OlI.NTE ClKCE, X, IX
o. Qli.nte Ccuce, X, IX, 3.
7. El cependant Racine a bien dit Discours prononcé à l'Acadentie française : • Tous les mots de la langue, toutes les syllabes nous parais- « sent précieuses, parce que nous les regardons comme autant d'inslru- « uients qui doivent servir à la gloire de notre auguste protecteur. »
PROBLÈMES BIOGRAPniQUES 43
plus qu'une métaphore banale; ils la prodiguaient à tort et à travers, nous l'avons montré '. Ils ne s'indignaient assurément pas de la voir accolée au nom de Claude. Ils ne s'étonnaient pas non plus des éloges outrés qu'on pouvait décerner à ce prince: déjà le régime impérial les avait accoutumés à bien d'autres exagérations. Il n'y a d'ailleurs dans le passage de Quinte Curce rien qui dépasse la mesure des flatteries obligatoires que Velleius Paterculus ^ et Valère Maxime ^ ont si libéralement accordées à Tibère, que Sénèque n'épargna ni à Claude •* ni à Néron ^, que Stace '', Martial ", Frontin ^ le vertueux Quintilien " lui-même ne purent refuser à Domitien,
Nous dirons plus : les expressions de Quinte Curce devaient, aux yeux des Romains, caractériser fort exactement le règne de Claude, tout au moins pendant les premières années. Ce prince, en effet, en montant sur le trône, apparut réellement comme un sauveur. Il faisait naître toutes les espérances et il les réalisait €n partie. Frère de Gerraanicus, il réveillait dans la mémoire de ses concitoyens le souvenir de cette famille des Drusus en qui Rome mettait depuis si longtemps son espoir. Ses premiers actes ne démentaient pas les bonnes intentions qu'on lui supposait; à peine empereur, il proclamait une amnistie générale '", il pardonnait à Galba *', il oubliait toutes les offenses dont on l'avait accablé '% il aurait pu dire : « L'empereur ne venge pas les injures de Claude, » il abolissait les impôts créés par Caligula ''', il rapportait les mesures malheureuses prises par son prédécesseur ^*, en un mot, et, pour employer les termes de Dion Cassius, « il faisait beaucoup de bonnes choses '^ ».