‹ Étude sur Quince CurceChapitre 299 sur 398 · Cf. Dhoysen, Op. L, page · texte numérisé non relu

Cf. Dhoysen, Op. L, page

D. Cf. supra, page 116, etc.

6. Quinte Curce est relativement aux prodiges plus sévère qu'Arrien, cf. page 181.

7. M. Chassang ajoute en outre que Quinte Curce est hyperbolique; soit, mais hyperbolique n'est pas synonyme de romanesque. Il signale en outre comme romanesques l'anecdote de Spitamène, celle des barbares et de Bucéphale; mais la présence de ces deux anecdotes, insignifiantes d'ailleurs, peut être expliquée tout autrement qu'elle ne l'a été par M. Chassang.

pas trace de ce que l'on pourrait appeler une intrigue inventée; le fond, les détails sont vrais; si parfois cependant ils ne le sont pas, Quinte Curce ne peut en être rendu responsable, ayant lui-même mis ses lecteurs en garde, ou ayant cru, avec beaucoup d'autres historiens, à l'exactitude des documents dont il se servait.

Si l'œuvre de Quinte Curce n'est pas un roman, est-ce une histoire au sens strict du mot? Les jugements si divers que l'on en a portés viennent peut-être de ce que l'on n'a voulu choisir qu'entre ces deux alternatives, sans consentir à examiner s'il n'y avait pas place pour une troisième.

Une lecture ininterrompue de l'ouvrage de Quinte Curce produit un effet singulier, on éprouve un sentiment inexpliqué et désagréable; on est choqué de la disproportion qu'il y a entre les diverses parties. Nous avons plus haut signalé ce fait et nous avons essayé de l'expliquer; notre explication n'est peutêtre pas suffisante, et nous serions tenté de croire que cette disproportion est voulue ou même inévitable. Quinte Curce a cherché à faire de l'histoire une école de morale pratique *; il s'est fait de l'histoire une opinion particulière qu'il partage avec Xénophon -, Cicéron ^, Sénèque ^, Tacite ^; il aurait pu, avec Plutarque, dire dans sa préface : « C'est en vue d'autrui que «j'ai entrepris d'écrire la biographie des hommes illustres, et « j'y ai pris goût pour moi-même. Leur histoire est comme un « miroir où je m'efforce de régler ma conduite tant mal que « bien sur l'image de leurs vertus. Il me semble que j'entre en « communion de vie avec chacun d'eux quand, leur donnant « tour à tour l'hospitalité de mon foyer, je contemple la gran- « deur et la beauté de leur âme à travers leurs actions ®. »

1. Ce n'était pas une entreprise qui dût paraître bien étrange aux contemporains de Quinte Curce, on a pu s'eu convaincre (cf. page 247, sqq.), et c'est une entreprise qui avait été tentée par d'autres que par le biographe d'Alexandre; la morale s'était déjà introduite dans l'histoire avec Valëre Maxime, peut-être même avec Tite-Live, s'il en faut croire Sénèque. Cf. Sénèql'e, Lettres, 100 : \omina adhuc Livium, scripsit enim et dialogos quos non magis philosophiae annumerare possis quam historiae.

2. Xénophon, Éloge d'Agésilas, 6. — Cf. Isocrate, Discours à Nicoclès.

3. CicÉHOX, Pro Archia, VI, 11. — Cf. de Oratore, II, ix, 33, sqq.

4. Sénkque, Lettres, 64. — Cf. 25, 20, 102; des Loisirs du sage, 28.

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