Quinte Curce, VIII, x, 2, sqq
gone contre les généraux perses en Lydie', le siège d'Artacoana par Cralère % et bien d'autres événements ' sont racontés avec la même concision.
Parfois Quinte Curce va plus loin et ne tient aucun compte des dates; il l'avoue du reste sans détour : « Si je voulais raconter, « à leur ordre chronologique, les faits qui eurent lieu en Grèce, en « lUyrie et enTlirace sous les auspices et d'après les instructions « d'Alexandre, je devrais interrompre ici le récit des affaires « d'Asie. Il me semble plus à propos de donner un exposé com- « plet des faits qui se passèrent jusqu'à la fuite et la mort de « Darius, afin que le lien qui unit ces événements apparaisse « aussi dans l'histoire *. »
Cette mise en relief d'un personnage au détriment des autres, ce développement marqué de certains épisodes, ce déplacement intentionnel de certains faits sont des procédés absolument oratoires. L'œuvre de Quinte Curce a moins gagné que perdu à leur emploi.
Une autre habitude qu'a l'orateur, c'est de rechercher le terme le plus intelligible, l'expression que tout le monde comprend sans effort. Et cela est naturel; l'orateur s'adresse, non pas à une élite de gens cultivés, il parle à une foule dans laquelle l'ignorant coudoie le lettré ; il veut se mettre à la portée de son auditoire tout entier; le terme précis n'a d'ailleurs pour lui aucune importance; l'orateur ne veut pas, comme le savant, donner une idée minutieusement exacte d'un fait ou d'un objet parfaitement déterminé, il se contente de faire naître une impression.
Quinte Curce a, semble-t-il, obéi à cette préoccupation de l'orateur, et cette préoccupation se traduit par une horreur singulière du mot technique, par une prédilection fâcheuse pour le terme général ^. Il doit en outre à cette habitude oratoire d'avoir mérité un reproche dont on n'a pu le disculper. Leclerc *', Sainte-