Blàtler fur d. Bai. Gymn., t. XVII, p
ces formules : « ne simplici qiiidem morte, ne simpUci quidem morbo », avaient été employées avant Quinte Curce et Sulpice Sévère.
Ce n'est pas toutefois que ces deux écrivains n'emploient assez souvent des locutions, des mots identiques ou analogues, ne donnent à certains termes une acception particulière ^. Mais il est impossible de tirer de ces ressemblances une conclusion catégorique : les unes peuvent provenir de l'imitation commune d'ouvrages antérieurs; les autres peuvent être purement fortuites et seraient sans doute très aisément explicables si nous connaissions tous les ouvrages de l'antiquité romaine. D'ailleurs la langue en général et la couleur du style sont trop différentes chez ces deux historiens pour qu'il soit permis de tenir un grand compte de ces ressemblances trop rares et trop peu caractéristiques.
Il y a là néanmoins une présomption en faveur de Quinte Curce, Son ouvrage était, on a le droit de le conjecturer sans témérité, connu de quelques lettrés, de Sulpice Sévère, si l'on veut, et de cet anonyme du vi» siècle qui écrivait un opuscule sur les monstres ^ ; on le croirait du moins en lisant les deux passages suivants :
De belhds, VI, page 233 :
Pardus est fera qui ab Alexandre et Macedonibus cum eaeteris nocuerunt bestiis, paulo postquam Aornon (niss. ormen) petram expugnavit in India, a quo prius Hercules terrs motu fugatus recessit.
Quinte Curce, VIII, xi, 2 :
Multa ignobilia oppida, déserta a suis, venere in régis potestatem.
Quorum incola; armati petram Aornon Domine occupaverunt ; hanc ab Hercule frustra obsessam esse terraeque molu coactum absistere fama vulgaverat.
La parenté n'est pas évidente, elle est cependant vraisemblable, car, seul de tous les écrivains latins, Quinte Curce donne à la fois le nom du rocher, l'expression caractéristique petra et le renseignement plus ou moins historique sur l'échec d'Hercule, renseignement tout à fait inutile dans un ouvrage tel que le de Belluis.
Un dernier fait paraîtra peut-être plus convaincant. Les Conciones