OBSERVATION V
Recueillie dans le service de M. le docteur Tapret.
L... Léontine, entre salle Chomel, n° 15 bis, le 24 mai 1893, 17 ans.
Antécédenis héréditaires. — Mère morte de phtisie pulmonaire. Père tousse beaucoup. N'a jamais eu d'hémoptysies.
Antécédents personnels. — Coqueluche, fièvre typhoïde dans l’enfance. Pas de traces de scrofule.
La malade entre à l'hôpital, accusant une grande faiblesse depuis un mois. Le facies n’est pas nr à fait celui d’une chlorotique, les pommettes sont roses.
La peau du front, des ailes du nez, le pourtour des lèvres sont jaunâtres. Les conjonctivés et la muqueuse des lèvres sont décolorées.
La malade n’a jamais eu d'œdème des malléoles ni des paupières.
Perte de l'appétit depuis un mois, pas de constipation. Menstruation très irrégulière, réglée 3 fois seulement depuis 4 ans.
ATOS » Poumon. — La malade ne1tousse pas. “Respiralion :chlorolique, obscure au sommet. bid Pas d'expectoration. ‘La malade:n'a jamais ‘eu de crathements de sang. x Cœur. — Souffle systolique dans le deuxième espace”intercostal gauche.
‘Souffle continu des vaisseaux du cou.
Urines normales, peu colorées.
Poids : 48 kilog. 500.
La malade quitte l’hôpital le 16 juillet. L’auscultation des sommets est la même qu’au premier examen. AU ST Poids : so kilogr.
OBSERVATION VI Recueillies par M. Crétel, externe de M, le docteur Tapret.
F... Amélie, âgée de 22 ans, domestique, entre Salle Chomel, n° 14, le 3 novembre 1893.
Antécédenis héréditaires. — Père eczémateux, non rhumatisant. Mère, de bonne santé habituelle, a eu 8 enfants, $ sont vivants (2 sont morts à 4 ans de méningite ?) Pas de tuberculeux dans la famille. : à
Antécédents personnels. — Pas d'autre maladie dans J'enfance que la rougeole.
Pas de coqueluche, aurait eu de la gourme, mais ne.conserve.pas de traces d’adénites, ni de scrofule. Cependant elle est fréquemment sujette à lengorgement. des ganglions sousmaxillaires.
Ellea étévélevée àla campagne-jusqu'à 4.ans, séjour\duParis der#à7 ans: Puis, rétour-à la campagne jusqu'à 17 ans:
Réglée à 10 ans, menstruation très régulière. Accouchement:à 18*ans. Bofinesisuites de couches (enfant chétif mort au bout d’un an). :
Restée au lit pendant: 10 jours, elle se remet à travailler au bout de 2 mois, lors de son retour de couches. Depuis lors, état de fatigue générale, essoufflement facile, se reproduisant au moindre effort : palpitations. La. malade est alors forcée d’arrêter son travail. Elle entre à l'hôpital, le 13 novembre dernier.
Eliai de la malade à son entrée. — Léger acné ‘de la face, lèvres et conjonctives décolorées. Menstruation régulière, mais règles peu:colorées.
Leucorrhée continue, mais peu abondante. La malade-est
nerveuse, irritable; elle ne présente cependant aucun'stigmate de- l'hystérie:
Elle: s’enrhume facilement, mais ne tousse pas: d'habitude d’une façon continue. N'a jamais euwd'hémoptysie.
Amaigrissement considérable depuis deux mois; de 65 kilog., le-poids est descendu à ;< kilog.
Anorexie persistante, vomissements fréquents. Pas de-dilatation de l'estomac. Creux-épigastrique douloureux.
Cœur hypertrophié. Souffle systolique : dans le deuxième espace-intercostal-gauche.
Ronflement.de-læ jugulaire interne.
Bruits du cœur violents, s'entendent dans le dos:
Souffle intermittent carotidien, synchrone avec le pouls: qui est fort, vibrant
Pas de:fièvre. Température 37°,4.
La malade s'enrhume fréquemment, mais ne tousse pas d'habitude.
Las Poumon. — Respiration obscure et un peu rude aux deux sommets surtout à droiteet.en arrière. La malade respire mal. Pas de submatité à la percussion.
Pas de troubles de la sensibilité. Quelquetois névralgies. Aucun stigmate de l’hystérie.
La malade est soumise au traitement ferrugineux.
OBSERVATION VII Recueillie par M. Crétel, externe des hôpitaux.
L.... Pauline, 16 ans, entre salle Chomel, n° 13 bis, le 30 novembre 1893.
À. H.— Père mort d’hémorrhagie cérébrale. Alcoolique avéré. Mère de tempérament très nerveux. Signes d’éthylisme. Ont eu 12 enfants, 3 seulement survivent. Les autres sont morts en bas âge (diphtérie, méningite? convulsion).
Pas d’antécédents bacillaires dans la famille.
A. P. -— Convulsions à l’âge de deux ans. Pas de flèvres éruptives dans l’enfance. Pas de coqueluche.
Aucune trace de cicatrice strumeuse.
Etat actuel: — La malade-entre dans le service, se plaignant de battements de cœur, palpitation (elle est parfois obligée de se lever la nuit, et de se mettre-à la fenètre pour respirer). Ne peut dormir sur le côté gauche.
Grande fatigue s’accompagnant souvent de douleurs abdominales (hyperestésie dans la région ovarienne). Crampes dans les jambes. Maux de tête. Œdème des jambes, plus fréquents à droite. Pas d’œdème des paupières.
La malade est profondément anémiée, c'est le vrai type de
joe la chlorose verte. Päleur généralisée de la face. Les mains, les ongles sont également décolorés.
Les muqueuses sont blanches et exsangues (lèvres, gencives, paupières). Teinte bleuâtre des sclérotiques. Les yeux sont gros, légère exophtalmie. Pas d’hypertrophie du corps thyroïde. Système pileux très développé.
La malade n'esi pas encore réglée. Quelquefois légères pertes blanches.
Troubles de l'appareil digestif. Mange peu, pas d’appétit. Les digestions sont lentes, pénibles, accompagnées de somnolence, de céphalalgie. L’estomac est dilaté, bruit de succussion après l’ingestion des liquides. Pas de vomissements, constipation habituelle.
Le cœur paraît hypertrophié, relativement au poids général de la malade qui est petite, maigre et à faible développement thoracique. Légère déviation de la colonne vertébrale. La pointe du cœur bat violemment dans le 4° espace.
Prolongement soufflant du premier bruit, plutôt que souffle systolique réel. Les deux battements sont fortement frappés, comme martelés.
Un peu de frémissement dans les jugulaires ; souffle doux. Pouls dicrote, lent, 60 pulsations au maximum. Pas de fièvre, langue bonne.
Auscullation pulmonaire. Sonorité paraît normale, peut être une lègère submatité au sommet. |
Malgré cela, on n’entend bien le murmure vésiculaire qu’à la condition de forcer la malade à faire de grandes inspirations, la malade semble autrement ne pas respirer.
Le timbre de la respiration d’une façon générale est un peu rude. Au niveau de l’omoplate gauche, elle prend un timbre bronchique à l'expiration.
En avant; respiration plus forte, plus active. L, ; 7
—.$0 — Urines, normales.
Traitement ordinaire employé dans ces cas de chlorose verte non tuberculeuse, c’est-à-dire : | ’ ; ail ; Protoxalate de fer, 2 cachets de 10 centigrammes ; vin de quinquina ; viande crue ; douches, frictions sur tout le corps.