Qlinte Clrce, VI, ix, 10, sqq
« complices ont de lui une telle terreur que, même en se dé- « nonçant, ils n'osent le trahir'. » Il reprend en entier la vie de Philotas; il rappelle la franchise avec laquelle il lui a répondu autrefois et y trouve des circonstances aggravantes, des indices de son crime futur'. Ce n'est pas Alexandre qui parle, c'est un délateur qui ne saurait laisser échapper une victime. La péroraison dans laquelle Alexandre s'en remet de son salut aux soins de son armée est plus digne; elle a le défaut de n'être pas en situation ^. Germanicus et Scipion parlaient ainsi à leurs soldats révoltés *, Alexandre s'adresse aux Macédoniens érigés en juges. Le mot par lequel le roi relève la demande que fait Phi- , lotas de ne pas se servir du dialecte macédonien ^ achève de caractériser ce discours. Ce n'est pas Alexandre qui l'a prononce, c'est un tyran anonyme.
Quinte Curce a emprunté ces personnages de convention aux fournisseurs habituels des salles de déclamation ; l'a-t-il fait inconsciemment, entraîné par le courant de la mode et de l'éducation? c'est probable.
Il semble parfois au contraire être volontairement entré en lutte avec les célébrités contemporaines et avoir repris quelques-uns des thèmes préférés des rhéteurs latins. Les occasions de se mesurer avec eux ne lui manquaient pas *',