Cf. Tacite, Annales, I, 42. — Tite-Live, XXVIII
6. Les rhéteurs empnmtaienl assez souvent à l'histoire les sujets de leurs déclamations. Cf. Plutahque, PéricUs. 3o; Cleomène, 30; Philopémen, 2. — Sainte-Croix [Op. l., page 51, note 2, cf. Egger, Mémoires de litt. anc, page 392) donne la liste des rhéteurs grecs qui ont pris dans la biographie d'Alexandre des thèmes de déclamation; et voici la liste à peu près complète des sujets tirés de la vie d'Alexandre et traités par les rhéteurs latins :
QuiNTiLiEN, de Institutione Oratoria, III, vni, 16 : De hoc quœritur... an Alexander terras ultra Oceanum sit inventurus. — V, x, 111 : Sit exempli gratia proposita controversiu, quae communes minime cum aliis qusestiones habet : « cum Thebas evertisset Alexander, invenit tabulas, quibus centum talenta mutua Thessalis dédisse Thebanos continebatur. Has, quia erat usus commilitio Thessalorum, donavit his ultro : postea reslituli a Gassandro Thcbaui reposcunt Thessalos. » — VIII, v, 24 : Alia vana ut suadentis purpuratis ut Alexandrum Babylonis incendio sepeliant.
AuLU Celle, Nuits attiques, VI (= VII), 8 : Apion, grœcus homo...., cum de Alexandri laudibus scriberet : « Victi, inquit, hostis uxorem inclitam mulierem, veluit in conspectum suum deduci : ut eam ne oculis suis quideœ
Les liésilalions d'Alexandre, les craintes de ses soldats en face de TOcéan étaient, à ce qu'il semble, un des sujets favoris des rhéteurs romains; la première déclamation du recueil de Sénèque, déclamation malheureusement incomplète, traite ce sujet, et c'est le même sans doute que Quintilien signale plus tard K Quinte Curce a repris ce thème à son tour, sous trois formes différentes, dans un monologue d'Alexandre S dans un discours de Cœnus', dans l'analyse des sentiments de l'armée macédonienne *. A-t-il voulu faire oublier la déclamation, célèbre encore * au moment où il écrivait? on serait tenté de le croire; en tout cas, il a certainement connu cette déclamation, et il en a gardé un souvenir persistant; il sufflt, pour s'en convaincre, de rapprocher de la déclamation de Sénèque les passages de Quinte Curce que nous venons de signaler '^; les arguments sont identiques, ils sont parfois présentés presque sous la même forme \
L'épisode * des Grecs mutilés montre aussi jusqu'à quel point Quinte Curce a subi l'influence de l'école. C'était un sujet bizarre qui devait plaire aux nombreux amateurs des exercices de rhétorique; il s'agissait de savoir si les Grecs mutilés par les Perses
conlingeret. » Lepida igitur quaestio agi tari potest, utrum vidori coiUi-
nenliorem par sit, Piibliiimne Africanum superiorem , an Alexandriim...
A ces déclamations dont nous ne connaissons que le sujet, il faut ajouter : 1" celle qui nous a été conservée dans le recueil qui porte le nom de Quintilien Cf. Quimilif.n, Déclamation 323, t. VI, page 307, sqq., de l'édition Lemaire) et dont le sujet est La dédicace d'un temple par Alerandre : 2» la i'« déclamation et la 4« du recueil de Sénèque (Sé.nèque, Oratorum et rhelorum senlenlix..., éd. A. Kiessling, Leipzig, Tenbner, 1872; Suasoria 1, page 1, sqq.: Suasoria IV, page 28, sqq.) : la première de ces déclamations, à laquelle Quintilien (III, vin, 16) fait peut-être allusion, a pour sujet l'hésitation d'Ale.xandre devant TOcéan ; dans la seconde, Alexandre se demande si, malgré la réponse de l'augure, il entrera ou non à Babylone 'Cf. Séxèqce, Op. L, Controcersia, Vil, vn, 10, page 360).