Lucain, III
sode du siège de Tyr ' ; les plaintes dont les soldats poursuivent César - font songer au discours que Cratère tient à Alexandre ^, et les paroles que Caton adresse à un soldat ^ ressemblent singulièrement au langage qu'Alexandre tient dans une circonstance analogue •'.
Quintilien a peut-être aussi pris à Quinte Curée une observation morale; rbvpolbèse de cet emprunt repose uniquement sur la presque similitude d'expression; Quintilien dit en effet ^ : « nec sine causa, clictum est, nihil faciliiis^ quam lacrimas inarescere, » et Quinte Curce '' : ignorant quam celeriter lacrimœ inarescant. Cicéron, il est vrai, avait, lui aussi, cité cette observation, devenue proverbiale, mais il l'avait formulée un peu autrement que Quinte Curce et Quintilien ^.
L'ouvrage de Quinte Curce semble être rapidement tombé dans l'oubli ^. Sénèque, Lucain l'avaient lu, parce que c'était une nouveauté; ceux qui vinrent après eux préférèrent à l'histoire écrite par Quinte Curce les récits de Plutarque , d'Arrien ou des autres historiens d'Alexandre. Toutefois, suivant un savant allemand, M. Bernays ^"j notre historien aurait été en faveur à la fin du iv^ siècle. Sulpice Sévère l'aurait lu avec soin et son style s'en serait ressenti. Le fait, s'il était prouvé, serait curieux; malheureusement M. Bernays n'apporte à l'appui de son affirmation, si l'on peut appeler cela une affirmation, qu'une seule citation ",61 cette citation ne prouve rien. La locution dont se sont servis Quinte Curce et Sulpice Sévère n'est pas tellement particulière qu'elle ne se retrouve chez aucun autre écrivain et qu'elle soit à elle seule un argument irréfutable. Aussi un autre savant allemand, M. Fûrtner *-, a-t-il facilement démontré que