ANOMALIES DE DÉVELOPPEMENT DU THORAX CHEZ LES CHLOROTIQUES
Nous rattachons aux troubles respiratoires que nous venons d'étudier d’autres signes qui ne sont pas sans analogie avec eux. Ce sont des anomalies de développement, sortes de sfigmales de dégénérescence existant chez des individus dont l'évolution est retardée et dont les combustions sont insuffisantes. Ces symp-
tomes ne sont pas constants, mais il n’est pas rare de
les observer.
« La chlorose accusant toujours, en somme, une évolution pubère difficile, on ne doit pas s'étonner de la voir coïncider avec d’autres troubles de cette évolution. C'est probablement pour ce motif que l'on trouve la scoliose assez fréquemment signalée, c'est-à-dire dans la proportion de 12 0/0. Il faut ajouter que chez les sujets jeunes la poitrine est souvent aplatie et encore peu développée. » (Harem.)
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La respiralion des chlorotiques n'est pas sans analogie avec ceilé des scoliotiques. La réduction dé la capacité pulmonaire, la difficulté des mouvements des côtes et du diaphragme et l’ampliation moindre de la poitrine dans l'inspiration tendent à réduire la quantité d'air mise en contact avec le sang dans un temps donné et à rendre l'hématose plus lente et moins parfaite. L'embarras de la circulation pulmonaire qui résulte de ces conditions organiques nouvelles, donne lieu à un besoin de respirer plus fréquent ‘ct à une . augmentation instinctive du nombre des inspirations dans, un même temps.
L'infantilisme, qui accompagne souvent la chlorose, se caractérise par l’exiguïté de la taille, parties molles ét squelette, l'abserice de développement des poils et des seins, l'atrophie teSticulaire chez l'homme et l'état infantile des organes génitaux avec l'absence de ménstfuation chez la femme.
Cette anomalié de déraobobaub el être la coniséquence de l’aplasie artérielle.
Nous n'insisterons pas sur l'aorte chlorotique, constatée pour la première fois par Rokilanski (1) ên 1846, étudiée plus tard par Virchow, dans son mémoire (1870) : cet auteur admettait que les lésions d'angustie artérielle étaient la règle dans la chlorose. C'est aussi l'avis de notre maître, M. Tapret (2), qui, à l'époque
(1) Rokiotanski. Lésion vasculaires et génitales de la chlorose. Handb. dez Pathol..
(2) Tapret. Communication orale.
Où Pérchos (1) publiait son mémoire, avait observé à l'Hôtel-Dieu, dans le service. de M. Oulmont, lun des premiers cas d'aorte chlorotique connus en France.
Pour Benche, l'insuffisance de développement des artères jouerait un rôle dans l'étiologie de la tuberçulose pulmonaire, ce ne serait. donc pas là, une lésion purement chlorotique. Pour Hayem, cette lésion n'est pas constante, Rendu me l'aurait rencontrée que dans des cas de chlorao;anémie luberculeuse, surtout chez les jeunes garçons, en sorte qu'il, serait, rationnel d'en faire une Jésion prédisposant à la tuberculose plutôt qu une lésion prédisposant à la.chlorose.
Il n'y a rien d'étonnant, à. ce que l'aplasie, sad rielle qui produit des lésions secondaires dans les autres organes, comme l'atrophie du rein (1), latro phie cérébrale, amène aussi une véritable a/rophie thoracique et pulmonaire, d'autant plus que, dans ces cas, les individus sont peu développés, infantiles, anémiques.
Cependant Bezançon,(2), dans sa thèse, fait remarquer que l'artère pulmonaire, toujours bien plus large que l'aorte, n'offre aucun degré d'aplasie. Elle avait conservé une dilatation normale, mème chez un sujet qui portait des lésions tuberculeuses du poumon.
{1) Virchow. Gesammelte abhandlungen, 186. Anatomie, 1846. Deutsche klinik, n° 23. 1859. Beitrage zur Geburtsh, 1670, und gynakologie.
(2) Bezançon. D'une néphrite liée à r aplasie artérielle. Thèse de Paris, 1880.
Chlorose des garçons. — On a noté chez eux un défaut de proportion entre le volume du cœur et celui de la cage thoracique constituant cet état auquel on a donné le nom de pseudo-hypertrophie du eœur des adolescents.
L’anémie pourrait, d'après Maurel (1), prendre naissance du seul fait d'une ventilation pulmonaire insuffisante, due elle-même soit à un rétrécissement quelconque des voies respiratoires (tumeurs adénoïdes, hypertrophie amygdalienne}), soit à un mode vicieux de respiration, soit à une diminution de capacité de la cage thoracique, soit enfin à une diminution de la surface utile des alvéoles pulmonaires.
(1) Maurel. De l’anémie par hypohématcse. Paris, 1800.