R. KÔHLEB, Op. t., page 14, sqq
division, souscrivons à l'attribution que M. Kuhler fait à Glitarque de la première et de la troisième de ces parties, et voyons ce qu'il est possible d'en tirer.
Tout d'abord, la première et la seconde partie ne sauraient nous être d'aucun secours ; l'une, parce qu'elle correspond aux livres perdus de Quinte Curce; l'autre, parce qu'elle n'offre que des traces fort rares de l'influence de Glitarque. Reste donc la troisième, qui correspond aux six derniers livres de Quinte Curce.
Cette partie — au dire de M. Kuhler, dont nous acceptons l'argumentation — est écrite d'après l'ouvrage de Clitarque. L'est-elle absolument, dans le sens strict du mot? Il serait peutêtre permis d'en douter, puisque la description du fameux bûcher d'Héphestion, comprise dans cette dernière partie % ne se trouve donnée que par un seul écrivain, qui n'est pas Clitarque^; mais, enfin, acceptons sans réserve la conclusion de M. Kôhler, — du reste vraie en général, — s'ensuivra-t-il que les cinq derniers livres de Quinte Curce soient nécessairement empruntés en entier à Clitarque? non pas : Quinte Curce — c'est un fait dont on a déjà pu s'apercevoir — ne se sert pas toujours du même auteur, il complète l'un par l'autre les historiens qu'il utilise, et mêle volontiers des données différentes prises à des sources diverses; c'est dire que, dans ses six derniers livres, il n'a pas mis Clitarque seul à contribution. Le problème que nous nous étions posé reste donc intact; mais le moyen de le résoudre nous semble ressortir de tout ce qui précède. Diodore, avonsnous dit, s'est en général servi de Clitarque, Quinte Curce s'en est servi, lui aussi, mais moins exclusivement, donc tout passage de Quinte Curce donnant un renseignement fourni par Diodore et omis ou contredit parles autres historiens d'Alexandre pourra être considéré comme très probablement emprunté à Clitarque.
L'application de cette règle à l'histoire entière de l'auteur que nous étudions ne conduira pas à des résultats d'une rigueur mathématique; elle permettra cependant de mesurer l'influence que CUtarque a exercée sur Quinte Curce et de rapporter à son ouvrage l'origine des passages suivants :