‹ Étude sur Quince CurceChapitre 223 sur 398 · QcuiTE Curce, VII, vui · texte numérisé non relu

QcuiTE Curce, VII, vui

prix d'une ingénieuse allitération ', d"une antithèse savante ^; ils ont sondé les profondeurs les plus intimes du cœur humain ^, ils se plaisent à exprimer des sentiments subtils en un langage qui ne l'est pas moins •*. Leur style, quoi qu'en dise Quinte Curce^, n'est pas si indigne d'une époque et d'esprits cultivés. Sénèque les eût à coup sur applaudis; Quintilien les aurait critiqués d'un air indulgent.

Ailleurs, les personnages ne sont plus que les porte-parole de l'auteur. Philotas et Amyntas, dans la plaidoirie qu'ils prononcent devant Alexandre, ne sont pas deux accusés luttant de toutes leurs forces contre les inculpations dont on les poursuit, incertains, anxieux du sort qui les attend. Ce sont des avocats tout à fait indifïérents à l'issue du procès dont ils sont cependant les parties les plus intéressées; pour mieux dire, ils sont fixés d'avance sur ce qui va arriver, l'auteur les a prévenus; Philotas sait bien qu'il sera condamné, son attitude le proclame, et les mots par lesquels il réplique à une interpellation d'un des assistants le démontrent mieux encore. « Je m'arrête, dit-il, « puisque mes paroles vous offensent, « et il se tait ''. Amyntas y met moins de façons; il arrive dun air délibéré et demande d'abord avec assurance d'être débarrassé de ses chaînes ^, puis il plaide sa cause, il réfute chaque article de l'accusation portée contre lui, mais il ne prend pas la peine de conclure. A quoi bon? ne se sait-il pas absous d'avance et n'est-il pas là simplement pour contraster, par son attitude et son langage, avec l'attitude et le langage de son prétendu complice?

Tous les personnages de l'histoire d'Alexandre ou presque tous ont passé à l'école des rhéteurs. Ils ont subi plus ou moins l'influence de leur enseignement, et plus ou moins ils se plaisent à ces défauts charmants que Quintilien blâme dans Sénèque ^ Ils ne sont presque jamais entièrement eux-mêmes, et trop souvent un mot, une réflexion trahit la présence dans la coulisse

i. Quinte Cdrce, VII, vm, 12.

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