Cf. Quinte Curce, VI, u, 1; vi, 1, etc
6. Après la longue bibliographie que nous avons donnée précédemment (page 18, sqq.), il nous semble inutile d'énumérer les noms de tous les
elle a repris faveur en ces derniers temps, et, en France, elle est presque considérée comme indiscutable. Elle n'est cependant pas justifiée.
Deux savants allemands fort distingués, MM. Vogel ' et Eussner^, ont, il y a une quinzaine d'années, protesté avec énergie contre cette qualification de romancier infligée à Quinte Gurce. On ne saurait, disent-ils, compter parmi les romanciers un écrivain qui consulte des documents nombreux et sérieux, donne des chiffres abondants et exacts, trace des descriptions dont la vérité est confirmée par les récits des voyageurs modernes.
Us ont raison; on voudrait qu'ils eussent réfuté chacun des arguments du critique qui a le plus contribué à populariser cette opinion erronée, et qu'ils eussent un peu plus insisté sur l'inexactitude du mot roman appliqué à VHistoire cV Alexandre. Ce n'était pas là une entreprise qui dût les efl'rayer; en effet,
critiques qui ont résolu celte question afQrmativement ou négativement; nous citons seulement les opinions peu connues ou particulièrement intéressantes :
Sévigné, Op. L, t. XI, page 103 : « Je n'ai jamais aimé riiisloire toute « sèche; mais quand elle est ornée de jolis traits, de faits un peu fa/jiileux, « dans le goût, par exemple, de Quinte Curce, oh! alors, je la lis avec « grand plaisir. »
L'opinion de Mme de Sévigné était encore généralement admise au xvm« siècle ; on trouve une preuve de ce fait dans l'anecdote rapportée par l'auteur anonyme d'un voyage en Grèce : cf. G. D. S. M., Nouveau Voyage de Grèce, d'Ér/ypte, de Palestine...., La Haye, 1724, page 89.
De nos jours, elle a été reprise par Sainte-Croix [Op. L), par Raun {Op. L, page 46), par Bernhardy {Op. L, pages 730,133, avec quelques réserves), surtout par M Chassang (Jp. L, page 313, sqq.), et enfin par M. Egger [Mémoii-es de littérature ancienne, Paris, Durand, 1862, page 470- 471), qui s'exprime ainsi : « Un auteur qui parait avoir écrit sous Tibère, « et qui nous a bercés, dans les écoles, de son éloquence un peu empha- « tique. Quinte Curce, est le plus ancien aujourd'hui de ces écrivains, par « qui le roman se substitue peu à peu à l'histoire. » Et il ajoute : « Il « nous fournira l'occasion naturelle d'observer, dès ses commencements, « ce travail qui s'accomplit déjà dans l'imagination paienne, et qui pré- « pare aux chanteurs de l'Occident chrétien les éléments poétiques d'in- « nombrables légendes. » Il est fort regrettable que M. Egger n'ait pas tenu sa promesse, ou du moins n'ait pas publié le résultat de ses travaux sur ce point.