‹ Étude sur Quince CurceChapitre 220 sur 398 · Cf. page · texte numérisé non relu

Cf. page

Les discours dans lesquels Quinte Curce a cherché à faire de la couleur locale — ce dont il nous avertit soigneusement * — ne sont pas de tous points parfaits. Cobarès, ce mage égaré à la table de Bessus, n'est guère autre chose qu'un Sancho Pansa oriental enfilant des proverbes ^ , sachant d'ailleurs ne pas attendre les conséquences fâcheuses de son trop franc parlera Mais c'est un Sancho Pansa instruit à bonne école, qui manie agréablement l'antithèse * et sait, comme il convient, terminer sa petite allocution par un trait fort piquant ^.

La harangue des Scythes si fort attaquée par les détracteurs attitrés de Quinte Curce ^ si vaillamment défendue par Sainte- Croix ' et si vivement admirée malgré tout *, ne laisse pas d'avoir, elle aussi, ce caractère d'impersonnalité que nous avons dû constater à plusieurs reprises. Sans doute elle ne manque ni de métaphores, ni d'images pittoresques, ni de figures outrées, mais elle n'a rien qui permette de la mettre plutôt dans la bouche d'un Scythe que dans celle d'un Breton. Cela est si vrai qu'on peut très facilement rapprocher d'un des plus beaux mouvements de cette harangue un passage éloquent du discours de Galgacus ^. En réalité, les Scythes ne font qu'opposer à une civilisation corrompue la vie d'un peuple simple et libre. Gomme Cobarès, d'ailleurs, les Scythes ont fréquenté avec les rhéteurs. Ils ont des réminiscences de Cicéron *"; ils connaissent les proverbes qui courent en Grèce sur leur compte **; ils savent le

i. QuixTE Curce, VII, iv, 13.

Page 1