‹ Étude sur Quince CurceChapitre 107 sur 398 · Plutarque, Alexandre, lii · texte numérisé non relu

Plutarque, Alexandre, lii

auxquels on est arrivé n'ont rien d'assez particulier ni d'assez précis pour qu'il soit permis de les prendre comme point de départ d'une argumentation solide. Restent les œuvres des autres historiens d'Alexandre, des géographes et d'Arrien. Ni les unes ni les autres ne fournissent beaucoup de renseignements; les œuvres des historiens sont perdues et les fragments que nous en connaissons sont assez pauvres en indications numériques; les ouvrages géographiques ne sont pas plus riches. L'histoire d'Arrien n'offre pas non plus toutes les ressources qu'on s'attendrait à y trouver; son auteur ne donne, de parti pris, que les chiffres adoptés par Ptolémée ou Aristobule, et encore les donnet-il avec assez de parcimonie; il n'est pas rare, en effet, de trouver dans Quinte Gurce et dans Arrien un même fait raconté de la même façon, seulement dans le second manquent les indications numériques données par le premier '. Au reste, nous ne sommes guère plus avancés quand nos deux historiens rapportent des chiffres identiques, Arrien omettant ordinairement de dire s'il cite ses chiffres d"après Aristobule ou d'après Ptolémée ^ Dans ces conditions, les rapprochements entre les données numériques appuyées du nom d'un historien ou d'un géographe et les données correspondantes de Quinte Curce ne peuvent qu'assez rarement se présenter; les suivants seuls ont un caractère absolu d'évidence :

PoLYBE, XIT, 19 (d'après Callisthène qu'il nomme expressément) :

xal Tton^aaaôat to pàOoç aùr/j; eui TOtaxovTa xai ouo.

Strabon, XV, 727, xar' 'Epaxo-

176ÉVY1 xàvTEÎJOev (de Persépolis)

ItzX toÙ; Kasaavia; opouç àXXot ytXiot é^axoff'.oi.

Quinte CnacE, III, ix, 12 : triginta et duo armatorum ordines ibant.

Ql'inte CrncE, V, iv, 5 ; namque Persis ;ib alLero latere perpetuis montium jugis claudiLur. Hoc dor-

sum... in longitudinem M D C

stadia procurrit.

Si l'on ajoute à ces passages celui dans lequel Quinte Curce donne positivement d'après Glitarque le chiffre des pertes subies

1. Cf., par exemple, Quinte Ctrce, VII, v, 27, et Arrien, III, xxix, o. — Quinte Curce, X, i, 1, et Arrien, VI, xxvii, 3, sqq. — Qui?(te Cdrce, VI, iv, 2, et Arrien, III, xxiii, 2. — Quinte Curce, VI, v, 22, et Arrien, III, xxiv, 4.

2, Cf. Arrien, II, xx, 9, et Quinte Curce, IV, m, 12. Cf. J. Mutzell, Op. L, pages 231, 439, 440, 321, o23, .>43, 532, 621, 670, 708, 885.

par les Indiens*, on aura la liste bien courte des témoignages, relatifs à des évaluations numériques, dont l'attribution à un historien déterminé se trouve expressément constatée.

Tout rares qu'ils sont, ces témoignages n'en sont pas moins précieux; ils nous autorisent à reconnaître l'un ou l'autre de ces écrivains comme auteurs de certains renseignements numériques à propos desquels l'hésitation était jusque-là permise. Ainsi nous pouvons sans trop de hardiesse admettre que les chifîres ^ donnés par Quinte Curce, III, viii, 24, sont empruntés à Gallisthène ^ que les évaluations de la hauteur de la roche Sogdienne*, de la distance entre le Tigre et l'Euphrate ^, de l'étendue des murailles de Babylone sont dues à Eratosthène. Le passage qui contient cette dernière évaluation mérite même qu'on s'y arrête un instant. On a cru pendant longtemps que les renseignements qu'il contient avaient été empruntés à Glitarque; il n'en est rien, les chiffres donnés par Quinte Curce sont assez différents de ceux que Diodore donne d'après Glitarque ; en revanche, ils sont presque identiques à ceux que Strabon rapporte, très probablement d'après Eratosthène, son guide le plus habituel dans toutes los parties de sa géographie où il ne cite pas en termes exprès Ir-

