Suétone, Auguste
10. Ce tombeau fut encore visité par César (Lucain, X, 19), par Caracalla (Hérodien, IV, S,; Septime Sévère (Dion Cassius, LXXV, 13) le fit fermer pour qu'il ne fût plus possible de le visiter. Les mahomctans, au moyen
morts. » On ne cherche guère à imiter les gens que l'on traite avec autant d'impertinence ; en établissant ou du moins en régularisant le corps ôes amie i, Auguste avait donc en vue Alexandre et non ses successeurs. A part cette institution des amici, commencée déjà par Auguste, Tibère ne fît rien, autant qu'on puisse le savoir, qui indiquât une intention quelconque d'imiter Alexandre. L'explication de cette conduite est facile à donner; son ennemi personnel, Germanicus, avait dû prendre pour modèle le héros macédonien, tout au moins c'est à Alexandre que la foule le comparait ^; c'était là, on le comprend, une raison suffisante pour empêcher Tibère de manifester les mêmes sentiments qu'Auguste à l'égard d'Alexandre. Cependant, quand il dut prononcer l'éloge de son prédécesseur, il le compara à Romulus et à Alexandre, le mettant d'ailleurs bien au-dessus de ce dernier -. Avec Galigula et Néron les preuves de cette imitation du héros grec redeviennent plus visibles; l'un cherche à lui ressembler extérieurement, il se pare de sa cuirasse enlevée au tombeau d'Alexandrie ^; il songe, comme César ^, à se retirer en Egypte ^; l'autre crée un corps d'armée sur le modèle de la phalange macédonienne et médite du côté des portes caspiennes ^ une expédition qui resta toujours à l'état de projet. De Néron jusqu'à Trajan l'histoire ne dit rien qui puisse venir à l'appui de notre thèse ; à peine pourrait-on rappeler que Vespasien fit rapporter d'Egypte le tableau d'Héléna représentant la bataille d'Issus '^. Ce manque de renseignements n'est probablement que le résultat d'un fâcheux hasard ; l'empereur Julien nous apprend, en effet, par la bouche de Quirinus que « les empereurs eurent toujours pour Alexandre beaucoup d'admiration * »,
âge, révéraient un prétendu tombeau d'Alexandre (Léon l'Africain, Description de V Afrique, page vui dans Ramlsio, Délia navigazionie e viaggi, Venise, 1363, page 82).
1. Tacite. Annales, II, 73. Il ne faut pas davantage s'attendre à trouver le nom de Tibère à propos des monuments figurés d'Alexandre; on sait que cet empereur avait assez peu de goût pour les beaux-arts (Suétonb, Tibère, 47).