‹ Étude sur Quince CurceChapitre 149 sur 398 · II. Quinte Curce, V, vi · texte numérisé non relu

II. Quinte Curce, V, vi

15. Quinte Curce, V, ii, 1, sqq. On trouvera encore des détails plus on moins importants dans les passages suivants, Quinte Curce, III, i, S ; IV, I, 34, u, 13, V, 3, 9; V, u, 16, m, 6, iv, 20, v, 11, vu, 30; VII, iv, 32, vi, 12. IX, 18, 20; VIII, n, 18, xiv, 33; IX, vu, 4, x, 21.

ouvrage? C'est là une question insoluble et dont la solution importe peu. Il suffit de constater ici que cet ouvrage, quel qu'il soit, a été largement mis à contribution par Quinte Curce ^.

Cette constatation faite, récapitulons les résultats que nous avons obtenus.

Partant de ce principe que la présence de certains faits déterminés dans l'œuvre de Quinte Curce établissait une filiation indiscutable entre cette œuvre et les ouvrages antérieurs qui les avaient fait connaître tout d'abord , nous sommes arrivé à réunir les noms d'un certain nombre d'écrivains.

Restait à savoir dans quelle mesure Quinte Curce s'était servi des ouvrages de ces écrivains.

Pour résoudre cette question , nous avons comparé avec l'œuvre de Quinte Curce les ouvrages de ces historiens ou, à leur défaut, les représentants de ces ouvrages, les fragments qui en survivaient, et nous nous sommes cru autorisé à considérer comme emprunté à tel ou tel historien tout fait qui, donné par cet historien seul, ou donné par lui avec des circonstances caractéristiques, ou enfin raconté dans les mêmes termes , se retrouvait dans Quinte Curce.

Nous avons pu ainsi constater un certain nombre de faits qui se résument de la façon suivante : 1° Les travaux de Clitarque, de Callisthène, d'Aristobule, de Ptolémée, de Trogue Pompée, de l'auteur anonyme forment, dans des proportions inégales, le fond de la narration de Quinte Curce. 2° Les relations des autres historiens ou des géographes ont fourni des détails accessoires ou rectificatifs.

Ces résultats ne satisferont pas à coup sur toutes les curiosités; on voudrait savoir si quelqu'un de ces écrivains a exercé

1. Cet auteur anonyme a peut-être servi à Pline; on rencontre en efiet dans VHutoire naturelle certaines assertions qui se retrouvent dans ïllistoire d'Alexandre, et sont omises ou contredites par les historiens que nous connaissons. Cf. Qiinte Curce, V, i, 24 : « condidit... Belus cujus rerjia oslenditur, » et Plise, VI, xxx, 4 : » durât adhuc ibi Jovis Beli teuaplum. « DiODORE, H, 7, dit le contraire. — Quinte Curce, V, vn, 1, sqq., incendie de Persépolis, et Pline, VI, xxix, 4 : « Persepolim, caput regni, dirutum ah Alexandro. » — Quinte GuriCE, VIII, x, 12 : <i inde Grœci... Jovis femine Liberum Patrem esse celatum, » et Pline, VI, xxi, 23 : « unde origo fabulœ, Jovis femore editum (Liberum). « — Quinte Curce, V, vu, 9, dit que l'Araxe baigne les murs de Persépolis; Pline, Histoire naturelle, VI, xxvf, commet la même inexactitude, etc.

une influence prépondérante sur Quinte Curce, et si, par exemple, c'est d'après Ciitarque qu'ont été rapportés les faits donnés par tous les historiens.

Il est malheureusement plus facile de poser de telles questions que de les résoudre. On ne peut en effet songer ici à s'appuyer sur le caractère des ouvrages dont Quinte Curce a fait habituellement usage, le caractère de ces ouvrages ne nous étant connu que d'une manière très imparfaite et seulement par des intermédiaires. On ne saurait davantage arguer du nombre plus ou moins considérable de faits particuliers empruntés à telle ou telle relation; les tableaux que nous avons dressés ne montrent pas qu'aucun de ces ouvrages ait fourni à Quinte Curce un contingent de faits particuliers sensiblement supérieur à celui qu'ont fourni les autres. Dans ces conditions, on doit, quoi qu'on en ait, se contenter des résultats auxquels nous sommes parvenu, car c'est surtout en de pareils problèmes qu'il faut, suivant le mot de Malebranche, « tendre à la précision sans y « vouloir prétendre ».

n. Questions diverses sur Quinte Curce et les auteurs dont il s'est servi.

I. Hypothèse d'un recueil antique des historiens d'Alexandre. Hypothèse d'un remaniement de Ciitarque. — H. Valeur des sources de Quinte Curce.

De tout ce que nous venons de dire, il ressort, semble-t-il, que Quinte Curce a utilisé des sources fort différentes; mais cette pluralité des sources ne serait-elle pas plus apparente que réelle, et ne serait-il pas possible d'expliquer autrement la présence dans un même ouvrage de documents d'origines si diverses? Plusieurs critiques allemands l'ont pensé.

Partant d'une théorie générale dont Nissen * et Gutschmjd *

1. H. Nissen, Kritische Untersuchungen ûber die Quellen der 4 und 5 Dekade des Livius, Berlin, Weidmann, 1863.

2. Philologus, XI, page 149, sur la méthode des historiens latins de l'empire, et Rhein. Mus., XXXVII, page 548, sqq., sur Timagène considéré comme source de Trogue Pompée.

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sont les plus illustres défenseurs, ils admettent a priori que les historiens anciens — les historiens latins surtout — ne faisaient jamais usage de plusieurs sources à la fois. D'après eux, ces historiens se contentaient de transcrire l'ouvrage qu'ils avaient sous les yeux, sans s'inquiéter d'en vérifier les assertions par une comparaison quelconque avec d'autres documents ; ils consentaient tout au plus à échanger parfois leur guide ordinaire contre un autre guide, qu'à son tour ils abandonnaient bientôt, pour reprendre celui qu'ils avaient pour un moment laissé de côté. Ces critiques ont en un mot pris à la l(?ltre l'axiome formulé par Nissen, et, pour eux comme pour lui, « la simple transcription « des sources, avant l'invention de llmprimerie, aété la méthode « de composition ordinaire. Comparer plusieurs récits phrase « par phrase, et faire ensuite un choix a été, pour des raisons « techniques, une tâche interdite aux historiens de l'antiquité ^ »

Cette théorie, vivement attaquée en Allemagne dans ces dernières années *, a été diversement appliquée par les critiques qui se sont occupés des sources de Quinte Gurce.

Ces critiques ', s'inspirant d'idées émises par Nissen, ont imaginé des expédients de toute sorte pour ne pas être infidèles au principe qu'ils s'étaient imposé. Suivant eux, Quinte Curce a bien écrit d'après Glitarque, mais il a corrigé les erreurs de son guide d'après les sources d'Arrien ou avec l'aide d'un recueil de documents publiés postérieurement à Clitarque; ou encore, Quinte Curce n'a pas eu une connaissance directe de la

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