1. QtnxTE Curce, IX, viii, 13 : Octoginta milia Indorum in ea regioue caesa Clitarchus est auctor.

2. Quinte Curce, L. l. : Darium XXX Inde stadia abesse prasmissi indicabant.

3. PoLYBE, XII, 20 : [Astà fîk ta-jTâ çricri (Gallisthène) (ietojuyîoov ayciv Tr,' S'jvaaiv aTiÉ/ovta tcov t:o/.£;j.'!cov tteoi t STTap cxy.ovT a o-Taoîwv. 11 y a, on \'voit, une légère difTérence entre les deux chifTres, mais elle est moins importante qu'elle ne paraît, car Callisthène donne un nombre approximatif et Quinte Curce un nombre rond; peut-être d'ailleurs serait-il permis de corriger le texte de Quinte Curce, tout le passage en question étant presque entièrement écrit d'après Callisthène.

4. Strabon, XI, page 517 : Tt,v ixsv o5v SKTtuiîOûoy TtevTExaîSexa cxa-

Sîtov lïTopoOat Tc» u'ioî

XT,V ûï

S. Strabox, XVI, page 746 : Tô \ùm O'jv jjLéyiffxov b àyîfjTavTat otâffTr.ixa à7:'a).).r|).(ov to irpoç toî; opejîv Ivxv toOto ô'av tvfi TÔ aÙTQ onsp EÎp-r,-(tEv

EpaTO70Évr,ç, xb à-ô QThiyrt'j Èti'i

TYiv ToO Tîypioç ôiâpas'.v.... Si5-/i),{wv -rexpaxoCTÎwv (sraoîwv).

Quinte Curce, VII, xr, 2 : Petra (en Sogdiane) in altitudinem XXX emi- net stadia.

Quinte Curce, V, i, 13 : Duo milliù et quinfjenta stadia emensi sunt qui amplissitman intervallum (du Tigre i l'Euphrate) circa Armeniœ montei notaverunt. — Le chiffre de Quinte Curce est un peu plus fort ; peut^ être Terreur vient-elle de Strabon qui ailleurs XI, p. 521) donne exa^ temeut le chiffre de l'historien latil

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auteurs qu'il suit. Le simple rapprochement du texte des trois écrivains sera le plus concluant des raisonnements :

DiODORE, II, vri, 3 : w; ok K),ciTap-/Oî xai.r... Ttvk; àv^i'pxi'xv, Tp'.axosiwv l;r,xovTot TtiVTE ff-caoîtov....

To jx-kv 'j'I/O!;, wî jxkv Kxr,- 7La; ?r,7'', Tiîvx-riy.ciVTa opyj'.wv, wç o'i'i'.o'. xîù'i ytti)- TÉptiiv eypx'j/av, •KTi'/Hyi

TtEvTriXovTa T'jpYO'j; ok

Tov [xkv àp'.Baov o'.axo - <jîo'j; xoi Tî&vTT-xov-a, to

àva/.oYOu TÙ p i p £ '.

T to •; X a T à t o t £ I y o ; (Épy wv.

Strabon, XVI, p. 738 :

TQv OS x'Jx),ov ïyzi TOO Tcî/ovç Tpiaxoctwv

I^V'^O"''^* îîévTE (TTÏ-

oîwv, Ttiyoz ok toO te-'- /o'Jî 7:ooâ)v ô'jo xa'i TotixovTa , ■J'j'o; ok Twv jjLSdO'y^upYÎojv ii r, }( e 1 1;

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