OBSERVATIONS
OBSERVATION I. (Personnelle.)
Recueïllie dans le service de M. le docteur Tapret (Hôpital Saint-Antoine).
D... Jeanne, âgée de 22 ans, entre salle Chomel, n° 15 bis, le 24 avril 1893.
Anlécédents héréditaires. — Sa mère est en bonne santé. Son père a été tué pendant la guerre de 1870.
, Une sœur, morte de méningite à 7ans.
Un frère bien portant, 24 ans.
Arntécédents personnels. — La malade a eu une laryngite diphtéritique à l’âge de $ ans. (La région cervicale est le siège d'une cicatrice médiane, linéaire, indice de la trachéotomie pratiquée à cette époque).
Pas d'antécédents scrofuleux. Aucune cicatrice d’ aéeites dans la région cervicale. Quoique d'apparence débile, la malade s'est toujours bien portée. Pas de fièvre éruptive pendant l'enfance.
L'établissement des règles s'est fait assez difficilement ; et a nécessité un séjour au lit d’une quinzaine de jours. L'an dernier elle fut soignée salle Chomel, pour de l’anémie qui aurait débuté à cette époque.
Maladie actuelle. — Remonte surtout à 3 mois. La malade ressentit alors une grande faiblesse générale. Elle fut prise de palpitations, avec essoufflement lui rendant difficile l'ascension d’un seul étage. Sujette à de fréquents étourdissements, elle avait une céphalalgie opiniâtre, accompagné de fréquents vertiges. L’appétit avait disparu, les digestions s’accomplissent difficilement. Pas de constipation.
Dès cette époque les conjonctives étaient bleuâtres, et la muqueuse des lèvres décolorée. Amaïigrissement depuis 2 mois. La menstruation qui s'était établie à 13 ans est régulière, mais les règles sont peu colorées et peu abondantes.
Depuis une huitaine de jours, la malade a été prise d’une loux sèche, sans expectoration, avec quelques sueurs nocturnes.
L’auscultation pulmonaire montre au sommet droit une respiration un peu obscure. L’expiration est prolongée. La malade respire difficilement, le murmure vésiculaire semble lointain dans toute l'étendue du poumon, et les inspirations sont plus fréquentes que normalement. é /
Pas de points douloureux de la poitrine.
Au cœur, souffle systolique à la base, ayant son maximum d'intensité à la partie interne du 2° espace intercostal gauche. Ce souffle ne se propage pas suivant les vaisseaux.
Pouls faible, irrégulier.
Bruit de diable au niveau de la jugulaire interne droite.
Pas de frémissement perceptible au toucher.
Pas de dilatation de l'estomac.
La malade n'a jamais eu d’œdème des jambes.
Urines abondantes, peu colorées, sans albumine.
Traitement. — Todd, viande crue, douches, frictions, protoxalate de fer, à la dose de 20 centigrammes par jour. Le 20 mai. — La malade se plaint d'un point de côté à la
base gauche. L'auscultation ne décèle pas de frottements. Mais la respiration est toujours faible, lointaine, se fait par saccades ; mais si l’on dit à la malade de faire effort pour respirer, le murmure vésiculaire redevient normal. Du reste pas d'expectoralion, ni de fièvre.
La malade, très améliorée par le traitement, demande sa sortie le 4 juin 1893.
OBSERVATION Il. (Personnelle.)
Recueillie par M. Sellerier, externe des hopitaux.
P... Gabrielle, âgée de 16 ans, entre dans le service de M. le docteur Tapret, salle Chomel, le 3 juillet 1893.
Antécédents héréditaires. — Mère morte à $o ans. Pas de cause connue.
Père bien portant. Ni frères ni sœurs.
Antécédenis personnels. — Aucune maladie antérieure. Pas de gourme dans l'enfance : région cervicale vierge de cicatrices d’adénite.
Depuis une quinzaine de jours, la malade se plaint d’une faiblesse générale. Elle est prise fréquemment de violents maux de tête, l'insomnie est constante.
Les digestions se font mal, l'appétit est diminué ; après ses repas, la malade ressent une pesanteur stomacale persistant quelquefois plusieurs heures. Pas de vomissements. Dilatation de l'estomac. Le phénomène de la succussion est facile à per-
cevoir dans la région sus-ombilicale. Gastralgie très doulou-
reuse. Constipation alternant avec des crises de diarrhée abondante. |
A son entrée, la malade présente un facies blanc, couleur de cire. Les conjonctives et les muqueuses labiales sont décolorées. La pâleur du visage est surtout manifeste, au niveau du front et du pourtour des lèvres. Les yeux sont cernés. Pas d'œdème des paupières. k
La malade n’a jamais toussé.
