‹ Étude sur Quince CurceChapitre 101 sur 398 · I. C. MuLi.ER, Script. Rer. Alex., préf., ni, et page lo · texte numérisé non relu

I. C. MuLi.ER, Script. Rer. Alex., préf., ni, et page lo

8. J. G. Droysen, Op. l., append. I, page 749. Droysen ne croit pas toutefois que Quinte Curce ait directement utilisé l'œuvre de Clilarque.

9. A. 'ècnosE, Analecta Philologica Uistorica. — De rerum Alexandri magni scripiorurn... fontihus. Leipzig, 1870. Il n'est pas très affirmalif. Cf. page 51. » Aliter de Curtio judieandum qui Timagenis libro videtur usus esse, « quique haud scio an ex solo Timagene Clitarchum noverit. »

10. G. Bernhardy, Grundriss der Rbmischen Literatur, Op. L, page 729.

II. C. R.\u\, de Clitarcho, Diodori, Curtii, Justini auctore. Bonn, 1868.

12. RA^•EN AND Heitland, A portion of the history of Q. Curlius. Cambridge, 1879. Introduction, pages 10, 11.

13. A. ScH.EFER, Arbri.ss der Quellenkunde der Griechischen und Rômischen Geschichte, 3' édition, I^e partie, page 73. C'est encore l'opinion d'Unger {Philologus, t. XXXVII, page 11), de Duncker [Geschichte der Alterthums, 1878, t. II, page 15). Grote [Histoire de la Grèce, trad. Sadous, Paris, 1866) ne se prononce pas; cf. t. XVIII, pages 144, 246.

14. A. Miller [Die Alexander geschichte nach Strabo, I^^ partie, Wurzbourg, 1882, page 23, note) admet que Clitarque a surtout fourni à Quinte Curce des données géographiques.

15. Fr. Sch.mieder, éd. de Quinte Curce, Gôttingue, 1803, page 11 :<< Ex tur- « bidis plerumque fonlihus liausis?e merito arguilur. Namque plures eum « auctores habuisse, Clitarchum, Timagencm et Ptolemœum ipse tcstatur. »

exprimée ne mérite guère l'attention, — Pétersdortï soutient que Quinte Curce. tout en se servant des données de Clitarquc, en a corrigé les erreurs, surtout d'après Ptolémée et Callisthène * ; le même critique, dans une brochure toute récente, s'efforce de démontrer que Trogue Pompée a en outre été utilisé par Quinte Curce -. Karst ', comme Pétersdorff, admet que l'ouvrage de Clitarque est la base du récit de Quinte Curce, mais il croit pouvoir affirmer que l'historien latin s'est en outre servi des travaux de Timagène et d'Artémidore, et enfin d'un recueil de documents * publié probablement par Strabon. Eussner et Laudien s'écartent davantage de l'opinion traditionnelle. Quinte Curce, suivant le premier ^, n'a connu directement ni Clitarque, ni Aristobule, ni Ptolémée; il a, suivant le second ^, fait usage de Callisthène, d'Onésicrite et d'Aristobule, et les ressemblances évidentes que présente son récit avec celui de Clitarque viennent de ce qu'il a imité l'ouvrage d'Onésicrite, ouvrage dont Clitarque s'est lui-même servi. Laudien, on le voit, reprend presque complètement l'opinion de Pateanus et de Freinsheim; Kôhler " s'en éloigne absolument. Il s'efforce d'étabhr un compromis entre les deux systèmes le plus généralement adoptés, et prétend que l'ouvrage de Quinte Curce est fait d'après une histoire d'Alexandre écrite au temps d'Auguste sur les données fournies par Clitarque ^ Brôcker, dont

1. R.- Pétersdorff, Diodonix, Curtius, Arrianus quibus ex fontibus expeditiones ah Alexandro in Asia iisijue ad Darei inortem factas hauserint? Danzig, 1870, et I Aufgahe dcr Quellenforschung fur die Geschichte Alexanders utid ihre biaherigen ResuUate. Program. Flensburg, 1S72.

