TRAITEMENT
Les nombreux traitements qui ont été conseillés dans l’ataxie locomotrice progressive, peuvent être divisés en moyens nuisibles et en moyens palliatifs.
Moyens nuisibles. Dans ce groupe se trouvent les sétons et les cautères. « Souvent, dit M. Charcot, des malades m’ont affirmé que, depuis l’application de sétons ou de cautères, la station et la marche leur étaient devenues impossibles. »
Moyens palliatifs. L’opium, le chloroforme, les injections sous- cutanées calment les douleurs fulgurantes. Les lavements avec l’asa fœtida, dans certains cas, ont chassé les douleurs constrictives. Le nitrate d’argent, l’hydrothérapie, les courants continus et dans ces derniers temps le phosphore, ont souvent amené une amélioration notable.
Nous n’avons pas l’intention de faire l'histoire des différents traitements employés dans l’ataxie locomotrice. Nous voulons seulement indiquer les résultats que nous avons vus. Aussi, nous bornerons-nous à décrire quatre cas que nous avons suivis. Dans le premier, le traitement dirigé contre l’élément douloureux a consisté dans l’application directe de compresses imbibées de chloroforme; dans les trois autres, les cou-
rants continus, seuls, ont été mis à contribution dans le but d’enrayer la maladie.
XVIe OBSERVATION.
Traitement par l’ application directe de compresses imbibées de
chloroforme (communiquée par M. H. Liouville, interne des
hôpitaux).
Rose, âgée de AO ans, née en Belgique, est atteinte d’ataxie locomotrice depuis douze ans. En mai 1866, elle entre à la Salpêtrière dans le service de RI. Vulpian, après avoir passé près d’un an à l’Hôtel-Dieu. Le nitrate d’argent, l’électricité, les injections souscutanées, furent employés sans résultats positifs.
Le 28 avril 1868, la malade est prise de douleurs extrêmement vives à la jambe droite. Ces douleurs fulgurantes sont calmées presque immédiatement par une application directe de chloroforme sur la région douloureuse.
19 mai. La malade est prise depuis cette nuit de douleurs atroces, fulgurantes, se répétant de plus en plus rapidement, limitées à un point, vers la partie externe et supérieure de la jambe gauche. Ces douleurs sont calmées par une application de compresses imbibées de chloroforme. Le soulagement a été instantané.
26 mai. Nouvelles douleurs fulgurantes dans la jambe gauche ; on fait une application locale de chloroforme; les douleurs disparaissent 4 ou 5 minutes après.
12 juin. Douleurs fulgurantes assez fortes, au niveau de la partie interne de l’omoplate du côté droit, s’irradiant un peu du côté du creux axillaire.
L’éther en pulvérisation, vers la région de la colonne vertébrale, est employé, avec l’appareil de Richardson; presque immédiatement la malade est soulagée.
1er juillet. Depuis deux heures de l’après-midi jusqu’à six
heures du soir, douleurs très-vives, térébrantes dans un point trèslimité, à l’apophyse inférieure du cubitus droit. On dirait , avouet-elle, qu’on lui brise ce petit point limité de l’os (la douleur n’allait nullement au delà). Nous lui faisons nous-même une simple application de compresse imbibée de chloroforme, sur le point douloureux . puis nous entourons le tout de taffetas gommé, pour éviter l’évaporation. Au bout de dix minutes les douleurs cessèrent.
Dans la nuit et le lendemain ces douleurs ne sont pas revenues.
h. Elle est prise d’une sorte de crise douloureuse. Douleurs dans les genoux et dans les pieds; de plus une douleur en ceinture vers la région ombilicale. Cette crise a duré toute la journée. Le médecin, appelé un peu tard, a prescrit des compresses de laudanum sur les points douloureux, et une potion contenant du chloroforme. — Cette médication a paru la soulager, mais plus lentement et plus tardivement.