Le L'aescullation du poumon ne décèle aucun pue morbide, mais le rythme respiraloire est irrégulier, inégal, faible.
Le murmure vésiculaire normal aux bases, s’entend difficilement aux sommets, où on ne trouve ni frottements ni craquements secs. Pas de submalité à la percussion. On ne relève du reste dans l’histoire de la malade aucune trace. de tuberculose. Quand la malade s'efforce de respirer fortement, la respiration devient alors très perceptible aux sommets.
Pas de toux, ni d’expectorations. Il a été impossible de rechercher l'existence de bacilles de Koch dans les crachats. Palpitations fréquentes se montrant à la suite du moindre effort.
Au cœur, prolongement du premier bruit à la base. Léger bruit de rouet dans les vaisseaux du cou.
Foie et rate normaux. rt : Pas d’albumine dans lurine. Quelquefois œdème: des jambes le soir. Menstruation. établie il y a deux ans, régulière d’abord, puis irréguhère, s’accompagnant de deucorrhée. : :» Pas de ménorrhagie.
La malade est soumise dès son entrée au traitement par le protoxalate de fer à la dose de rs centigrammes par jour. Potion de Todd, viande crue, douches, frictions.
Elle quitte l'hôpital le 3 août 1893, phare rentrer. salle Ghomel le 6:septembre suivant. |
M ème état que lors de son départ. DE .L'ausculialion des sommets est la mème qu’au premier examen, peut être, le murmure vésiculaire s'entend-il mieux. Pas :de etaquements, la respiralion est 7e mais Sans: puis morbides. A: | Cœur : souffle systolique dela base, RATS le prolonge- “ment du premier bruit signalé ;plus haut. Ce souffle est doux, “voilé-et siège dans.le deuxième espace intercostal gauche,
OBSERVATION III. (Personnelle.) ‘sn
P... Clémence, âgée de 21 ans, domestique, entre ‘shlle Chomel, le 12 novembre 1892.
Anlécédents héréditaires. — Père et mère bien portants.
Antécédents personnels: ++ /Rougeoleà 1>ans. Menstruation. à 17 ans. Règles très rares, tous les 3 ou 4 mois, peu abondantes, décolorées.
Depuis 2 ans, diminution notable des . Canhaliie fréquente, pas d’épistaxis. Essoufflement, palpitations, douleurs vives au niveau du creux épigastrique, devenant encore plus fortes après les repas. Perte de J” appétit, digestions difficiles.
::-Depuis quelques mois, la malade se sent très fatiguée ; soumise en ville à un régime fortifiant (gouttes amères, vin de quinquina), elle a «cependant continué son ‘travail. Mais les
‘forces continuant à diminuer, la malade se décide à entrer à Bhôpienl> 1.3
Etat actuel. — Pas d'apnésic, dégoût de la viande, Re lection pour les fruits, la salade, les aliments acides. Douleurs
At stomacales après les repas, mais la région épigastrique n’est pas sensible à la pression. Cr pas de crises diarrhéiques.
Pas de toux, mais par moments dyspnée assez vive avec palpitations. Vertiges, étourdissements.
Respiration obscure dans toule l'élendue du poumon. Légère déviation de la colonne vertébrale.
Douleurs lombaires fréquentes.
Au cœur. Léger souffle systolique à la pointe, au niveau du bord gauche du sternum, dédoublement du premier temps à la base.
Urines. Polyurie et pollakiurie ; elles sont pâles, abondantes, mais ne renferment pas d’albumine.
La malade quitte l'hôpital peu de jours après son entrée. Etat stationnaire.
" OBSERVATION IV Recueillie dans le service de M. le docteur Tapret.
F... Fernande, salle Chomel, n° 16, 18 ans.
Antécédents héréditaires. — Père atteint de bronchite chronique.
Anlécédents personnels. — A l’âge de 12: ans, chorée ayant duré un mois ? Depuis deux mois, aménorrhée, faiblesse générale: Le facies est blanc jaunàtre, légèrement couleur de cire. Les conjonctives et les lèvres sont décolorées: La langue est belle, rose. Pas de traces de strume, pas d’adénites cervicales.
À l’ausculiation des poumons, on constate que la respiration est un peu rude aux deux sommets; respiration chlorolique.
Faiblesse du murmure vésiculaire dans le reste de la poitrine. Pas de bruits morbides. Pas d'expectoration.
Rien à noter dans les autres organes.
Rien au cœur. Peut-être prolongement du premier bruit à la base.
Urines ne renferment pas d'albumine,
La malade quitte l'hôpital le 6 novembre 1893, légèrement améliorée par le protoxalate de fer et les toniques.
Mèmes caractères de la respiration.