2. R. Pétersdorff, Eine neue Hauptquelle der Q. Curlius Rufus. Haanovre, 1884.

3. J. Kaerst, Beitvàge zuv QuellenUritik des Q. Curlius Rufus. Gotha,

4. Tu. VoGEL (éd. de Quinte Ciirce, Leipzig, 187o, t. 1, introd., page 6) admet aussi l'existence d'un recueil de ce genre.

5. A. EussiNERjLiïeramcAe Centralblatt, 1871, page 1034. Philologus, XXXII, page 162.

6. C. F. Lai'DIEn, Ueber die Quellen zur Geschichte Alexanders des Grossen in Diodor, Curtius iind Plutarch. Konigsberg, 1874.

7. R. Kohler, Eine Quellenkritik zur Geschichte Alexanders des Grossen in Diodor, Curtius und Juslinus. Leipzig. 1879.

8. C'est seulement pendant l'impression de notre thèse que nous avons eu connaissance du dernier travail de Pétersdorff et de celui de Frankel; nous n'avons donc pu utiliser, autant que nous l'aurions désiré, ces deux intéressantes publications; nous n'aurions eu d'ailleurs à modifier ni notre méthode, ni notre opinion. Signalons encore une dissertation de H. Kal-

la critique est plus négative qu'affirmative, semble vouloir réagii contre l'opinion des écrivains qui considèrent Clitarque comme! la source principale de Quinte Curce; il croit que l'auteur latin' a souvent mis à contribution Aristobule et Ptolémée ^ H. Crohn prétend que Quinte Curce a utilisé l'ouvrage de Clitarque et celui de Trogue Pompée ^

Enfin, A. Frankel, dans un volumineux et savant travail, s'est efTorcé de démontrer que l'histoire de Quinte Curce, sauf quelques rares passages empruntés à Timagène, est écrite en entier d'après l'ouvrage plusieurs fois remanié de Clitarque '. I

Des divergences aussi prononcées, des efforts si souvent" répétés et si infructueux sont bien faits pour causer un profond étonnement. Cet étonnement, loin de diminuer, augmente quand on examine les choses de près. Parmi les critiques que nous avons nommés, les uns — et c'est le plus grand nombre — n'apportent aucune preuve à l'appui de leur assertion; les autres paraissent raisonner d'après une idée préconçue. Il y aurait évidemment injustice à accuser de légèreté les premiers de ces critiques; des hommes comme Droysen ou Mommsen ne peuvent en être soupçonnés; on ne peut cependant se défendre de leur reprocher de ne nous avoir pas fait connaître les arguments sur lesquels ils appuyaient leurs affirmations. On n'ose pas davantage dire des seconds ce que Fréret disait de cer-

LENBERG (PhUologiis, t. XXXVI, page 488 1; il y démontre que Quinte Curce a suivi un autre auteur que Diodore et Justin. — Maxim. Pos.ner {Quibus auct... usus sit Dio Cassius, Bonn, 1874; prouve que Quinte Curce s'est servi d'un ouvrage écrit en latin. Cf. quelques autres indications bibliographiques dans le t. III de la traduction française de Droysen, pp. /., pages 77o, 776.

1. L. 0. Broecker, Modenu- Qucllenforscher tind antike Geschichtschreiier, Innsbriick, 1882, page 4, sqq.

2. H. Croiin, Du Trofji Pompei apud antiquos auctoritate, Strasbourg, 1882, page 23, sqq. Petersdorff (cf. supra, page 105, note 2), qui a récemment professé la même opinion, ne paraît pas connaître l'opuscuie de Crohn, du moins il ne le cite pas.

