‹ Étude sur Quince CurceChapitre 67 sur 398 · Julien, les Césars · texte numérisé non relu

Julien, les Césars

et nous retrouvons à partir de Trajan une série ininterrompue de documents qui constatent le maintien ou plutôt le progrès de la popularité d'Alexandre auprès des empereurs romains. Il n'entre pas dans notre plan de recueillir tous ces documents, ni de raconter par le menu tous les faits qui valurent à Caracalla le nom de 'j'AaAe^avopÔTaTOç * et qui l'auraient valu à plusieurs de ses successeurs; il nous suffira de constater que cette popularité alla toujours croissant -.

Comment les empereurs romains furent-ils amenés à prendre comme modèle un héros étranger? Fut-ce par des raisons politiques? Voyaient-ils dans Alexandre le type du maître du monde et cherchaient-ils à autoriser de son exemple le pouvoir monarchique qu'ils avaient établi? ou bien, comme le dit un auteur byzantin , Codinus Curopalata ^ , s'efforçaient-ils de faire plus facilement accepter leur domination par les peuples orientaux, en se posant comme les successeurs de leur ancien maître*? étaient-ils tout simplement entraînés par un sentiment involontaire d'admiration et d'émulation? Ce sont autant de questions auxquelles il nous semble inutile de répondre; il nous suffit d'avoir constaté que depuis Auguste, même avant lui, les hommes qui furent à la tête de l'empire romain eurent, à quelques exceptions près , constamment en vue l'image d'Alexandre; et que, par une conséquence toute naturelle, leurs courtisans et leurs sujets s'intéressèrent à la personnalité de cet homme, préoccupation habituelle de leurs maîtres. Il faut ajouter que les relations, relativement fréquentes, que les Romains eurent alors avec l'Inde, purent attirer l'attention sur ce pays et par conséquent engager les écrivains à s'en occuper

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