5i5, il eut pour successeur son fils, lequel mourut en i5q8.

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Fier. i. — Église du monastère d'Alwbaea.

/i° Castilho (Jean), gentilhomme de la maison du roi, appelé fe fameux artkt

de son temps, fut chargé, dès ioiq. par le roi Emmanuel, des constructions de I;»

M Voir plus hanl , p. t o el »•*>.

sacristie el <lo la bibliothèque du couvent d'Alcobaça. Dans l'ordonnancé qui lui confère ces travaux, i! est déjà nommé maître des constructions du Roi, et, effectivement, de cotte époque à i58i (date de la mort de cet artiste), nous le voyons occupé tour à tour à Alcobaça, à Belem, à Balalha, à Lisbonne, à Tbomar, etc.

5" Turriano (frère Jean), bénédictin et professeur de mathématiques à l'Université de Coïmbre, fut appelé, vers le milieu du xvne siècle, à diriger la construction du monastère d'Alcobaça on même temps que d'autres travaux importants dans les cathédrales de Vizeu et de Lieira, et les travaux des fortifications du royaume.

Eglise du couvent de Batalha (voir fig\ s). — Un 1res grand nombre d'architectes onl travaillé au monastère et à Y église de Notre-Dame de Batalha; ceux dont les noms suivent nous sont seuls connus :

i° Dominguez (Alphonse). — Un document date' du 7 décembre i4ôi, c'est-à-dire postérieur de quinze ans environ au commencement des travaux, donne à Alphonse Dominguez (et non Henriquez), lequel était déjà mort à cotte époque, le titre de maître des travaux du monastère; ce serait donc le premier ou tout au moins l'un des premiers architectes portugais qui y auraient travaillé. Murphy vent, en revanche ' . qne le premier maître des travaux de Batalha soit l'Anglais Stephen Stephenson. appartenant à la corporation des free and accepted tnasotu d'Angleterre, et qui aurait été appelé à Lisbonne par la reine Philippa, femme du roi Jean Ior, lille du duc de Lancastre et petite-fille d'Edouard III d'Angleterre. Hope, autre auteur anglais, cite l'Irlandais David Hacket '*', sinon comme maître de l'œuvre, au moins comme l'un des ouvriers; peut-être ce Hacket est-il le même que Maître Huguet, Huet ou Duguet. (Voir cidessous. )

90 Maître Hcguet, Huet ou Dugdet. — Cité comme témoin dans l'acte concernant Alphonse Dominguez, Maître Huguet aurait été son successeur immédiat, et. suivant divers documents de i65o et 1 ûoi, postérieurs à la mort de cet architecte, le roi don Duarte lui aurait fait donation de la maison qu'il habitait près du couvent, et qui avait été destinée, dès l'origine, à la résidence des maîtres des travaux.

Fig. 2. — Égliso du monastère de Batalha.

M Travels, 1795, p. kk. — Voir plus haut, p. 8.

Ii! Histoire de l'architecture, traduction de A. Babon, in-*'. Bruxelles, 1 83<).

o° Vasqdez (Martins) passe pour le successeur immédiat de Maître rluguet, mais pendant peu de temps, car il était mort en 1/1/18.

h° Evora (Fernao de), neveu de Martins Vasqucz, lui succéda en îkhS et resta charge', jusqu'en 167,'î, des travaux du monastère.

5° Fernande/. (Malhcus), le père et le fils. (Voir plus haut, p. 10 et 1B, et ci-dessus, p. 17)

6° IIenriocez (Philippe) fut chargé d'une partie des travaux de Batalha, vers 1617.

70 Castilho (Jean)(l), né vers 1^90, fut nommé, le U juin i598, maître des travaux de Batalha, après la mort de Matheus Fernandez, le fils.

8° Gomez (Antoine), maçon, cité comme maître des travaux en 1 568.

(f Mendez (Antoine), gentilhomme de la maison rovale, maître des travaux du Roi , en 1578.

io° Costa (Emmanuel da) fut nommé, en iGijo, maître et architecte du monastère de Batalha et da palais de Salvalerra de Maijos etd'Almeirem.

ii° Carvalho e Negreiros (Joseph-Emmanuel de), (ils de l'architecte Eugène dos Santos de Carvalho, naquit en 1751 , mourut en 1 8 1 5 , et avait obtenu, en i8o4, la patente d'architecte des palais royaux et du couvent de Batalha.

12° M. le chevalier Santos Pereira, architecte chargé actuellement des travaux de restauration. (Voir plus haut, p. 12.)

(,) Voir plus haut, p. 17 et 18.

Catliédrule de Braga (voir fig. 3). — L'archevêché de Braga esl le siège épiscopal le plus important de l'antique Lusitanie; son titulaire dispute même à celui de Tolède le droit de s'appeler primai des Espagnes (1), et, comme celle de Tolède, la cathédrale de Braga a conservé le rite mozarabe (i\ C'est un vaste édilice à trois nefs, qui semble remonter en partie attxu' siècle, et qui possède les restes du comte don Henrique, lequel mourut à Astorga en 1112. Cependant cette cathédrale a été restaurée dès le règne de Jean Ier (i385 à 1 433 ) par l'archevêque guerrier don Lourenço.

