‹ Étude sur Quince CurceChapitre 151 sur 398 · Strabo.n, II, page · texte numérisé non relu

Strabo.n, II, page

2. Cf. J. Kaerst, Op. L, page 29, sqq. — A. Fr.€:>kel [Op. L, page 438, sqq.) combat l'opinion de Kaerst.

5. QuLVTE Curce, VIII, ix, 26. Sur les divergences que présentent l'ouvrage de Quinte Curce et celui de Strabon, cf. Fr.enkel, L. l.

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divergences qui existent entre Quinte Curce et les autres représentants de la tradition de Clitarque peuvent aussi bien s'expliquer par un emploi direct des sources; de plus, elle est inconciliable avec un fait matériel et positif, la popularité de Clitarque au i" siècle. Pourquoi en effet aurait-on remanié la biographie de Clitarque, alors que cette biographie elle-même était dans toutes les mains? pourquoi les anciens qui citent l'ouvrage de Clitarque ne font-ils pas même une allusion indirecte au remaniement de cet ouvrage? Pourquoi? c'est ce que l'on ne saurait dire. Il y a donc tout lieu de le croire, ce remaniement n'a jamais existé que dans certaines imaginations; en eût-il été autrement, que la question des sources serait déplacée, mais non pas résolue.

Rechercher les sources d'un ouvrage historique n'est pas, croyons-nous, un travail purement spéculatif, cette étude a un but immédiat, qui est de fournir les moyens d'apprécier avec plus d'exactitude l'historien, objet de notre examen. Il nous importe donc fort peu de savoir que Quinte Curce a fait usage d'un remaniement de Clitarque, si nous ne savons en même temps comment ce remaniement a été fait et à l'aide de quels documents, Clitarque a été rectifié, corrigé, complété. Mais, comme nous ne pouvons savoir tout cela, ce remaniement n'étant pas connu, et ne pouvant l'être en aucune façon, il n'y a qu'à rejeter celte hypothèse, qui ne repose sur rien, qui n'explique rien. Avec elle disparaît le dernier des artifices qu'on a imaginés pour éviter d'admettre que Quinte Curce a connu directement des ouvrages différents, et nous nous retrouvons en face de la question que nous nous posions au début de ce chapitre : Quinte Curce a-t-il utilisé directement les divers travaux dont on a cru retrouver la trace dans son histoire?

Nous ne voyons pas pour quelle raison on n'y répondrait pas affirmativement. En admettant cette mise en œuvre directe de plusieurs ouvrages différents, on résout toutes les difficultés; on rend compte de ces ressemblances entre Quinte Curce et Arrien, de ces différences entre Quinte Curce et Diodore, dont les critiques ont été si fort embarrassés; de plus, on n'a pas à lever d'objections bien sérieuses. Ce n'est pas que l'on n'ait à répondre à quelques-unes. Deux tout au moins se présentent immédiatement à l'esprit. Ne se pourrait-il pas en effet

que Quinte Curée ait eonnu par un intermédiaire certains faits que, d'après nous, il tenait directement de Ptolémée par exemple? Émettre cette hypothèse, vraisemblable d'ailleurs, c'est retomber dans un des systèmes précédemment réfutés et entasser conjecture sur conjecture sans raison plausible. Il n'y a donc pas lieu de s'y arrêter.

Une autre objection plus grave est celle des critiques qui considèrent comme impossible la mise en œuvre par Quinte Curce de documents si variés et d'époques si différentes. L'objection est spécieuse, examinons-la de près. Les auteurs dont nous avons constaté l'influence dans l'histoire de Quinte Gurce sont au nombre d'une douzaine environ. Les uns, Glitarque, Callisthène, Aristobule, Ptolémée, Trogue Pompée l'auteur anonyme, ont eu une influence considérable; les autres, Néarque, Onésicrite, en ont eu une beaucoup moins grande; les derniers enfin, Timagène, Patrocle, Mégasthène, Ératosthène, Polyclite, et les autres géographes en ont eu peut-être une plus faible encore. Ces historiens, ces géographes étaient-ils si peu connus au ic^" siècle de l'ère chrétienne que Quinte Curce n'ait pu savoir qu'ils existaient et n'ait pu faire usage de leurs ouvrages? Poser la question, c'est la résoudre. Clitarque au i" et au ii^ siècle de l'ère chrétienne était très populaire à Rome, il était lu par tous, même par les simples curieux ; Timagène ne jouissait pas d'une moindre réputation; Onésicrite à la même époque était remis en honneur par l'œuvre de Juba ' ; les relations de Ptolémée, d'Aristobule, de Néarque, existaient encore au début du ii*^ siècle, puisqu'elles servaient de fondement à VA7iabase et aux Indiques d'Arrien. Les autres écrivains étaient aussi connus, et leurs ouvrages étaient facilement accessibles, aux lettrés tout au moins. Deux contemporains de Quinte Curce, Strabon et Pline l'Ancien, les citent, ils en font un usage continuel et ils les utilisent directement; la manière même dont ils font leurs citations le prouve. Un demi-siècle après Quinte Curce, deux historiens d'Alexandre, Plutarque et Arrien, connaissent encore et lisent dans l'original ces mêmes historiens et ces mêmes géographes ; il suffit pour s'en convaincre de feuilleter les ouvrages de ces deux historiens. Cela étant, et Strabon, Pline,

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