Quinte Curce, VIII, ix, 20. Cf. IX, iv
bataille cVArbèles a aussi une allure oratoire : « Si l'on veut « porter sur les Macédoniens de cette époque un jugement équi- « table, il faudra reconnaître que le roi était digne de coni- « mander à de tels hommes, et ceux-ci d'obéir à un si grand « monarque *. » L'ouvrage lui-même s'arrête sur une période où est condensée l'impression déOnitive que doit laisser l'histoire d'Alexandre : « Le corps du roi fut transporté par ordre de « Ptolémée à Memphis, puis à Alexandrie, où l'on rend encore « toute espèce d'honneurs à la mémoire et à la gloire d'Alexan- <( dre -. n
Les discours — cela n'est pas fait pour surprendre — permettent mieux encore de déterminer ce qu'il y a d'oratoire dans le talent de Quinte Curce.
Les harangues sont un des éléments caractéristiques de l'histoire chez les anciens. Comment s'y sont-elles introduites? comment s'y sont-elles maintenues, malgré les critiques et les protestations des Timée, des Polybe, des Diodore et des Trogue Pompée? Ce sont là des questions qui ont été trop magistralement traitées pour qu'il soit besoin de les reprendre ici ^
Il ne sera guère plus nécessaire d'insister sur l'utilité que ces harangues pouvaient avoir dans l'histoire telle que la comprenaient les anciens ; de démontrer combien leur usage était conforme à l'esprit de cette histoire *.
Une seule chose est faite pour nous intéresser ici, c'est la manière dont Quinte Curce a traité cette partie si importante de son œuvre.
Les historiens anciens étaient avant tout des artistes, et avant tout ils se préoccupaient de l'unité de leurs œuvres. Ils n'en traitaient pas les diverses parties isolément ; ils entendaient au contraire que chacune d'elles concourût à l'impression géné-