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Fig. 3. — Cathédrale de Braga.

On remarque, dans la nef du milieu, un magnifique retable en pierre qui fut fait, dit-on, par des artistes du pays de Biscaye qu'avait appelés l'archevêque don Diego de Souza, le même qui, vers i53o, sous le règne de Jean III, fit rebâtir la Capella mer. On y voit aussi, à côté de la porte principale, le tombeau en bronze d'un prince, fds de Jean 1er, mort dans son enfance, tombeau qui avait été fait en Bourgogne, vers 1 A3o, époque du mariage de la sœur de ce prince avec Philippe le Bon. Comme ou le voit, les relations des souverains portugais avec les ducs de Bourgogne se continuèrent pendant trois siècles après la création du royaume de Portugal l3).

(,) Braga, l'antique Bracckara Augusia , est, dit la tradition, la première cité où l'apôtre saint Jacques ait prêché l'Évangile et détruit le collège des Flamines d'où sortaient les prêtres païens qui se répandaient dans la péninsule ibérique. — F. Denis , L'Univers pittoresque ( Portugal) , in-8°. Paris, Didot, i846.

M Lors de la conquête des Arabes, on avait appelé Mozarabes les chrétiens qui, profitant de la tolérance des rois maures, avaient conservé l'exercice de leur culte dans un certain nombre d'églises, dont, entre autres, six à Tolède et une (la cathédrale) à Braga.

™ C'e A. Raczïnski , ouvrages cités.

Cathédrale de Porto (voir 6g. h). — L'origine de cette cathédrale, dite la Se, est 1res ancienne; mais l'édifice actuel, postérieur de beaucoup à l'institutiou du siège épiscopal de Porto, remonte seulement à l'origine de la monarchie (1).

Fig. h. — Cathédrale de Porto.

ff D'après les auteurs portugais, ce serait Dona Tareja, femme du comte don Henriqne, qui l'aurait fait construire {2;; elle a deux tours latérales, trois nefs, et la voûte est soutenue par des colonnes réunies en faisceaux; mais le caractère originaire de cet édifice a disparu au commencement du dernier siècle sous les restaurations modernes de l'architecte italien Nicolo Mazout ou Nazzoni (le même auquel on doit la construction de la haute tour de Y Eglise dos Clcrigos). (les restaurations ont effacé entièrement le caractère primitif de l'ouvrage. Les colonnes, recouvertes de plâtre, ne forment plus de faisceaux, mais sont réunies en une seule masse d'un style indéfinissable et bâtard... Les contreforts de la cathédrale de Porto ont un caractère antique; mais ils sont surmontés de vases modernes a).»

Le cloître, fort curieux, quoique ayant subi des additions de toutes les époques, paraît, comme celui de la cathédrale de Lisbonne, remonter au règne du roi Alphonse IV [i), el peut-être faut-il attribuer certaines parties du cloître et de la cathédrale à Domingo Anrz et à Pero Cerveira, architectes qui travaillèrent à Porto, de 1/12 5 à 1/1/10 (5).

1 On voit Ggurer la ville de Porto parmi les évêchés de la péninsule dès le ve siècle, et l'on attribue la construction de la cathédrale primitive au vic siècle, à l'époque même où le roi suève Théodemir aurait reconstruit, dans cette même ville et vers 57)6, V église de Cedofeita (cito fada, la bientôt faite); mais la cathédrale actuelle n'offre pas départies antérieures à 1092, date delà prise di! la \ille pardon Henrique.

'' Un escalier, désigné encore aujourd'hui sous le nom à'Escada da Réinha et qui servait à faire communiquer la cathédrale avec le palais (aujourd'hui démoli) de dona Tareja, atteste cette tradition.

( ! A. R icxi \ski , ouvrages cités.

' Ce piinic succéda au roi don Diniz en 1 .'i li 5 cl mourut en 1357. (." \. rUczTNSKi, ouvrages cités.

Cathédrale de Lisbonne (voir fig. 5). La cathédrale tic Lisbonne, appelée aussi la Se et basilique Santa Maria, fut longtemps le siège d'un évêcbé suffragant de l'archevêché de Braga, et ce n'est qu'à l'époque où Jean I" fonda une nouvelle dynastie qu'elle reçut, en 1 3 g 3 , le titre d'église métropolitaine; mais elle était, dès j iT)o, sons l'épiscopat de Gilbert, un Anglais qui y lit mettre en usage le bréviaire de Salisburv, nu foyer d'études monastiques qui précéda la création de l'Université de Coïmbre. Détruite une première fois par le tremblement de terre de t'dklt, puis détruite à nouveau et incendiée à la suite du tremblement de terre de 1755, bien peu de parties primitives de cet édifice sont enclavées dans la cathédrale actuelle dont la reconstruction, opérée sur le plan primitif, date de 1767.

Fi<j. 5. — Cathédrale du Lisbonne.

Les grands souvenirs religieux ou historiques abondent dans celte eathédrale; mais les monuments modernes qui les rappellent n'ont pas le caractère des époques primitives (l).

O Consnllor F. Denis, Portugal, déjà cité.

lurr.iMF.iiit: Nationalk. — Am il > SS 1 .

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