3. A. Fre.nkel, Dk Quellen der Alexanderliistoriker. Breslau, 1883. Il dit» pages 460, 461 : « Die Quelle Diodors war eine nur wenig durch Zusatze oder Missverstandnisse verJinderte Bearbeitung des Klitarch. Dièse Bearbeitung wurde dann von einem anderen Autor einer weiteren Modification unterworfen, und dièse so modificirte Klilarchbearbeitung wurde dann sowohl von dem Verfasser der Quelle des Curlius, wie von dem Verfasser der Quelle des Trogus als Grundlage benutzl, auf der jeder

seine Compilation aufbaule Curtius hat neben dieser Compilation noch

den Timagenes, abcr anscheinend sehr spiirlich benutzt. »

tains historiens de son temps ^ : « Ils ont commencé par prendre < leur parti... sur une légère et superficielle inspection... et, ' après cela, ils semblent avoir étudié non pour parvenir à la (( connaissance de ce qui est, mais pour trouver des preuves de <' ce qu'ils ont imaginé devoir être. » On n'ose pas, et l'on a sans doute raison; on est en revanche parfaitement en droit de leur reprocher de n'avoir pas adopté une méthode rigoureuse et (le s'être ainsi volontairement mis dans l'impossibilité d'arriver à une solution définitive. En effet, aucun de ceux qui se sont occupés du problème dont nous parlons ne semble s'être fait une idée bien nette de la marche qu'il y avait à suivre pour le résoudre.

Sainte-Croix se contente le plus souvent de prendre un passage attribué à Clitarque, de le rapprocher d'un passage correspondant de Quinte Gurce et d'en conclure que l'historien grec est la source de l'historien latin. Raun fait de même en général, quoique avec plus de détail. Ce simple rapprochement de passages pris au hasard est évidemment insuffisant : deux historiens racontant les mêmes événements, parlant des mêmes personnages, ont dû forcément se rencontrer en bien des points, sans qu'il soit permis de tirer de ces coïncidences, peut-être fortuites, un argument décisif. Les écrivains postérieurs à Raun n'ont pas usé de procédés sensiblement différents; tout au plus ont-ils ajouté à ces rapprochements la critique des solutions proposées avant eux. Dans ces conditions, la question des sources de Quinte Gurce ne pouvait guère être résolue d'une manière définitive; aussi ne l'a-t-elle pas été. Et, de fait, cette question des sources, toujours fort difficile à résoudre, l'est encore beaucoup plus quand on l'étudié dans les historiens d'Alexandre et en particulier dans Quinte Curce.

Là, en effet, tout point d'appui fait défaut ; les récits des contemporains d'Alexandre ont disparu presque complètement ; à peine les connaissons-nous par les rares citations, citations peu littérales d'ailleurs, qui en ont été faites par les écrivains grecs ou latins; le critique moderne se trouve ainsi dans l'impossibilité absolue de remonter à la source primitive au moyen d'une

1. Mémoires de littérature tirés des registres de l'Académie royale des inscrij)tions et belles-lettres, 1729, t. VI, page 148.

comparaison des formes du langage , du tour donné aux idées et à l'expression des faits, de l'esprit général de l'ouvrage.

Pour Quinte Curce, la difficulté s'accroît encore. Les deux premiers livres de son histoire sont perdus, et leur perte nous prive probablement d'un point de départ fort utile. On peut, en efl'et, supposer avec beaucoup de vraisemblance qu'il avait, en commençant, donné, comme Arrien * et Denys d'Halicarnasse -, la liste des auteurs sur lesquels il s'appuyait, ou tout au moins qu'il avait indiqué à grands traits sa manière d'envisager l'histoire et la façon dont il avait réuni les matériaux de son ouvrage ^ ; Diodore ^ l'avait fait au début de son quatrième livre, et Plutarque ^ dans la préface de sa biographie d'Alexandre.

Nous n'avons pas même la ressource de feuilleter les livres qui nous restent de VHistoire d'Alexandre et d'y recueillir les noms des historiens que Quinte Curce cite à l'appui d'un fait particulier. Si, en effet, Arrien, après nous avoir déclaré dans sa préface qu'il a surtout pris pour guides Ptolémée et Aristobule, se réfère encore à l'autorité d'Aristus ", d'Asclépiade ', de Néarque *, de Mégasthène ^, d'Ératosthène "*, d'Onésicrite *', des ^aTO.s'.o'. s'^Y,u.sp'lo£; *- et même des lettres d'Alexandre *^; si Plutarque nomme à son tour Aristobule '\ Ératosthène '% Oné-

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